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R

RÉALISATEUR,TRICE

Techno. éduc. Celui qui assure la réalisation d’une émission, à la fois sur le plan technique et sur le plan artistique __ CORMIER, F.-P., OLF (1983). TA producteur.


RÉALISATION

1. Adm./Doc./Gest. Ensemble des activités visant à associer et à utiliser avec économie les ressources dans les opérations et à produire conformément aux exigences législatives et réglementaires et aux stratégies arrêtées __ BIBEAU, J.-R. (06.87). VA projet scolaire, A. EA cycle de gestion.

2. Techno. éduc. Direction technique et artistique d’une émission de radio et de télévision __ CORMIER, F.-P., OLF (1983).

A. Résultats généraux attendus : une coordination des ressources; des services à la clientèle __ BIBEAU, J.-R. (06.87).

B. CN : modèle de *.

C. CN __ réalisé,e : curriculum *; niche pédagogique *; niche *.


RÉALISATION DE SOI

Éduc. VA taxonomie des besoins fondamentaux, F.


RÉALISME

1. Gén. Caractère de celui qui, dans la pensée comme dans l’action, prétend prendre en compte toutes les données objectives d’une situation et les apprécier avec justesse. Ant. idéalisme; irréalisme; utopisme. TA empirisme; pragmatisme.

2.Épist. Doctrine selon laquelle la connaissance scientifique porte sur une réalité objective qu’elle dévoile peu à peu et dont l’existence est indépendante de l’observateur. Syn. naturalisme. VA connaissance, Q; constructivisme, G et I; éducation nouvelle, B; idéalisme, D; pensée scientifique, D; philosophie, I; réalisme critique, D; théorie de la connaissance, D et F. TA constructivisme; naturalisme; objectivisme; positivisme; relativisme.

3.Épist. Doctrine selon laquelle 1) il existe une réalité externe au sujet connaissant; 2) cette réalité est en partie indépendante du sujet connaissant, en ce sens qu’elle a une structure qui lui est propre, que ses attributs sont indépendants de tout sujet connaissant; 3) que cette réalité peut être connue, c’est-à-dire qu’il est possible d’identifier certaines des catégories d’objets et les propriétés de cette réalité, bref de décrire, du moins en partie, le réel tel qu’il est en soi __ GUAY, M.-H. (2004). Ant. antiréalisme; idéalisme. VAéducation nouvelle, B; idéalisme, D.

4. Esth. Doctrine selon laquelle l’art a pour fonction de refléter ou de reproduire le plus exactement et le plus objectivement possible le réel sans l’idéaliser, l’interpréter ou le présenter subjectivement. Ex. : en littérature, le réalisme de FLAUBERT; en peinture, le réalisme de COURBET.Ant. abstractionnisme; surréalisme. TA classicisme; naturalisme (ZOLA).

5. Log. Théorie de la signification qui soutient qu’une proposition est vraie ou fausse indépendamment des moyens disponibles pour la vérifier.

6. Phi. (médiévale). Doctrine selon laquelle les Universaux (idées, concepts, catégories générales, objets mathématiques) ont une existence réelle et objective, c’est-à-dire qu’ils existent indépendamment de l’esprit. Le réalisme platonicien. Ant.idéalisme; idées; nominalisme. VA constructivisme, E.

A. Historique. Au Moyen Âge, le terme « réalisme » a été utilisé en opposition à celui de nominalisme, une doctrine niant que les Universaux ont une existence vraie et objective. Dans la philosophie moderne, il est utilisé pour exprimer l’idée que les objets matériels existent en dehors du sujet et indépendamment de l’expérience sensible. (...) Au début du XXe s., le réalisme a remplacé l’idéalisme comme philosophie dominante en Amérique du Nord et en Angleterre grâce, notamment, à l’influence de G. E. MOORE, B. RUSSELL, S. ALEXANDER et W. JAMES __ EDWARDS, P. (1967) : trad.

