ACTIVITÉ PHYSIQUE

1. Éduc. phys. (Gén.). Activité motrice de nature athlétique, sportive, artistique, esthétique, etc. Ex. : l’enseignement des activités physiques à l’école __ PAOLETTI, R. (1999). Syn. activité corporelle. V taxonomie de SHEEDY/de SIMPSON. VA autonomie, N; éducation physique, A.

2. Éduc. phys. (Spéc.). Toute forme de mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques et résultant en une augmentation de la dépense énergétique au-dessus du métabolisme de repos __ KINO-QUÉBEC (1999). Il est recommandé que tous les adultes pratiquent 30 minutes d’activités physiques à une intensité modérée de façon quotidienne __ U.S. Department of Health and Human Services (1996) dans id. Ant.inactivité physique. TA exercice.

3. Éduc. phys./Physio. Toute activité entraînant une dépense énergétique substantielle, supérieure au métabolisme de base. Ex. : l’activité physique et la santé, par opposition à l’inactivité __ PAOLETTI, R. (1999). Activité au cours de laquelle on a recours à ses ressources corporelles pour effectuer des mouvements, entraînant une dépense énergétique __ OQLF (2004). Qsyn. sport.

A. Contexte. La définition 2 s’applique aux activités physiques associées au travail ou à une occupation professionnelle, aux loisirs, aux sports, aux travaux ménagers et aux autres composantes de la vie de tous les jours (BOUCHARD, C. et SHEPARD, R. J., 1993) __ KINO-QUÉBEC (1999).

B. Dépense quotidienne d’énergie. La dépense quotidienne d’énergie d’une personne sédentaire résulte de la dépense d’énergie associée au métabolisme de repos (de 65 % à 70 % de la dépense quotidienne), de celle associée à la thermogenèse alimentaire causée par la digestion et le stockage des apports alimentaires (environ 10 %) et de celle associée à l’activité motrice sous toutes ses formes (de 20 % à 25 % de la dépense totale). Cette dernière composante s’avère d’un intérêt particulier, car elle dépend des comportements et des habitudes de vie, donc elle est la plus facilement modifiable __ id.

C. Dimensions. Les spécialistes distinguent quatre dimensions principales dans la pratique d’activités physiques, soit le type d’activité, l’intensité, la durée et la fréquence. Selon les objectifs visés, chacune de ces dimensions peut être modifiée en vue de causer une augmentation de la capacité de travail de l’organisme. Un scénario raisonnable prévoit également une surcharge progressive de l’organisme afin d’améliorer la condition physique et de faciliter l’adaptation à l’effort exigé __ id.

D. Quantité : mesure globale de la dépense énergétique qui résulte de l’intensité, de la durée et de la fréquence des activités accomplies pendant une séance, une journée ou une semaine __ id.

E. Effets généraux de l’activité physique sur les indicateurs de santé. Les avantages d’une vie physiquement active sont généralement bien connus. Le tableau suivant présente un résumé des études qui ont porté sur les conséquences de la pratique régulière de une ou plusieurs activités physiques sur l’incidence de maladies chroniques et sur les taux de mortalité. Des études épidémiologiques longitudinales et transversales, effectuées auprès de grands groupes, ainsi que des recherches expérimentales et cliniques démontrent clairement que l’activité physique aide à prévenir l’apparition et la progression de plusieurs maladies chroniques __ id. VA K.


F. Qualité requise et bénéfices pour la santé __ id. Comme le suggère la courbe de la figure suivante, une dépense énergétique variant de 1000 à 1500 kcal par semaine au-dessus d’un mode de vie sédentaire représente une zone clé. En effet, des avantages notables sont observés avec une dépense d’énergie hebdomadaire de l’ordre de 1000 kcal au-delà de l’état sédentaire, mais des bénéfices encore plus marqués sont obtenus lorsque cette dernière atteint environ 1500 kcal par semaine. Des bénéfices supplémentaires sont notés lorsque la personne effectue une dépense approximative de 2000 kcal par semaine au-delà de l’état sédentaire. Au-dessus de ce niveau, le rythme d’accroissement des bénéfices pour la santé semble atteindre un plateau. Peu de bénéfices supplémentaires sont enregistrés au-delà de 3000 kcal par semaine.

