1. Alph. Expérience de transformation individuelle ou collective qui caractérise le passage d’une culture orale à une culture écrite au cours d’un processus d’alphabétisation.
2. Anthr./Soc. Processus de transformation culturelle d’une personne ou d’un groupe par emprunt d’éléments culturels caractéristiques d’autres personnes ou d’autres groupes. Anglicisation; islamisation; macdonalisation. V culture, 9; intégration, 13; modernisation. VA assimilation, A. TA déculturation; transculturation.
3. Éduc. cult. Ensemble des phénomènes qui résultent du contact direct et continu entre des groupes de personnes appartenant à des cultures différentes ainsi que des changements produits dans l’un ou l’autre des groupes. Processus par lequel l’enfant assimile et intériorise les composantes culturelles de sa société d’accueil ou d’appartenance. Syn. socialisation. TA enculturation.
A. Acculturation/déculturation. L’acculturation est au cœur des processus de transformation culturelle exogènes, lors des transmissions culturelles par contact de sociétés ou de civilisations. Souvent, cet échange culturel est inégal, un groupe l’emportant sur l’autre, jusqu’à entraîner un phénomène de déperdition de culture (déculturation), comme celui subi par les sociétés amérindiennes dans l’Amérique postcolombienne. Il ne faudrait toutefois pas automatiquement associer l’acculturation à un génocide culturel, puisque le concept d’acculturation rend compte d’une réalité beaucoup plus large et permet, entre autres, d’interpréter les changements culturels (processus de diffusion, d’emprunt, d’assimilation, d’acclimatation, etc.) dans le cadre des inévitables contacts entre les peuples survenus dans l’histoire. VA culture, G et H.
B. Éduc. (Fr.). L’école, notamment l’école primaire, sert depuis longtemps à diffuser un système cohérent de valeurs et de pratiques dans une société. Le système d’enseignement français, par exemple, s’est donné pour tâche d’instituer la nation dès 1789 (d’où le terme « instituteur ») et a fortement contribué à réunir diverses populations (par leurs origines régionales ou nationales) autour d’une langue et d’une culture, notamment après les réformes des années 1880. De nos jours, le système scolaire de la France, et d’autres pays d’immigration, continue cette tradition en acculturant les enfants d’origines étrangères. V éducation culturelle.
C. Immigration. L’acculturation des migrants n’est qu’un cas particulier d’un phénomène général, même si, bien évidemment, les réélaborations culturelles prennent, dans le cas des migrants, des formes spécifiques. Toute acculturation implique par définition acquisition, mais aussi perte de certains traits. S’associer à une nouvelle culture oblige l’individu à y participer d’une manière différente, même s’il garde avec le pays d’origine de ses parents des liens sentimentaux et symboliques, particuliers et précieux. Il faut se garder du péché intellectuel de la réification : la culture n’est pas donnée une fois pour toutes; elle est le produit jamais achevé et toujours renouvelé de l’activité de ceux qui la font exister __ SCHNAPPER, D. (1989). V assimilation; culture immigrée; éducation culturelle; modernisation. VA intégration, B.