1. Gén. Liberté et droit relatifs de décider, de choisir et d’agir d’une personne ou d’une collectivité, par elle-même, sans aucune sujétion externe. Qsyn. indépendance; liberté.Ant. asservissement; assujettissement; dépendance; servitude; soumission; subordination; sujétion.VA W.
2. Adm. éduc.État d’une organisation éducationnelle qui dispose d’une grande liberté d’action et de décision.
3. Diagn./Did./Péd./Psych. cogn. Liberté relative d’un sujet de déterminer ses objectifs, de choisir les moyens de les atteindre et d’évaluer ses apprentissages tout en faisant montre que cette prise en charge personnelle favorise sa réussite scolaire. VA R, S et T; atelier, K; compétence, V; curriculum cognitiviste, A/humaniste, B; enseignement modulaire, D; idéologie; lecteur, C; situation pédagogique, B; taxonomie de HUNT, A, B et F/de TERRISSE et DANSEREAU, B. EA niveau conceptuel.
4. Fond. éduc. Finalité éducationnelle qui vise et qui reconnaît un droit et une responsabilité, pour un individu ou une collectivité, à se prendre en charge pour fixer ses orientations, déterminer ses principes d’action, effectuer des choix, prendre des décisions et manifester une indépendance relative dans ses comportements. VA discours pédagogique, 4; écologie éducationnelle, F; finalité, E et I; paradigme de la dialectique sociale, F. EA niveau conceptuel.
5. Mor./Pol.État d’une nation qui se gouverne elle-même sans qu’une collectivité externe ou un pays étranger lui dicte ses choix et ses orientations. VA déterminisme, C.
6. Psych. Capacité d’une personne à décider, à mettre en œuvre ses décisions et à satisfaire ses aspirations propres et ses besoins particuliers sans une nécessaire dépendance envers autrui. Qsyn. autonomie globale. Ant. allonomie; hétéronomie. VA discipline, F; pensée critique, F.
7. Soc. Capacité d’une collectivité à décider par elle-même, à mettre en œuvre ses décisions et à satisfaire par elle-même ses besoins particuliers sans assujettissement à une autorité extérieure ou à une domination étrangère. Qsyn. autonomie globale. Ant. hétéronomie. VA discipline, F.
A. Étym. Du grec autos, soi-même, lui-même; nomos, ses propres lois et autonomos, qui se gouverne avec ses propres lois.
B. Valeurs. Dans la littérature pertinente, on associe clairement l’autonomie à un ensemble de valeurs et non à des besoins immédiats ou à des caprices __ GOUDREAU, R. et MATHIEU, J.-J. (1981). Consiste à se faire à soi-même sa loi, et à disposer de soi dans les diverses situations par une conduite en harmonie avec sa propre échelle de valeurs (...). Être autonome, c’est choisir entre les valeurs et courants d’opinion divers qui nous sont offerts et adhérer d’une manière lucide à telle ou telle de ces valeurs pour les faire siennes __ LAFON, R. (1973).
C. Personne autonome. La personne autonome opère un contrôle sur sa vie ou en a au moins l’impression __ KENT dans OSTERBIND, C. C. (1972).
D. Perception incomplète. Sur la base d’une étude réalisée par la fondation Personal Autonomy Initiative, B. F. HOFLAND (1990) souligne que près de 40 % des auteurs définissent l’autonomie seulement au regard de son acception minimale, c’est-à-dire l’autonomie physique.
E. Politique du tout ou rien. En dépit de la reconnaissance théorique d’un continuum de l’autonomie, certains auteurs persistent à y référer en termes de présence ou d’absence absolue. Ainsi, on dira d’une personne qu’elle est autonome et d’une autre, qu’elle ne l’est pas __ ROCQUE, S. et al. (1999). On ne peut caractériser une personne par un seul degré désignant l’état de développement de son autonomie. L’autonomie globale d’une personne se compose en effet de plusieurs facettes. Selon les circonstances, l’état physiologique et mental de la personne ainsi que les tâches à réaliser, l’autonomie d’une personne peut emprunter les divers points d’un continuum qui relierait la dépendance absolue à l’autonomie totale. VA J.