B. Réalisme naïf. L’attitude du sens commun qui identifie, avec plus ou moins de raffinement, la « réalité » à ce qui est perçu est souvent qualifiée de réalisme naïf. La très grande majorité des positions philosophiques, de même que la connaissance scientifique, se démarquent de cette croyance en la réfutant. Par exemple, Mario BUNGE (1983) critique le réalisme naïf parce qu’il est trop optimiste, qu’il ne fait aucune place aux concepts empiriques et aux théories mathématiques et qu’il est incapable d’expliquer la créativité aussi bien que l’erreur, et il ne suggère aucun mécanisme cognitif.

C. Éduc. Dans le contexte de l’épistémologie génétique de PIAGET, le réalisme est la première étape (suivie par l’animisme et l’artificialisme) dans la constitution de l’intelligence : tout objet perçu ou pensé est alors tenu pour réel.

D. Réalité. Le réalisme soutient qu’il existe une réalité ou un monde externe au sujet connaissant sans toutefois préciser la nature de cette réalité ou de ce monde externe. Une théorie de la connaissance comporte donc également, en général, une prise de position sur l’ontologie, c’est-à-dire sur ce qui est ou sur les différents types d’existence. Selon les cas, le monde extérieur est un monde matériel, de concepts, d’idées, de Dieu, etc. __ GUAY, M.-H. (2004).

E. Conception de la vérité. Les penseurs qui adoptent le réalisme soutiennent, en général, une théorie correspondantiste de la vérité. Pour eux, une proposition est vraie si ce qu’elle décrit correspond aux faits sur le monde. Une proposition ou une connaissance est dite vraie si elle concorde avec la réalité externe au sujet connaissant __ id.

F. Critique. L’argument positif le plus fort contre le réalisme est celui que l’on a coutume d’appeler, depuis QUINE (1960), l’argument de la « sous-détermination des théories par les données empiriques » : étant donné une théorie quelconque au sujet d’entités inobservables, qui rend compte des données empiriques, il y aura toujours d’autres théories incompatibles rendant compte des mêmes données. « ... » Un autre argument influent contre le réalisme (...) est que la plupart des théories scientifiques se sont révélées fausses au cours de l’histoire, en sorte que nos théories présentes pourraient subir le même sort __ LECOURT, D. (1999).

G. CN __ réaliste : pédagogie *.


RÉALISME CRITIQUE

Épist. Issue des travaux de Mario BUNGE, épistémologie selon laquelle la réalité peut être représentée et comprise sans nécessairement prétendre que l’on réussisse à l’appréhender exactement telle qu’elle est vraiment. V pensée critique; réalisme scientifique. VA constructivisme, G; relativisme cognitif, G. EA scepticisme méthodique.

A. Réalisme critique/empirisme; rationalisme. Le réalisme critique emprunte certains éléments à l’empirisme et d’autres au rationalisme, mais les dépasse tous les deux. L’empirisme a toujours louangé les vertus de la perception et rejeté tout concept qui n’en découlait pas. D’autre part, le rationalisme a toujours fait l’éloge de la conceptualisation au point de proclamer l’autosuffisance de la raison. Le réalisme critique est une sorte de synthèse de l’empirisme et du rationalisme, mais il n’est pas la seule synthèse possible. Nous nous rappelons que KANT a réussi à réunir les aspects négatifs de l’empirisme et du rationalisme, en soutenant qu’aucune expérience n’est possible sans quelques intuitions a priori, que les choses se conforment à la pensée humaine plutôt que l’inverse, et cependant nous ne pouvons connaître que les phénomènes, non les choses elles-mêmes — tout ceci n’est pas au diapason de l’épistémologie réaliste inhérente à la science et technologie modernes __ BUNGE, M. (1983) : trad.

