1. Gén. Façon générale de percevoir les choses ou les idées, d’étudier une question, d’aborder un projet, de résoudre un problème ou d’atteindre une finalité. Une approche démocratique, sociologique, économique, etc. Une approche chimique/biologique d’exterminer des insectes. Façon globale et particulière de s’y prendre pour parvenir à un résultat, pour effectuer une démarche spécifique. Une approche amicale/autoritaire/compréhensive de l’indiscipline scolaire. Façon habituelle d’accéder à un objet. Cet enseignant possède une excellente approche pédagogique des mathématiques. Les manœuvres d’approche d’un avion qui se dirige vers la piste d’atterrissage. Son approche des problèmes ne conduit à rien. Sa façon d’approcher les élèves turbulents donne de bons résultats. TA finalité; stratégie.
2. Spéc. Action, fait de s’avancer vers quelqu’un ou quelque chose. Lunette d’approche; coup d’approche au golf; une personne, une œuvre d’approche difficile. Fait d’arriver près ou plus près d’un endroit, d’un moment, d’une qualité, d’une quantité. L’approche de la salle de classe; l’approche de la récréation; l’approche de la maturité; une réussite d’un examen qui approche le cent pour cent. Qsyn. abord; accès.
3. Spéc. Fait d’effectuer les démarches préliminaires en vue d’une réalisation, d’une connaissance ou d’une expérience. L’approche d’un enseignement/de la pédagogie/d’un auteur/d’un cas problème/des troubles d’apprentissage. Fait de faire des avances, d’entrer en communication, d’aborder, de solliciter, d’influencer une personne, un organisme. Faire des approches auprès du ministère de l’Éducation/d’une direction scolaire.
4. Spéc. Tentative, manœuvre ou démarche en vue de s’introduire auprès d’un organisme ou d’une personne. La plus sûre approche du développement affectif est celle du développement cognitif. Voie d’accès. Les approches du gymnase, de la bibliothèque, etc.
5. Éduc. Base théorique constituée d’un ensemble de principes sur lesquels reposent la perception de l’apprentissage et de la situation pédagogique, une réforme curriculaire, l’élaboration d’un programme d’études, le choix de stratégies d’enseignement et d’évaluation ou encore, les modes de rétroaction. Syn. modèle.Une approche analytique, synthétique, globale, systémique, béhavioriste, humaniste. V schéma curriculaire. RN assises, B.
6. Phi. Système d’orientations épistémologiques et idéologiques sous-tendant une façon d’aborder, de percevoir un objet d’études et d’y réfléchir, de penser; manière de faire pour atteindre une finalité. Une approche constructiviste, empiriste, positiviste, réaliste, structuraliste. TA finalité.
7. Psycholing. VA méthodes de langues secondes/étrangères, A; lecture, E.
8. Rech. Point de vue et manière particulière avec lequels on étudie un objet de recherche; angle et façon spécifiques d’aborder, d’examiner un problème ou une question afin de parvenir à une solution satisfaisante. Cadre conceptuel de référence, d’observation, de pensée et de réflexion, qui sert à aborder et à étudier un phénomène. Une approche clinique, écologique, éducentrique, globale, structurale, systémique, etc. RN assises, B.= Σ stratégie.
A. Étym. XVe s., dérivé de l’adverbe latin prope, auprès, près de et de proximus, le plus proche. Sens actuels depuis le XXe s. sous l’influence du terme anglais approach.
B. Gén. Le terme approche est utilisé selon des sens admis en langue générale quand il est question d’approche expérientielle, d’approche internationale, etc.
C. Épist. L’approche est démarche de l’esprit, démarche en vue de l’action. L’approche repose sur des assises épistémologiques et idéologiques interreliées. L’approche est décrite et analysée selon les caractéristiques épistémologiques et idéologiques. Une approche dépend de la vision du monde de celui qui l’élabore ou qui l’adopte, et du cheminement intellectuel qu’il privilégie; on parlera d’une approche béhaviorale, d’une approche humaniste, d’une approche traditionaliste, d’une approche sociologique, etc. En plus de définir la nature d’une approche, Mario BUNGE (1983) précise chacune de ses quatre composantes : « (...) manière de concevoir et de traiter certaines questions, que celles-ci soient conceptuelles ou empiriques, et quel que soit le domaine où elles se présentent. »
approche = échafaudage général + problématique + objectifs + méthodique
échafaudage général : ensemble d’hypothèses très générales se rapportant au domaine en question et à la façon de le connaître; connaissance fondamentale.
problématique : type de problèmes que l’on désire traiter.
objectifs : finalités ultimes de la recherche.
méthodique : ensemble des méthodes ou des façons de traiter ces problèmes.
D. Finalité. L’approche est généralement associée à la poursuite d’une ou de quelques finalités.
E. Did. À l’intérieur du cycle de la didactique, l’adoption de l’approche préexiste ou précède la détermination de stratégies, de méthodes, de techniques, de procédés, de pratiques, de formules. V schéma curriculaire.
F. Recherche. Une approche (...) est avant tout (...) un cadre de référence pour l’étude d’un phénomène ou d’un objet __ NADEAU, J.-R. (1982). Dans une optique de la complémentarité et de la complexité des divers aspects d’un objet de recherche, il est préférable de conjuguer plusieurs approches, plusieurs visions d’un même phénomène. VA modèle, G.
