AUTOGESTION PÉDAGOGIQUE

Org. scol./Péd. Système d’organisation de la population et de la vie sociale dans lequel l’organisation et la gestion cessent d’être la propriété privée de quelques-uns (groupes minoritaires, castes ou classes dominantes) pour devenir propriété collective __ LAPASSADE, G. (1967). V approche de l’autogestion pédagogique/organique; pédagogie institutionnelle. VA paradigme de la dialectique sociale, F/sociointeractionnel, D.

A. Origine. La notion d’autogestion pédagogique a fait son apparition publique à Royaumont au début des années 1960. Puis quelques expériences ont été tentées à tous les niveaux du système français par le Groupe de pédagogie institutionnelle fondée en 1963 __ LAPASSADE, G. (1971). L’autogestion pédagogique était définie alors « comme un système d’éducation dans lequel le rapport de formation est, en principe, aboli. Ce sont les « enseignés » qui décident de ce qui doit être leur formation, et qui la gèrent »__ id. Cependant, l’autogestion pédagogique avait aussi au point de départ une autre visée, à savoir la contestation du système actuel des institutions sociales par la construction de contre-institutions qui doivent fonctionner « comme des analyseurs qui font apparaître les éléments cachés du système » __ BERTRAND, Y. et VALOIS, P. (1982).

B. Inspirations. Marquée par le marxisme, l’autogestion l’est aussi par les courants de la psychologie clinique (...). Dans le cadre de la pédagogie institutionnelle, il est vrai que les techniques d’intervention en groupe sont fortement utilisées et que l’influence de Carl ROGERS est omniprésente __ id.

C. Nature. La méthode non directive, telle que conçue par Carl ROGERS aux États-Unis et reprise par Michel LOBROT en France, consiste selon ce dernier à mettre une personne ou un groupe de personnes en situation de résoudre certains problèmes en facilitant la communication du groupe et, ultimement, celle de l’individu avec lui-même. La qualité de cette communication favorisera ou empêchera éventuellement la résolution des problèmes rencontrés. Les individus, ayant un besoin naturel de s’informer sur leur fonctionnement et une tendance vers le développement, formuleront des désirs et des demandes auxquels ils voudront répondre. Le principe de la demande constitue l’axe de la pédagogie non directive. L’individu est capable, en effet, d’initiative et de choix. (...) Nous retrouvons la même argumentation dans Pratique de l’autogestion éducative de Philippe KAEPPELIN. Ce dernier rappelle que le terme de « non-directivité », qui désigne l’attitude ou l’orientation pédagogique de l’éducateur, fut initialement explicitée par Carl ROGERS dans le contexte de l’entretien thérapeutique pour être ensuite appliquée au groupe de diagnostic et au groupe de travail. Cette attitude, selon KAEPPELIN, inaugure un nouveau type de relation entre l’enseigné et l’enseignant, remet en question leurs rôles respectifs et modifie la relation de pouvoir où l’un domine l’autre. Ainsi, le principe de la demande fonde l’orientation non directive de sorte que la relation éducative n’est pas centrée sur les désirs et les problèmes de l’éducateur. KAEPPELIN précise alors que « la fonction de l’éducateur consiste à se mettre à la disposition du groupe avec tous les moyens qu’il peut fournir » __ id.

D. Directives/directions. Il n’en demeure pas moins pour KAEPPELIN que le terme de non-directivité est « pourri » et qu’il ne faut pas confondre l’absence de directives avec l’absence de direction. Il distingue la non-directivité non coopérative où « l’animateur informe seulement le groupe en observateur de ses aléas, au long de sa progression » et la non-directivité coopérative où l’animateur répond « aux demandes du groupe par des interventions structurantes ». Cette dernière attitude débouche, selon KAEPPELIN, sur le chemin de l’autogestion éducative. Ce terme « postule une activité commune intégrale de la collectivité qui se prend elle-même en charge comme tout ». L’autogestion éducative dépasse donc la non-directivité individuelle ou sociale préconisée par Carl ROGERS parce qu’elle met « en question la directivité structurale d’un organisme social et de ses institutions ». KAEPPELIN conclut sur le thème de la non-directivité, que celle-ci implique un certain passage du niveau du groupe à celui des institutions __ id.

E. CN : paradigme de l’*.

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