B. Réalisme critique/scientifique. Il existe plusieurs « théories » (en réalité des perceptions ou des doctrines) de la connaissance, et presque chacune d’elles recèlent une part de vérité. Notamment, le rationalisme convient aux premières phases de la réflexion rationnelle aussi bien que pour la science formelle, alors que l’empirisme s’applique aux premières phases de la recherche factuelle. Il devrait par conséquent être nettoyé et rapproché aussi bien qu’être enrichi de principes suggérés par la pratique réelle de la recherche dans les champs épistémiques les plus avancés. Deux de ces principes sont ceux du réalisme critique (ou constructif) et le scientisme. La synthèse qui en résulte peut être désignée le réalisme scientifique. (...) Nous prétendons que le réalisme scientifique n’est pas un isme spéculatif ou dogmatique de plus; c’est plutôt l’épistémologie effectivement préconisée par tous les chercheurs scientifiques dans les sciences fondamentales et appliquées, peu importe la philosophie de la connaissance qu’ils peuvent professer. (...) Nous avons appuyé nos principes sur les façons de faire et les découvertes de la science; nous avons critiqué les points de vue philosophiques adverses à l’aune des mêmes critères. En d’autres mots, nous prétendons que notre épistémologie profite d’un fort appui inductif d’un genre très spécial : celui de la recherche scientifique contemporaine. Elle peut donc ne pas convenir à ce que la science fut dans les années 1600 ou ce qu’elle sera en 2200 __ id.


RÉALISME NAÏF

Épist. VA connaissance, P; réalisme, B.


RÉALISME SCIENTIFIQUE

Épist./Phi. Thèse selon laquelle le système nerveux central est l’organe du savoir, système matériel situé juste au centre du monde naturel et social __ BUNGE, M. (1983) : trad. VA constructivisme, G.

A. Cerveau :système matériel. Faisant partie de l’univers, le système nerveux central peut obtenir certaines connaissances qui proviennent de l’intérieur même de ce monde. Le cerveau peut représenter d’autres composantes concrètes en accueillant les effets que ces dernières exercent sur lui et en produisant des configurations neuronales, similaires sous certains aspects, aux choses représentées. En résumé, le cerveau peut connaître la matière parce qu’il est lui-même du domaine matériel. (L’esprit mythique immatériel, se tenant hors de l’univers matériel, ne peut interagir avec ce dernier, il faut alors présupposer qu’il crée l’univers entièrement par lui-même.) __ id.

B. Principes descriptifs __ BUNGE, M. (1983). L’essentiel de toute épistémologie est constitué d’un ensemble de principes descriptifs dont chacun doit résumer un aspect important de la recherche. En plus d’avoir une valeur (ou dévaleur) philosophique, de tels principes peuvent contribuer à orienter (ou désorienter) les chercheurs. (...)

E1 Le monde existe en lui-même, c’est-à-dire qu’il y ait ou non des investigateurs.

E2 Nous pouvons arriver à connaître le monde, bien que seulement en partie, imparfaitement et graduellement.

E3 Chaque sujet connaissant est un animal doté d’un système nerveux malléable. (Corollaire : les organismes qui ne sont pas ainsi dotés, les sociétés animales, les esprits désincarnés, les machines, etc., ne peuvent connaître.)

E4 Tout acte cognitif est un processus dans le système nerveux de quelque animal.

E5 Connaître, c’est apprendre, et la connaissance d’un individu est la totalité de ce qu’il a appris.

E6 L’apprentissage est la formation de nouvelles liaisons interneuronales (c’est-à-dire la constitution de nouveaux psychons).

E7 Toute habileté d’apprentissage se développe la vie durant et résulte d’un long processus d’évolution.

E8 Les humains peuvent connaître seulement deux sortes d’objets : les entités matérielles et les objets conceptuels (constructions mentales).

E9 Alors que certaines constructions mentales proviennent de perceptions, d’autres sont inventées.

E10 Un animal ne peut connaître quelque chose à propos d’une chose que si l’on peut lier les deux par des signaux que le premier peut détecter.

E11 Pour tout système rattachable à un investigateur par des signaux, celui-ci peut arriver à connaître quelques-unes des composantes, quelques éléments de l’environnement et quelques relations dans la structure du système.

E12 Pour tout fait accessible physiquement à un investigateur, il est possible de concevoir des moyens d’observer quelques-unes de ses caractéristiques, mais il n’y a aucun moyen qui permette d’en observer tous les aspects avec une parfaite justesse.

