Ens. lang./Ling. Utilisation particulière d’une langue dans laquelle les usagers d’un certain groupe social remplacent des éléments linguistiques (mots, prononciation, structures morphologiques et syntaxiques) par d’autres éléments, soit inventés de toute pièce, soit issus de modifications des éléments de la langue, soit empruntés à une autre langue avec ou sans déformation, pour manifester d’abord leur différence, souvent leur opposition et leur refus de communiquer avec les autres groupes de la communauté linguistique. Ex. : le parigot et le récent verlan sont des argots dans lesquels on retrouve des mots comme : en parigot (mec; bidule); en verlan (ripou pour pourri; stromo pour monstre; verlan pour à l’envers). V registre de langue. VA lexicologie, B.
A. Formes. L’argot respecte habituellement l’essentiel de la syntaxe, mais a recours, au niveau lexical, à des figures ou à des déformations systématiques (ex. : bouquin).
B. Jargon. Le jargon est souvent associé à l’argot, mais il se réfère plutôt au caractère incompréhensible d’un usage langagier, soit dans les formes (mots ou structures déformés ou inventés), soit dans le contenu jugé incohérent.
C. Procédés. L’argot se construit par l’invention des mots complètement nouveaux, par le codage (procédés spéciaux de déformation de mots dont les règles sont connues par le groupe), par l’emprunt (avec ou sans déformation) ou par l’utilisation de l’image.
D. Littérature. Bien qu’associé au registre de langue familier ou populaire, l’argot peut receler des qualités littéraires quant à son expressivité.