Relation « quantité-bénéfices » illustrant le lien entre la dépense hebdomadaire d’énergie et les bénéfices attendus
pour la santé chez les personnes sédentaires
__ KINO-QUÉBEC (1999).

image2.png

G. Durée hebdomadaire et bénéfices pour la santé __ id. Pour avoir accès à des bénéfices appréciables pour la santé, l’objectif de base est donc d’obtenir une dépense énergétique de 1000 kcal par semaine au-delà de la dépense hebdomadaire d’énergie associée à un mode de vie sédentaire. Les personnes présentement sédentaires pourront atteindre cette dépense d’énergie en pratiquant des activités physiques à l’intensité de leur choix (faible, modérée ou élevée). Pour illustrer ce propos, les niveaux de dépense énergétique de la figure ci-dessous ont été convertis en durées de participation hebdomadaire à des activités physiques, au-delà de l’état sédentaire. Cette figure illustre les durées équivalentes lorsque l’intensité de l’activité physique est de type modéré. (...) Il existe plusieurs façons d’atteindre une dépense d’énergie de l’ordre de 1000 kcal par semaine au-delà de l’état sédentaire. Tout dépend du type d’activité, de son intensité, de sa durée et de sa fréquence (tableau intensité/fréquence/durée). L’objectif peut être atteint par une marche rapide et quotidienne de 30 minutes à une vitesse de 5 à 7 km/h (dépense additionnelle d’environ 150 kcal par jour). Si la fréquence est moindre, le même volume d’énergie dépensée pourra être atteint avec une activité de plus longue durée (60 minutes de ski de randonnée 4 fois par semaine) ou plus vigoureuse (30 minutes de jogging à 8 km/h 4 fois par semaine). Une formule pratique de quantification consiste à ne considérer que la distance à franchir pour dépenser approximativement 1000 kcal par semaine. Cette approche est valable pour des activités physiques telles que la marche, la bicyclette et autres formes de locomotion. Le tableau activité/distance précise cette distance pour cinq formes courantes d’activités en locomotion. Ainsi, il faut marcher environ 20 km par semaine pour atteindre l’objectif de 1000 kcal. VA valeur physique, E.

Relation entre la durée hebdomadaire de participation à des activités physiques
et les bénéfices pour la santé __
KINO-QUÉBEC (1999).

image3.png

Durée et fréquence nécessaires pour une activité physique de différentes intensités afin de dépenser environ 1000 kcal par semaine __ KINO-QUÉBEC (1999).

Intensité (catégorie)1

Fréquence (nombre de fois par semaine)

Durée (min)

Kcal/séance

Faible

7

60

150

4

90 à 120

250

Modérée

4

30

150

4

45

250

Élevée

7

20

150

4

30

250

1. L’intensité faible correspond à une dépense énergétique inférieure à 4 kcal-min-1, l’intensité modérée, à une dépense énergétique variant entre 4 et 8 kcal-min-1 et l’intensité élevée, à une dépense énergétique supérieure à 8 kcal-min-1.

Durée à parcourir pour dépenser environ 1000 kcal par semaine pour certaines activités de locomotion __ KINO-QUÉBEC (1999).

Activité

Distance(1)

Natation

5 km

Marche

20 km

Course à pied

15 km

Bicyclette

35 km

Ski de randonnée

10 à 12 km

La distance totale à parcourir peut être fractionnée et répartie tout au long de la semaine.