E13 Aucune recherche ne démarre à partir d’une ignorance complète : nous devons savoir quelque chose avant de pouvoir énoncer un problème et l’étudier.

E14 Toute opération cognitive est susceptible d’erreur, mais toute erreur peut être rectifiée. (Conséquence : toute rectification implique quelque erreur qui est rectifiable à son tour.)

E15 Il y a plusieurs manières de connaître : la perception, la conception et l’action; et ces différentes manières sont associées dans un bon nombre de recherches.

E16 Toute connaissance en matière de faits implique l’observation directe, du moins à un certain degré.

E17 L’observation indirecte produit une connaissance plus grande et plus profonde que l’observation directe.

E18 Une certaine connaissance factuelle se ramène à des généralisations inductives et une autre, à des hypothèses comportant des concepts non observables.

E19 Tous les humains partagent quelque connaissance, mais chaque humain connaît quelque chose que personne d’autre ne connaît. (Corollaire : personne ne connaît tout.)

E20 Tout animal capable d’apprendre est capable d’enseigner, ne serait-ce que par l’exemple.

E21 Toute investigation humaine est faite en société et par conséquent, en coopération et en compétition avec les autres.

E22 Toutes les sociétés établissent des limites — culturelles, politiques ou économiques — à la recherche.

E23 Toute investigation scientifique, technologique ou humaine est réalisée de nos jours dans une communauté de recherche ou une autre.

E24 Le principal lien qui unit les membres d’une communauté de recherche est l’échange d’information, par l’entremise de plusieurs langages, dans un but commun.

E25 La facilité de communication entre les chercheurs est proportionnelle à l’ampleur de la richesse en connaissance, en méthodes et en buts qu’ils partagent.

E26 En principe, tout fait et toute construction mentale peuvent être étudiés : il existe des problèmes, mais non des mystères.

E27 Toute construction mentale peut être clarifiée davantage. (Corollaire : tout ce qui ne peut être expliqué n’est pas une question conceptuelle, mais simplement un bruit.)

E28 Aucune limite ne restreint la mathématisation des constructions mentales.

E29 La connaissance concerne les détails ou les ensembles.

E30 La connaissance des modèles peut se ramener à des hypothèses et à des théories.

E31 Les hypothèses et les théories les plus profondes sont celles qui comportent des mécanismes de quelque nature (lesquels ne sont pas nécessairement mécaniques).

E32 Dans tous les champs d’investigation, nous sommes forcés de construire des hypothèses causales et probabilistes aussi bien qu’une combinaison des deux.

E33 L’axe de tout champ d’investigation factuelle avancé est un ensemble de lois (ou plutôt d’énoncés de lois représentant possiblement des modèles objectifs).

E34 Tout corps d’hypothèses peut être systématisé en une théorie et toute théorie peut être bien organisée (axiomatisée).

E35 Toute véritable théorie, enrichie d’hypothèses et de données secondaires, peut prédire; mais seules les théories mécanistes peuvent expliquer.

E36 Toute théorie factuelle est une représentation partielle (globale ou détaillée, vraie ou fausse jusqu’à un certain point) d’objets supposément réels.

E37 La validation d’une théorie factuelle implique l’existence d’hypothèses d’orientation qui relient les non observables aux observables.

E38 Les hypothèses d’orientation devraient être vérifiées empiriquement et justifiées théoriquement.

E39 Seules les théories qui permettent de faire des prédictions sont vérifiables empiriquement.

E40 Le degré de vérité d’une théorie et l’efficacité d’une conception peuvent être trouvés à l’aide d’observations, de mesures, d’expérimentations et de nouvelles théories.

E41 Tout fragment de connaissance et toute proposition ou conception peuvent être améliorés par la recherche, mais tous ne méritent pas pour autant de l’être.

E42 Les progrès en connaissance (ou en toute chose) sont parfois graduels; ils sont parfois rapides et impliquent de profonds changements.

E43 Aucun progrès scientifique, technologique ou humain ne tombe soudainement du ciel : il provient toujours de quelque connaissance antérieure.

