Alph. (Can.). Selon Serge WAGNER et Pierre GRENIER (1990), type d’analphabétisme qui caractérise certaines minorités ethnolinguistiques en raison de la rareté des ressources éducatives dans leur langue maternelle et, d’autre part, en raison des obstacles à l’intégration ou à la participation des personnes de ces minorités aux institutions éducatives et culturelles de la majorité. EA analphabétisme de résistance.∈ analphabétisme de minorité.
A. Contexte franco-canadien. L’analphabétisme d’oppression est un effet direct du processus d’intégration/assimilation dans l’école publique et dans l’ensemble de la société; ce processus résulte de la destruction lente de l’identité et des moyens de résistance de la collectivité minoritaire; il est provoqué par l’action offensive de la société majoritaire __ WAGNER, S. et GRENIER, P. (1990).
B. Exemples. Les exemples d’oppression linguistique dans l’histoire et dans le monde sont légion. L’anglicisation des Irlandais et des Gallois, la francisation des Bretons, des Occitans et des Basques sont autant de cas dans les pays occidentaux où une politique de domination, douce ou brutale, a réussi à exclure de l’usage public les langues des minorités. L’exemple des Cris du Nord du Canada (tout particulièrement du Québec) est révélateur. Les Indiens cris les plus âgés sont presque tous alphabétisés en langue (syllabique) crie. Cette alphabétisation s’est d’abord réalisée à travers l’enseignement des missionnaires pour ensuite se transmettre par l’enseignement mutuel. L’instauration de l’école anglaise obligatoire a toutefois fait en sorte que les générations subséquentes ont été alphabétisées en anglais. Ce n’est que dans les années 1980 qu’un enseignement limité du cri a été introduit dans les écoles __ id.