APPROCHE HOLISTIQUE

1. Cur./Did./Péd. V curriculum holistique. VA schéma curriculaire, D.6 et E; paradigme inventif, A.

2. Phi./Rech./Sc. (Gén.). Approche qui met l’accent sur l’intégralité d’un phénomène, d’une situation ou d’un objet, perçu chacun comme un tout dont la dynamique ne peut être appréhendée dans l’optique réductionniste de ses parties constituantes. Qsyn. approche intégrative/synthétique. Ant.approche analytique/atomistique/réductionniste. VA approche, I et J; approche synthétique, E. EA approche écologique/globale/structurale/systémique; éducation holistique.

3. Phi./Rech./Sc. (Spéc.). Conception de l’expérimentation, défendue par Pierre DUHEM (1861-1916), selon laquelle ce n’est jamais une hypothèse ou une variable isolées qui sont soumises au verdict de l’expérience, mais plutôt un réseau conceptuel au sein duquel naît cette hypothèse ou apparaît cette variable. VA approche ethnographique, B; approche organique, A.

A. Étym. Du grec holos, entier, total; de l’anglais whole, tout, ensemble, entier, totalité et de wholeness, intégralité; chez les Hindous, Holi est une fête qui se réfère à la pleine lune.

B. Approche holistique/écologique. L’approche holistique peut s’appliquer à n’importe quel objet ou phénomène. Par contre, l’approche écologique ne se rapporte qu’à certains types d’ensembles, à des organismes ou des systèmes dotés de vie. Pour Fritjof CAPRA (1990) : « L’approche holistiquene va pas nécessairement au-delà du système considéré, tandis que l’approche écologique doit embrasser la manière dont le système en cause se trouve enchâssé dans des systèmes plus vastes. »

C. Conception de la personne comme « holon ». Le paradigme de la symbiosynergie postule l’union de l’observateur et de l’observé et nous invite à avoir une vision essentiellement unitaire ou symbiotique de la réalité physique, biologique, spirituelle et cosmique. Cette vision unitaire suppose un nouveau totalisme qui accepte l’idée selon laquelle aucune partie ne peut être définie si ce n’est par rapport au tout (personnes, communautés, milieux biophysiques). Dans cette optique, l’homme est considéré comme « holon ». Ce terme vient du grec et se compose de on, particule, individu, et de holos, ensemble, totalité. La personne est unique, non quantifiable et en même temps, elle est totalité. Sous l’angle éducatif, cela suggère qu’il faut développer de nouveaux modèles cognitifs et de nouvelles attitudes pour accéder à une conscience critique de la situation de la personne dans l’univers, d’où la valorisation du savoir-devenir et du savoir-se situer, au lieu du savoir-avoir et du savoir-être __ CAPRA, F. (1990). V paradigme symbiosynergique.

D. Holon. Chaque sous-système est, à la fois, un organisme relativement autonome et un composant d’un organisme plus vaste; c’est un « holon » pour reprendre le terme d’Arthur KOESTLER, manifestant les propriétés indépendantes d’un tout et les propriétés dépendantes d’une partie. L’omniprésence de l’ordre dans l’univers prend une nouvelle signification : l’ordre à un niveau systémique est la conséquence de l’auto-organisation à un niveau plus large __ CAPRA, F. (1983).

E. Gestalt. La vision holistique, qui est souvent associée en psychologie avec le principe gestalt, maintient que les propriétés et les fonctions de la psyché ne peuvent être pleinement comprises en les réduisant à des éléments isolés, de même que l’organisme physique ne peut être pleinement compris en l’analysant par rapport à ses parties. La vision fragmentée de la réalité représente non seulement un obstacle à la compréhension de l’esprit, mais également une caractéristique de la maladie mentale __ id.

F. Holiste/holistique. Holiste se dit d’un partisan de l’holisme; ce terme peut être un nom ou un adjectif. Holistique ne s’utilise qu’à titre d’adjectif.

G. Approche holistique/globale. Dans un sens général, ces deux expressions sont équivalentes. Dans un sens spécifique, l’approche holistique est une vision particulière de l’approche globale; elle fait surtout référence au mode d’intervention sur un phénomène, une situation ou un objet dont la représentation a été produite par une approche globale.

H. Approche holistique/mécaniste. Ces deux nouvelles doctrines — la conception mécaniste versus la conception intégrative ou holiste — naquirent toutes deux des études sur le système nerveux. Ceux qui empruntèrent l’approche matérialiste « réductionniste » — représentée par l’école du physicien et physiologiste Hermann von HELMHOLTZ — cherchaient à tout réduire à des rapports physiques fondamentaux. Ils étudièrent la conduction des impulsions nerveuses et d’autres caractères des nerfs, isolés de leur environnement. L’autre approche, celle adoptée par les chercheurs français et anglais, considérait le système nerveux comme un tout, ce qui conduisit ces chercheurs à faire une différence entre les nerfs qui amènent les influx nerveux à la colonne vertébrale et ceux qui emmènent vers la périphérie du corps les influx provenant de cette colonne vertébrale. L’école holiste se livra aussi particulièrement à l’étude des réflexes (comme ceux qui provoquent le mouvement brusque de la jambe lorsque l’on frappe sous la rotule) __ RONAN, C. A. (1988).

I. Approche contre la fragmentation. L’approche holistique tente de contrer deux formes interreliées de fragmentation : • la fragmentation des savoirs : lorsque l’objet d’apprentissage est situé hors contexte et morcelé en divers aspects et composantes considérés isolément, il se pose un problème de pertinence, de signification, d’intégration et de transfert de cet objet. La fragmentation des réalités est d’ailleurs à l’origine de la majorité des problèmes environnementaux et sociaux. Par exemple, lorsque les seuls aspects de la rentabilité économique sont considérés dans un projet, ce dernier risque d’avoir des répercussions négatives sur les systèmes vivants et les groupes sociaux; • la fragmentation du sujet qui apprend : lorsque seules certaines dimensions ou facultés du sujet sont sollicitées dans l’apprentissage, l’objet ne peut être appréhendé que sous certains angles et, par ailleurs, le développement intégral de la personne ne peut s’accomplir. (...) L’approche holistique tient compte idéalement de toutes les dimensions de la personne : cognitive, affective, morale, sociale, comportementale, etc. De plus, elle permet d’aborder un objet dans sa globalité __ SAUVÉ, L. (1994).

J. Approche holistique/réductionniste. L’approche réductionniste est à l’approche holistique ce que l’analyse est à la synthèse. Dans une vision globale de l’apprentissage et de la recherche, les deux approches, bien qu’étant des perceptions opposées, n’en demeurent pas moins complémentaires dans l’optique d’un cheminement cyclique qui tente de concilier le particulier au général. En outre, un certain réductionnisme est toujours nécessaire puisqu’on ne peut jamais étudier un objet dans toute sa totalité et dans toute l’étendue de son environnement. Bien que dans la réalité il faille raisonnablement délimiter notre vision holistique d’un objet d’étude, un souci constant doit tendre à situer sans cesse ce dernier dans un ensemble d’appartenance plus vaste.

K. Approche holistique/systémique. Un système, dans sa plus simple expression, se définit comme une réalité qui intéresse le chercheur, par exemple, le système scolaire, le système de transports, une situation d’enseignement, etc. (...) Lorsqu’on s’intéresse à la structure, ce sont les composantes du système, les phénomènes isolés qui font l’objet de questionnement par la voie réductionniste. Lorsqu’on s’intéresse au processus, c’est la dynamique entre les variables ou leurs interactions qui font alors l’objet de questionnement par la voie holistique __ OUELLET, A. (1994).

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