E44 Toute nouveauté dans la connaissance peut se comparer à celle qui l’a précédée, s’il en existait une; seule une telle comparaison nous fournit les raisons objectives de choisir l’une plutôt que l’autre.

E45 Tout domaine de recherche présente un aspect général caractéristique, des fondements, une problématique, des buts et des moyens qui lui sont propres, de même qu’une communauté de recherche particulière.

E46 La recherche scientifique est le plus haut mode d’investigation.

E47 La connaissance ordinaire, la connaissance artisanale, l’art et quelques idéologies sociopolitiques comportent des parcelles de connaissance véritable, mais ils ne peuvent progresser sans l’aide de la recherche scientifique, technologique ou humaine.

E48 La totalité de la connaissance véritable constitue un système tandis que la connaissance illusoire est marginale.

E49 Le système de la connaissance humaine est intimement relié au système de production et à la circulation des biens et services.

E50 Il y a des limites naturelles et des limites sociales à la connaissance humaine, mais seules les limites sociales importent — et elles seules peuvent être surmontées.

C. Principes régulateurs __ id. Tout processus humain d’investigation comporte explicitement ou implicitement quelques principes épistémologiques. Certains sont régulateurs, c’est-à-dire qu’ils guident à bon (ou mauvais) escient la planification et l’exécution de recherches en inspirant problèmes, méthodes, hypothèses ou inférences — tout aussi bien qu’en suggérant le doute ou le rejet d’alternatives, et en cherchant de nouveaux principes. Voici un échantillon de tels principes régulateurs ou méthodologiques.

M1 Continuez d’étudier ce que les autres ont trouvé, mais rappelez-vous que le chemin de l’apprentissage qui comporte la plus grande rapidité et la plus grande récompense est celui de la recherche autonome.

M2 Commencez votre investigation en choisissant un problème qui est vraisemblablement ouvert, que vous vous sentez apte à pouvoir traiter et qui peut apporter quelque satisfaction.

M3 S’il vous faut de l’avancement, allez au plus sûr. Si vous pouvez vous permettre d’être curieux, amusez-vous à affronter des problèmes épineux.

M4 Ne méprisez pas les petites tâches : tout gros problème est entouré de petits problèmes et quelqu’un doit les résoudre.

M5 Énoncez clairement votre problème : découvrez (ou restreignez ou élargissez) son contexte, ses présuppositions et ses données.

M6 Ne prenez pas des problèmes d’existence pour des problèmes de connaissance — par exemple n’essayez pas de définir la causalité ou le libre arbitre en termes de prévisibilité.

M7 Ne prenez pas des problèmes de connaissance pour des problèmes d’existence — par exemple ne croyez pas que les faits changent selon le cadre conceptuel.

M8 Ne laissez pas les techniques disponibles commander tous vos problèmes : si nécessaire, essayez de nouvelles techniques ou même des approches complètement nouvelles.

M9 Planifiez l’étude de votre problème — mais soyez prêt à changer votre plan et même votre problème aussi souvent que nécessaire.

M10 Quand c’est possible, traitez votre problème scientifiquement, c’est-à-dire en utilisant la connaissance et les méthodes scientifiques et en visant un but scientifique ou technologique.

M11 Ne contournez pas les difficultés — mais si vous vous enlisez, passez quelque temps à d’autres problèmes.

M12 Ne tolérez ni l’obscurité ni la confusion sauf au début : essayez de préciser tout concept ou proposition clé.

M13 Ne réifiez pas les constructions mentales — ne les situez pas non plus dans un domaine platonicien.

M14 Quantifiez tout ce qui se présente en degrés — mais ne le faites que s’il y a possibilité d’une véritable mesure, même indirecte.

M15 Ne vous compromettez pas avant de vérifier : commencez par connaître, croyez ensuite — puis doutez.

M16 Revoyez périodiquement vos croyances les plus solides : vous trouverez obligatoirement des failles à quelques-unes.

M17 Attribuez la plus grande foi à la proposition la mieux corroborée, la plus grande confiance à l’artefact le plus sûr et efficace.