G. Approche/stratégie. Une approche s’appuie sur une ou quelques stratégies pouvant être agencées en alternatives possibles. L’approche est à la perception ce que la stratégie est à l’action. L’approche est paradigme, regard, modèle, vision, façon d’aborder; la stratégie est une façon d’investiguer, d’étudier, d’intervenir.
H. Typologie __ BUNGE, M. (1983) : trad. Nous distinguerons sept grandes approches d’étude ou de traitement des choses et des idées (...) :
1. l’approche commune repose sur la connaissance usuelle, aborde à la fois les problèmes cognitifs et pratiques, utilise les façons de faire de la vie quotidienne (spécialement les arguments d’autorité et l’essai-et-erreur), et est principalement intéressée à des résultats pratiques;
2. l’approche doctrinaire s’appuie sur une idéologie, s’attaque aux problèmes aussi bien cognitifs que pratiques, recourt à l’autorité, à la critique et aux arguments, et est principalement intéressée à des résultats pratiques (incluant le salut personnel et la perpétuation d’une idéologie);
3. l’approche mathématique est caractérisée par des assises formelles, des problèmes formels, des méthodes conceptuelles, et la découverte d’agencements et de modèles aussi bien que la construction de théories;
4. l’approche scientifique fondamentale repose sur des fondements du savoir mathématique et scientifique, aussi bien que sur la perception scientifique du monde de la science; elle s’intéresse à des problèmes cognitifs, utilise la méthode scientifique, et vise ultimement à comprendre et à prévoir des faits à l’aide de lois;
5. l’approche des sciences appliquées partage les bases et les méthodes de la science fondamentale, mais s’attaque seulement à des problèmes cognitifs particuliers, et vise à fournir les assises cognitives à la technologie;
6. l’approche technologique est semblable à celle des sciences appliquées, mais ses fondements incluent également ceux du savoir technologique, et vise à contrôler les systèmes naturels aussi bien qu’à créer des systèmes artificiels;
7. l’approche des humanités s’appuie sur l’ensemble des savoirs qui concerne la culture humaine; elle aborde les problèmes relatifs à la culture intellectuelle et artistique, utilise des méthodes conceptuelles, et vise à comprendre ses référents.
I. Optique philosophique. Si la connaissance fondamentale se limite au cadre philosophique général ou à une perception philosophique du monde, on obtient trois types principaux d’approches : l’atomistique (ou individualistique ou analytique), l’holistique (ou synthétique), et la systémique (ou analytico-synthétique). L’approche atomistique repose sur une ontologie atomistique selon laquelle le monde est un rassemblement d’éléments de quelques catégories différentes, et sur une épistémologie réductionniste, selon laquelle la connaissance de la composition du tout est à la fois nécessaire et suffisante pour connaître le tout. Les buts de l’atomisme sont les mêmes que ceux de la science et la méthodologie atomistique se ramène à l’analyse d’un tout en ses composantes (ou la méthode descendante). L’approche holistique s’appuie sur une ontologie holistique ou organismique selon laquelle le monde est un tout organique qui peut être décomposé en de grands ensembles constituants, lesquels ne peuvent plus être décomposés, et sur une épistémologie intuitionniste selon laquelle de tels ensembles doivent être acceptés et saisis comme tels plutôt qu’être analysés et altérés. Le but de l’holisme est d’accentuer et de préserver la totalité et l’émergence, et sa méthode est l’intuition. [À vrai dire, l’intuition est non méthodique : (...)]. Enfin, l’approche systémique s’appuie sur une ontologie systémique (ou théorie des systèmes) selon laquelle le monde est un système qui se compose de sous-systèmes, et sur une épistémologie qui allie le réalisme et le rationalisme. Ses objectifs, comme ceux de la science et de la technologie, sont de comprendre, prédire et contrôler. Et sa méthodologie comprend aussi bien l’analyse que la synthèse, la généralisation et la systématisation, et la vérification empirique __ BUNGE, M. (1983) : trad. V anasynthèse.
J. Approche/problème. Chaque approche ne peut traiter que de problèmes particuliers : toute approche est en partie caractérisée par sa propre problématique. Ainsi l’approche atomistique ne peut s’occuper que de questions qui concernent le comportement individuel : comme elle ne reconnaît pas les touts et leurs propriétés émergentes, elle ne voit aucun intérêt aux schémas de comportement global, c’est-à-dire à des lois de systèmes perçus comme des touts ou des parties. De la même façon, l’ensemble des problèmes que peut traiter l’holisme est limité : cette approche ne s’intéresse guère, par exemple à la composition atomique d’une molécule ou aux mécanismes par lesquels un groupe de gens constitue ou défait une société. En comparaison, le systémisme, ou l’approche des systèmes, conserve les aspects positifs de l’atomisme et de l’holisme, et il s’agit de l’approche compatible avec l’approche scientifique. À vrai dire, elle ne se distingue de la dernière uniquement par le fait qu’elle présuppose beaucoup moins de connaissances indépendantes et méthodologiques __ id. On peut donc percevoir les approches comme autant de visions complémentaires.