ANGLE

Diagn./Did. Pour Lawrence KOHLBERG, unité de base du jugement moral, aspect sous lequel un individu aborde un problème moral. V taxonomie deKOHLBERG.

A. Typologie des motifs. On compte 15 angles sous lesquels chacun des six stades du développement du jugement moral peut être étudié. La grille d’évaluation comprend donc 90 cellules ou combinaisons possibles. On peut alors obtenir un score du développement moral (MMS : moral maturity score) d’une personne.

B. Tableau synoptique __ SAMSON, J.-M. (1976).

A. La loi

Cet angle se subdivise en trois composantes :

A1. Règles, règlements et directives

Il s’agit ici de l’angle de la contrainte des us et coutumes plutôt que de l’angle légal comme tel.

A2. Les stéréotypes de rôles

A3. La loi comme modèle d’obligation

B. La conscience

On pourrait subdiviser cet angle en 23 sections, que KOHLBERG numérote de B.1 à B.23. Quant à nous, nous avons retenu quatre divisions, dans lesquelles nous regroupons la liste des 23 sections. On notera que le chiffre romain dans le sigle des angles fait référence aux niveaux du discours moral.

Bi. Culpabilité et conscience honteuse

On fait ici référence, lors de jugements moraux portant sur des actes précis, aux motivations des personnes pour qualifier ces actes de bons ou de mauvais. Par exemple, est bon un acte qui n’entraîne pas de culpabilité ni de sentiment de honte.

Biii. Choix et approbation d’ordre éthique

On divise ici en deux sections :

- L’obligation Biii3

Cet aspect insiste sur la conception de l’obligation et de la responsabilité de l’acteur face à une décision à prendre, en mettant en jeu les motivations, les règles et les conséquences.

- Le blâme Biii6

Cet angle indique la conception du blâme, de la désapprobation ou de l’éloge vis-à-vis une autre personne qui est aux prises avec une décision ou un acte à poser.

On aura noté que l’angle « obligation » centre le jugement sur l’acteur, tandis que l’aspect « blâme » le déplace vers le spectateur.

Bv. La théorie d’ordre éthique

Cet angle suppose un niveau de discours moral élevé, qui porte sur les principes moraux, sur la notion de justice, sur la nécessité d’agir moralement.

C. Le relationnel

Cet angle définit les rapports affectifs ou de coopération entre des individus occupant des rôles complémentaires : ami-ami; époux-épouse; père-fils; médecin-patient; etc.

D. L’autorité

Le concept d’autorité est ici examiné sous divers aspects : la nature de l’autorité, son respect, ses privilèges, les droits de l’autorité.

E. Les libertés civiles

F. La justice

Cet angle englobe la notion d’équité, de réciprocité (promesse, serment), la notion de fidélité et d’égalité.

G. La punition

Quand, combien et comment punir; rôle du châtiment, incluant les notions de revanche, de restitution, de réparation et de réhabilitation.

H. La vie

La valeur de la vie, plus particulièrement de la vie humaine.

I. La propriété

Le droit d’acquérir, de posséder, de vendre, de disposer de biens.

J. L’honnêteté et la franchise

Les notions de mérite, de confiance, d’obligations réciproques et contractuelles entre individus.

K. La sexualité

Tout ce qui touche l’activité sexuelle de l’humain : érotisme, « petting », relations sexuelles coïtales, et l’importance de la sexualité pour l’humain.

C. Approche préférentielle. Cette liste quelque peu aride des angles permet de mieux saisir qu’un individu peut aborder une question morale en favorisant d’abord, sinon exclusivement, l’un ou l’autre aspect. Le jugement moral le plus sûr sera certes celui qui voudra considérer un problème moral sous chacun de ces 15 angles; la personne de stade 5 aura nettement la volonté et la capacité de juger moralement en tenant compte de l’ensemble des angles, tandis que les personnes de stade moins avancé favoriseront un seul angle ou un faisceau bien particulier d’angles d’approche __ id.

D. Progression d’un stade à l’autre. Cette liste des angles permet aussi de comprendre un aspect du processus de passage d’un stade à un autre. Un individu peut utiliser des arguments de stade 3, par exemple, lorsqu’il analyse une question morale sous un angle particulier, et utiliser des arguments de stade 4 quand il considère la même question morale sous un autre angle. L’individu est alors de stade plus ou moins mixte. L’incohérence des arguments utilisés dans ses jugements pourra créer un conflit que l’individu voudra résoudre : il procédera alors à une « restructuration » pour regagner l’harmonie intérieure. Certes, ce déplacement n’est pas brusque, et ce n’est que lentement que son jugement moral se fondera exclusivement sur des arguments du stade 4 __ id.

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