1. Alph. (Gén.). Aptitudes à lire, à écrire et à calculer. Syn. littératie. VA alphabétisation, A.
2. Alph. (Gén.). Aptitudes à utiliser le code écrit de base (lecture, écriture et calcul). Syn. littératie.
3. Alph. (Gén.). Aptitudes à traiter l’information dont on a besoin pour utiliser les documents que l’on trouve habituellement au travail, au foyer et dans la collectivité __ STATISTIQUE CANADA (1992). Qsyn. littératie. VA EIAA, A et D.
4. Alph. (Gén.). Ensemble de compétences utiles à la vie quotidienne qui inclut, outre les compétences en lecture, en écriture et en calcul, des compétences génériques telles que la résolution de problèmes, le traitement de l’information, les communications interpersonnelles, etc. VA EIAA, D.
5. Alph. (Gén.). Phénomène qui caractérise l’état des communications écrites dans une société donnée à une époque déterminée. Qsyn. littératie. V niveau d’alphabétisme.
6. Alph. (Spéc.). Résultat de l’alphabétisation réussie ou niveau jugé satisfaisant de maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul __ RASSEKH, S. (1990).
7. Alph. (Spéc.). (Ont.). Capacité de lire, d’écrire, de calculer, de s’exprimer et de comprendre, et pour les personnes sourdes ou malentendantes, capacité d’utiliser la langue des signes ou d’autres moyens de communication, selon les besoins __ MEFO (1998).
8. Ling. Système d’écriture alphabétique, c’est-à-dire qui repose sur un alphabet, caractérisant certaines langues telles que le français. VA écriture, C.
A. Usage. Le terme alphabétisme est d’usage courant au Canada; il est peu usité dans les pays ou les régions francophones d’Europe, comme la Belgique, la France ou la Suisse. VA EIAA,D.
B. Conceptions. L’alphabétisme n’a pas toujours eu la même signification. Cette dernière varie selon le contexte historique, l’évolution technologique, les positions sociales ou les références culturelles. Ainsi, à certains moments, l’alphabétisme correspondait à la capacité de lire et de mémoriser les paroles sacrées sans qu’une véritable compréhension soit exigée. À d’autres moments, pour les classes populaires, l’alphabétisme se réduisait à la capacité de signer son nom. Dans plusieurs sociétés contemporaines, l’alphabétisme comprend les connaissances que l’on doit posséder au terme de la scolarité obligatoire. Pour François FURET et Jacques OZOUF (1977), l’alphabétisme devient un facteur de démocratisation, du fait que la lecture n’est plus limitée à une élite religieuse ou aux hommes seulement. L’écriture n’est plus un art; elle devient une commodité. Pour Marshall McLUHAN (1968), l’invention de l’alphabet phonétique et de l’imprimerie a entraîné un nouveau rapport entre l’individu et sa perception du monde, un rapport basé sur le visuel et les communications écrites plutôt que sur l’ouïe et les traditions orales. Pour des auteurs comme Harvey GRAFF (1979), dans les sociétés au contact de l’industrialisation et du capitalisme, l’alphabétisme de masse servait de moyen d’hégémonie et de contrôle social. Selon Carlo M. CIPOLLA (1969), l’alphabétisme est un indicateur historique sur l’évolution de l’accès des masses à l’éducation (de l’élitisme imposé par l’Église à l’accès général à l’ère de la Révolution industrielle) et un agent de progrès social.
C. Alphabétisme/analphabétisme. La dichotomie qui oppose analphabétisme et alphabétisme est diversement critiquée. Certains avancent qu’il y a plutôt un continuum qui s’étend des compétences rudimentaires aux compétences multiples, plurielles et complexes. Par ailleurs, cette dichotomie est rejetée par d’autres qui jugent le terme analphabétisme stigmatisant. VA analphabétisme, B.
D. Alphabétismes. Selon certains,il n’y aurait pas un, mais des alphabétismes qui correspondent à différents contextes sociaux, historiques et culturels. Au sein d’une même société, les formes et les pratiques de l’écrit varient selon les institutions et les groupes sociaux. Cette position s’oppose à une conception univoque et universelle de l’alphabétisme (BARTON, D. et HAMILTON, M., 1998; GRAFF, H., 1987; STREET, B., 1995).
E. Visions. De nos jours, la conception de l’alphabétisme renvoie à différents courants de pensée : • cognitiviste (ex. : KIRSCH, I. S. et JUNGEBLUT, A.); • culturaliste (ex. : STREET, B.; HIRSCH, D.); • économiste (ex. : OCDE); • humaniste (ex. : UNESCO); • libertaire (ex. : HAUTECŒUR, J.-P.).
F. Extensions. Les notions alphabétisme économique/informatique/mathématique/musical/scientifique renvoient à des compétences dans un champ spécialisé. VA alphabétisation, G.