H. Durée des effets bénéfiques et régularité. Il est important de rappeler que des effets bénéfiques, tels qu’une diminution de la pression artérielle ou une augmentation de la réponse à l’insuline, sont obtenus durant et après une séance unique d’activité physique. Comme certains effets bénéfiques de l’activité physique durent environ 48 heures et disparaissent rapidement par la suite, il est préférable d’être actif au moins tous les deux jours pour maintenir et augmenter les bénéfices associés à une vie physiquement active. La régularité apparaît donc comme une condition primordiale, car des périodes occasionnelles d’activité physique pourraient n’avoir que peu d’effets cumulatifs ou n’en avoir aucun. De plus, plusieurs bénéfices diminuent après quelques semaines d’inactivité et peuvent même disparaître complètement après quelques mois de vie sédentaire. En conséquence, il s’avère important d’être actif aussi souvent que possible, de préférence tous les jours et tout au long de l’année, pour bénéficier le plus possible des avantages d’une vie physiquement active __ id.

I. Activités continues ou entrecoupées. Des données récentes indiquent également que les effets sur les indicateurs de santé sont substantiels lorsqu’une séance continue d’activité, par exemple 30 minutes, est divisée en trois périodes de 10 minutes réparties au cours de la journée (National Institute of Health Consensus Statement, 1996; American College of Sports Medicine, 1998; U.S. Department of Health and Human Services, 1996). Les personnes qui ne peuvent trouver le temps d’être actives pendant 30 minutes consécutives disposent alors d’une possibilité intéressante en accumulant quelques périodes plus courtes d’activité au cours de la journée (DeBUSK, R. F. et al., 1990). Bien que les bénéfices pour la santé de ces multiples périodes d’activité physique ne soient pas encore aussi bien documentés que ceux liés aux périodes d’activité continues, il est raisonnable de supposer qu’ils sont à peu près semblables __ id.

J. Recommandations __ id. 1. Consacrer un minimum de 30 minutes à des activités physiques d’une intensité modérée au cours de la journée. Cette durée doit être augmentée à 60 minutes si l’activité physique est de faible intensité ou si elle est pratiquée irrégulièrement. 2. Maintenir la régularité dans la pratique d’activités physiques tout au long de l’année. Les personnes sédentaires qui sont dans cet état depuis plusieurs années doivent débuter lentement et augmenter progressivement leur dépense énergétique quotidienne. 3. Pratiquer des activités physiques telles que la marche, la natation, le patinage, la randonnée cycliste, le ski de fond ou d’autres activités de locomotion du même type. Privilégier des activités qui sont susceptibles de bien s’intégrer à son mode de vie et varier le type d’activité en fonction des saisons. Pour certaines personnes, un entraînement régulier dans un centre de conditionnement physique est la solution idéale; pour d’autres, des activités intégrées au quotidien (marcher pour se rendre au travail, utiliser les escaliers, etc.) sont préférables. VA valeur physique, E.

K. Effets bénéfiques d’une activité physique régulière. La pratique régulière d’une activité physique améliore la santé physique et mentale en : • réduisant les risques de décès prématuré; • réduisant les risques de mourir d’une maladie cardiaque; • réduisant les risques d’apparition du diabète; • réduisant les risques d’hypertension; • contribuant à abaisser la tension artérielle des personnes souffrant déjà d’hypertension; • réduisant les risques de cancer du côlon; • réduisant les sentiments de dépression et d’anxiété; • aidant à contrôler le poids, à développer des tissus musculaires et à réduire les tissus adipeux; • aidant à développer les tissus osseux, musculaires et articulatoires et à en assurer le bon état; • renforçant les muscles des personnes âgées, ce qui leur assure une mobilité susceptible de leur éviter les chutes; • favorisant le bien-être psychique __ U.S. Department of Health and Human Services, Physical Activity and Health: A report of the Surgeon General (1996). U.S. Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion __ FAHEY, T. D. et al. (1999). VA E.

L. Activité physique/sport. Le terme sport est souvent employé pour désigner une activité physique pratiquée, entre autres, pour le développement corporel ou la simple distraction comme dans sport pour tous, sport de masse et sport de loisir. Il s’agit d’une acception générale du terme sport qui existe en français depuis très longtemps, avant la spécialisation contemporaine du terme sport dans le domaine restreint et très spécialisé de la compétition officielle __ OQLF (2004).

M. CN : science de l’*; taxonomie de l’*.

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