ATTITUDE

n.f.

1. Diagn.État d’esprit (sensation, perception, idée, conviction, sentiment, etc.), disposition intérieure acquise d’une personne à l’égard d’elle-même ou de tout élément de son environnement (personne, chose, situation, événement, idéologie, mode d’expression, etc.) qui incite à une manière d’être ou d’agir favorable ou défavorable. VA apprentissage, L et P; compréhension en lecture, B.

2. Did.État d’esprit, manière d’être dans un cheminement d’apprentissage ou de résolution de problèmes. VA absentéisme scolaire, A;taxonomie de ORLANDI, 3/de KLOPFER, A : H.0/de J. W. WILSON, A : E.1/de SCRIVEN, B/des habiletés en sciences humaines, 3/du domaine affectif, C : 4.1.

3. Physio. Position du corps qui exprime plus ou moins consciemment les sentiments d’une personne dans un contexte. Qsyn. affectation; allure; contenance; maintien; port; pose; posture.

4. Soc. Attribut constant du comportement ou de la personnalité. Manière organisée et cohérente de penser, de ressentir et de réagir à l’égard des individus et groupes, des problèmes sociaux ou, plus généralement, à l’égard de tout élément de l’environnement __ LEFEBVRE, Y. (1975). Ex. : optimisme, pessimisme, agressivité, douceur, ouverture, fermeture, sensualité, froideur, etc.

A. Étym. Ce terme fut introduit pour la première fois par les critiques d’art italien pour décrire les positions du corps (attitudine) que l’artiste donne à sa statue ou à la représentation graphique du corps humain pour évoquer une certaine disposition de l’âme __ PAILLARD, J. (1961).

B. Nature. L’attitude est une disposition à agir ou à réagir face à un certain objet psychologique. Elle s’exerce sous l’impulsion de certains sentiments et elle est généralement acquise et non fortuite. Comme les intérêts, les attitudes s’apprennent, leur forme n’est pas déterminée à la naissance, mais dépend de l’environnement dans lequel l’enfant grandit ainsi que de la manière dont il est traité. L’attitude peut être spécifique ou générale, verbale ou comportementale. Elle est de plus évolutive tout en conservant une stabilité relative (ex. : préjugés, stéréotypes, etc.) garante de la cohérence interne de la personnalité. L’attitude n’est pas directement observable, elle est inférée à partir de l’observation de comportements verbaux et non verbaux.

C. Changement. K. M. EVANS (1970) affirme que les enfants changent favorablement d’attitudes lorsqu’ils prennent plaisir à leur travail, lorsqu’ils participent aux activités d’un groupe ayant déjà une attitude favorable, lorsqu’ils sont plongés dans un nouvel environnement.

D. Performance. Le lien entre la performance et l’attitude est réel quoique faible; la perception de l’attitude de l’élève par le maître est contaminée par l’image scolaire projetée par l’élève. Les constatations relatives à l’effet que peut avoir une attitude constamment extrême (positive ou négative) sur la performance sont de deux ordres. Si l’on s’en tient à des moyennes, le lien entre attitude et performance se révèle extrêmement solide. Si l’on s’en rapporte à des sujets individuels, ce lien est nettement moins sûr. On parvient même à trouver des sujets constamment insatisfaits ayant une performance supérieure à celle de sujets constamment satisfaits __ VAN DROMME, H. et L. (1973).

E. École. (Selon BLOOM), dès la troisième année de scolarisation, les étudiants les plus exposés à l’échec se différencient nettement de ceux qui réussissent, mais la différence continue d’augmenter jusqu’à la fin de l’école primaire. Durant les années de l’école secondaire, l’attitude à l’égard de l’école semble s’être stabilisée et demeure ce qu’elle était à la fin du primaire __ BÉGIN, Y. (1978).

F. Préalables. Ceux d’entre nous que l’éducation concerne doivent connaître non seulement les attitudes que nous souhaitons enseigner aux enfants, mais aussi les attitudes qui sont déjà les leurs __ EVANS, K. M. (1970).

G. Attitude/valeur/concept. Une attitude est basée sur un système de valeurs qui se manifeste, chez l’individu, par un comportement constant (la même chose joue pour la compréhension d’un concept). Mais l’attitude n’est pas, comme le concept, dans l’esprit de l’individu. L’idée que le concept 7 est plus grand que le concept 2 n’est pas basée sur un système de valeurs. Mais si « 2 » a pour un individu une signification magique et qu’il lui fait peur, alors nous dirons que l’individu a une attitude de peur ou de crainte envers le nombre « 2 ». Les attitudes sont apprises, tout comme les concepts __ DE FLANDRE, D. (01.80).

H. Opinion. L’attitude est plus stable, plus profonde, plus complexe et plus irrationnelle que l’opinion. L’opinion est passagère et plus superficielle; elle ne conduit pas nécessairement à l’action. Selon EYSENCK dans C. JAVEAU (1974), on peut représenter les relations entre les opinions et les attitudes de la manière suivante :

Niveau I : opinions accidentelles, nullement caractéristiques de l’individu (X dit une chose aujourd’hui, dit le contraire le lendemain);

Niveau II : opinions stables, relativement constantes, caractéristiques de l’individu (une personne chauvine réagit en général toujours de la même manière lorsqu’on critique son pays);

Niveau III : attitudes : ensemble d’opinions stables, liées entre elles, et correspondant à une composante importante de la personnalité;

Niveau IV : type de personnalité (« Idéologie ») : traduit l’interdépendance des attitudes; un individu manifestant une attitude nationaliste sera également partisan de l’ordre social, de l’autorité dans la famille, etc. On pourra dire qu’il possède une personnalité de type conservateur.

I. Valeur. Pour R. M. GAGNÉ, les valeurs sont considérées plus générales alors que les attitudes s’orientent spécifiquement vers des préférences particulières __ BRIEN, R. et PAQUIN, R. (1976). Selon K. M. EVANS (1970), la valeur est un élément commun à une série de situations qui peut susciter une réaction cachée chez un individu, et cette réaction cachée est une attitude.

J. Dimensions (selon KLINEBERG) : 1. direction (pour, contre ou neutralité); 2. degré (étendue); 3. importance pour le sujet; 4. cohérence entre le degré d’influence réelle sur l’attitude et le comportement; 5. jaillissement.

K. Niveaux (selon KRATHWOHL) : 1. réception (la présence) ou être sensible à des phénomènes : avez-vous participé à des conférences sur les enfants en difficulté?; 2. réponse ou s’engager envers un phénomène : vous arrive-t-il d’acheter des livres sur les enfants en difficulté?; 3. valorisation ou être engagé envers une valeur et se comporter en conséquence : dans une réunion sociale, vous arrive-t-il de discuter favorablement des personnes handicapées, même si l’opposition à vos idées est forte?; 4. organisation ou inorganisation de ses valeurs en système de valeurs; 5. caractérisation ou organisation hiérarchique de ses valeurs en système de comportements __ GREC (1981).

L. CN : échelle d’*; système valeur-*; test d’*.

» Dictionnaire