1. Adapt. scol./Diagn. (QC). Dysfonction cérébrale congénitale dans le circuit auditif entraînant des limitations importantes notamment au plan de la discrimination des sons (liée à la longueur des sons plutôt qu’à leur intensité ou à leur tonalité), de l’orientation temporelle et du développement du langage et de la parole __ MEQ (10.92). Syn. alalie; aphasie congénitale; aphémie; dysphasie fonctionnelle. V mutité. VA retard du langage, C.∈ troubles sévères de développement.
2. Adapt. scol./Diagn. (Belg.). Déficit sévère du langage apparaissant avant vingt-quatre mois chez un enfant normalement intelligent, non sourd, non caractériel, mais ayant une incapacité fonctionnelle à s’exprimer, à comprendre et à intégrer les événements séquentiels auditifs indispensables à l’acquisition et à l’expression du langage __ GRENIER, B. (1983).
A. Terminologie et historique. En parcourant les ouvrages traitant de l’audimutité, on assiste à une véritable confusion terminologique. « Aphasie congénitale, aphasie développementale, aphasie infantile, oligophasie, atteinte aphasoïde, audimutité, dyslogie, trouble du langage » sont autant de termes référant probablement à des degrés divers d’une même réalité. Plusieurs définitions de l’audimutité ont été établies, toutes aussi différentes les unes des autres. Le manque de cohérence à travers les définitions a cependant entravé l’établissement d’un profil de la personne audimuette. Au début du siècle, Émil FRÖSCHELS (1918) parle d’enfants qui apparaissant être sourds sans l’être vraiment, ils manifestent plutôt ce qu’il désigne comme étant une inexcitabilité acoustique. Il les décrit comme étant amnésiques auditifs. Selon lui, il serait intéressant d’orienter les recherches sur la transformation de la pensée en langage. Helmer R. MYKLEBUST (1954) rapporte, qu’à l’exclusion de sa nature congénitale, l’aphasie chez l’enfant n’est aucunement différente de celle de l’adulte quant à la définition et aux classifications possibles. L’aphasie congénitale résulterait d’un dommage au cerveau et elle serait, par définition, un désordre au plan de l’utilisation des symboles constituant le langage. On noterait une inhabileté à comprendre le langage d’autrui, à parler et à utiliser le langage intérieur comme stratégie cognitive. En 1960, Jon EISENSON dénote l’existence d’un syndrome rare faisant penser à l’aphasie infantile et résultant d’une dysfonction cérébrale. Ce syndrome peut inclure, outre un trouble du langage, des comportements tels que : répétitivité, hyperactivité, labilité émotionnelle, réponses inconstantes, inefficacité auditive, déficience intellectuelle et trouble perceptuel. D’après Jon EISENSON (1972, 1985), les comportements déviants et les difficultés d’apprentissage chez les enfants n’ayant ni déficience intellectuelle, ni atteinte sévère des mécanismes sensoriels doivent être considérés comme les indicateurs d’une dysfonction du système nerveux central __ id.
B. Définition (QC). En 2000, le MEQ considère qu’« [un] élève ayant une déficience auditive est celui ou celle dont l’ouïe, évaluée à l’aide d’examens standardisés par un ou une spécialiste, révèle un seuil moyen d’acuité supérieur à 25 décibels pour des sons purs de 500, 1 000 et 2 000 hertz, perçus par la meilleure oreille ».
C. Particularités (QC). Troubles toujours présents : troubles langagiers, troubles de perception auditive, troubles d’abstraction, troubles de généralisation, troubles de perception du temps. Troubles qui peuvent s’ajouter aux précédents à des degrés variés : troubles praxiques, troubles de motricité fine ou grossière, troubles de parole, troubles de perception visuelle, troubles d’orientation spatiale, troubles du comportement __ id.
D. Éduc. (QC). Au Québec, les services éducatifs sont offerts dans une école spéciale ou dans une école ordinaire, en classe ordinaire ou spéciale; les enfants audimuets en classe spéciale sont regroupés avec des enfants ayant diverses déficiences; les services de réadaptation, lorsqu’ils sont disponibles, sont principalement donnés en orthophonie __ id.