M18 Considérez tout principe, méthode et artefact comme faillible en principe — mais n’hésitez pas à les utiliser en autant qu’ils ne mènent pas immanquablement à la catastrophe.

M19 Fiez-vous à vos collègues chercheurs pour poser des questions auxquelles vous n’aviez pas pensé et pour découvrir ce que vous n’avez pu connaître.

M20 Fiez-vous à vos collègues chercheurs pour faire des erreurs que vous pourrez apercevoir et peut-être corriger.

M21 N’essayez pas d’être autosuffisant pour tout ce qui touche la connaissance : demandez aux autres information, conseil ou aide — mais sentez-vous libre de ne pas les utiliser.

M22 Maintenez-vous à jour, mais éloignez-vous de la mode : toute idée radicalement nouvelle, processus ou artefact, n’est pas populaire au début.

M23 Écoutez vos critiques mais si vous avez de bonnes raisons de croire que vous êtes sur la bonne voie, ne les laissez pas vous intimider.

M24 Ne faites pas qu’accumuler des données dans le seul but d’ajouter au volume d’information : cherchez des agencements logiques.

M25 Utilisez amplement l’analogie et l’induction — mais méfiez-vous toujours de leurs limites.

M26 Simplifiez — mais ne perdez pas de vue vos hypothèses de simplification et modifiez-les si nécessaire.

M27 Exploitez à fond la déduction — mais vérifiez les conclusions pour déterminer la valeur des prémisses.

M28 Ne faites pas qu’accumuler des hypothèses : essayez de les structurer en théories (systèmes hypothético-déductifs).

M29 Préférez les théories exprimées en termes mathématiques — mais rappelez-vous que les mathématiques apportent la clarté, l’unité et la faculté de déduire, mais non pas la vérité factuelle.

M30 Une théorie par jour éloigne les fausses données et une donnée par jour éloigne les fausses théories.

M31 Soyez aux aguets d’erreurs de toutes sortes et soyez prêt à les corriger si cela en vaut la peine.

M32 Étudiez chaque entité en tant que système ou composante d’un système.

M33 Souvenez-vous que tout objet d’étude présente de multiples aspects et devrait donc être abordé de plusieurs points de vue.

M34 Spécialisez-vous, mais jamais au point d’être incapable de comprendre qu’une autre approche est possible.

M35 Recherchez le changement sous l’apparente stabilité, de même que les invariants du changement.

M36 Recherchez la structure sous le chaos apparent, et l’effet du hasard à côté ou sous la régularité.

M37 Étudiez chaque niveau en lui-même ainsi qu’en relation avec les niveaux adjacents.

M38 N’escamotez pas de niveaux — par exemple, n’essayez pas d’écrire l’équation de Schrödinger sur le cerveau.

M39 Réduisez autant que possible, mais ne soyez pas fermé à l’émergence.

M40 Essayez d’intégrer tous les domaines de connaissance qui étudient les mêmes objets.

M41 N’arrêtez pas d’essayer d’expliquer, mais évitez les théories qui prétendent tout expliquer, car elles risquent de ne rien expliquer.

M42 N’arrêtez pas d’essayer de prédire — mais ne le faites qu’à l’aide de théories et de données raisonnables.

M43 Évitez l’idéologie en science fondamentale, mais guettez-la partout et avouez franchement vos valeurs sociales en science appliquée et en technologie, particulièrement en technologie sociale.

M44 Ne vous attendez pas d’inventer aucun artefact ou organisation sociale d’importance sans quelque connaissance scientifique de base.

M45 Ne vous attendez pas de la science fondamentale qu’elle vous livre ipso facto la technologie.

M46 Si vous êtes en situation de pouvoir scientifique ou technologique, ne l’utilisez pas sauf pour détruire les obstacles à la découverte et à l’invention.

M47 Toutes les règles sont limitées en portée, de même qu’elles sont sujettes à l’erreur, à l’amélioration, ou qu’elles sont remplaçables.

M48 Les règles d’investigation peuvent aider, mais elles ne garantissent pas le succès : la recherche et la conception originales sont inventives plutôt que réglementées.

M49 Ne tentez pas d’ignorer la philosophie : ceux qui l’ignore ne réussissent qu’à l’inventer à nouveau.

M50 En essayant de développer l’épistémologie, prenez en considération toutes les sciences de la connaissance.

D. Principes fondamentaux __ id. Le réalisme scientifique est caractérisé par les thèses suivantes :

i) Le réalisme : le monde existe en lui-même, c’est-à-dire indépendamment de l’investigateur, lequel peut réussir à connaître des parties et des aspects du monde.

ii) Le naturalisme : la cognition est un processus du cerveau et il n’y a pas de modes de connaissance surnaturels ou paranormaux (c’est-à-dire non cérébraux).

iii) L’évolutionnisme : toutes les habiletés cognitives se développent.

iv) Le socialisme épistémologique : l’investigation humaine est réalisée par des individus apprenant les uns des autres et enchâssée dans la société dont les normes parfois stimulent la recherche, parfois l’entravent.

v) L’historicisme : toute investigation origine de la tradition qu’elle accroît et rectifie.

vi) Le rationalisme modéré : la raison est nécessaire à la connaissance.

vii) L’empirisme modéré : l’expérience est nécessaire pour connaître le monde.

viii) Le constructivisme : les concepts et leurs composantes, même ceux représentant des choses réelles, sont notre propre création.

ix) Les conventions : certains des concepts qui surviennent dans nos modèles de choses réelles sont conventionnels.

x) La représentation : la science produit des représentations symboliques du monde.

xi) La praxie : la technologie aide à changer le monde.

xii) Le justificationisme : toute proposition et toute suggestion doivent être justifiées par la raison, l’expérience ou les deux.

xiii) Le faillibilisme : tout élément de connaissance factuelle, soit une donnée ou une hypothèse, est susceptible d’erreur.

xiv) Le méliorisme : toute connaissance factuelle est perfectible.

xv) Le scientisme : toute chose connaissable et valant la peine d’être connue, peut l’être scientifiquement ou technologiquement mieux que par n’importe quel autre moyen.

xvi) Le systémisme : la famille des champs de recherche et l’ensemble des connaissances qu’on y produit, chacun constitue un système en soi.


RECADRAGE

Créat./Psych. Modification du contexte conceptuel et/ou émotionnel d’une situation, ou du point de vue selon lequel elle est vécue, en la plaçant dans un autre cadre qui correspond aussi bien, ou même mieux, aux « faits de cette situation concrète, dont le sens, par conséquent, change complètement » __ WATZLAWICK, P. et al. (1975). VA crise, E.paradigme, L.

A. Modification. Ce que l’on modifie donc en recadrant, c’est le sens accordé à la situation, pas ses éléments concrets __ id.

B. Efficacité. Ce qui rend le recadrage aussi efficace comme outil de changement, c’est que, à partir du moment où nous percevons l’autre appartenance de classe possible, nous ne pouvons pas facilement revenir au piège et à l’angoisse de notre ancienne vision de la « réalité ». (...) il est presque impossible de revenir à notre impuissance antérieure et surtout à notre désespoir premier qui nous faisait douter de la possibilité d’une solution __ LEGENDRE, R. (2002).


RECADRER

v.

Gén. VA cadre, B.


RECENSEMENT DES ÉCRITS

Rech. Dénombrement général de tous les écrits se rapportant à un objet d’études ou de recherches, à un auteur, à un groupe, à un pays, à une association, à une revue, à une maison d’édition, etc. TA macroanalyse. EA recension des écrits; revue de la documentation.

A. Nature. En recherche, le recensement des écrits est une opération préliminaire d’une revue de la littérature. Il vise à apprécier l’ampleur des écrits (volumes, articles, rapports, mémoires, thèses, publications officielles, etc.) déjà consacrés dans un domaine d’études ou de recherches.

B. Recensement des écrits/macroanalyse. La première expression est plus vaste que la seconde : la macroanalyse se focalise exclusivement sur un objet d’études ou de recherches dans le cadre d’un champ ou d’un réseau notionnel.



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