F. Autonomie/contexte de vie. La présence ou l’absence d’autonomie est également déterminée trop souvent sur la base exclusive du contexte de vie d’une personne. Ainsi, on dira d’une personne âgée qui réside dans la communauté qu’elle a une autonomie personnelle, contrairement à celle qui habite en résidence. L’autonomie, n’étant pas absolue mais relative, s’inscrit toujours dans un cadre d’influence. VA X et CC.
G. Finalité. Autonomie (...) phase terminale d’un processus __ LAENG, M. (1974). L’être humain ne naît pas autonome __ LEGENDRE, R. (1979). L’autonomie maximale est la fin de l’éducation, du moins en démocratie __ REBOUL, O. (1984). L’autonomie constitue un point d’arrivée et non un point de départ. VA S.
H. Autodétermination/indépendance/liberté. L’autodétermination concerne surtout le statut politique qu’assignent les citoyens à leur pays. L’indépendance exclut toute subordination ou toute soumission à une autorité extérieure. La liberté exclut la contrainte et l’esclavage. Autonomie ne saurait se confondre avec liberté absolue, ni isolement __ LAFON, R. (1973). La liberté implique pour l’individu ou la collectivité qu’ils évaluent les risques à consentir à l’exercice du droit à l’autonomie __ CMT, SEC (1984). VA T.
I. Autonomie/dépendance/indépendance. Apprendre pour l’élève, c’est changer, c’est réduire sa dépendance envers l’enseignant et abandonner certaines des satisfactions qu’elle lui apporte, c’est conquérir une autonomie plus grande et, de ce fait, s’exposer à des risques nouveaux __ PAGES, M. dans CSE (1974). L’autonomie est une forme d’équilibre volontaire entre l’acceptation d’une certaine dépendance à l’égard de l’autorité de la famille, du milieu environnant, de la société ou des pairs, d’une part, et la prise d’indépendance par rapport à ceux-ci, d’autre part __ SIROTA, A. (10.69). Le besoin d’autonomie se manifeste par le désir de se prendre en main, de se libérer des contraintes sociales et de passer outre les conventions sociales. Il s’oppose au besoin de dépendance qui se manifeste par la recherche d’un appui extérieur, moral ou instrumental __ ZAY, N. (1981). Pour un organisme, un individu, indépendance par rapport à un pouvoir central, à une hiérarchie, à une autorité; possibilité de décider sans ceux-ci __ MÉNARD, L. (2004). L’autonomie n’est pas le contraire de la dépendance ni le synonyme de l’indépendance. Selon Sylvie ROCQUE et al. (1999), l’autonomie concerne les capacités de la personne alors que le continuum dépendance/indépendance porte sur la relation établie entre la personne et un tiers au regard d’un élément particulier. Selon que cette relation est plus ou moins empreinte d’assujettissement, la personne est plus ou moins dépendante pour cet élément. L’autonomie n’exclut donc pas toute forme de dépendance. Elle suppose au contraire la liberté de choisir les personnes ou les éléments de sa dépendance au regard des contextes. VA F;interdépendance, B.
J. Axes. L’autonomie reposerait sur trois axes : 1. l’axe affectif et relationnel qui conduit à la socialisation; 2. l’axe intellectuel qui mène à la dialectique et permet la structuration de la personnalité de façon ordonnée en faisant coïncider les exigences de la liberté et de la loi; 3. l’axe psychologique qui amène à s’éprouver comme personne responsable __ HOFLAND, B. F. (1990).
K. Échelles d’évaluation. Selon G. ADANT (1994), presque toutes les échelles d’évaluation de l’autonomie sont, à vrai dire, des échelles de mesure de l’indépendance (ou de son contraire, la dépendance). VA E.
L. Critères d’évaluation. De façon générale, l’évaluation de l’autonomie d’une personne est opérée de façon implicite et arbitraire. Sans être clairement posés, les critères utilisés visent essentiellement deux grandes composantes : 1. le nombre d’éléments pour lesquels la personne semble être autonome et 2. le niveau d’autonomie supposé pour chacun de ces éléments. En l’absence de repères clairement identifiés, on comprendra facilement que l’autonomie puisse recouvrir une multitude de sens qui ne sont pas nécessairement congruents. Pour cette évaluation, la nature et le nombre d’éléments d’autonomie s’imposent implicitement par l’appartenance socioculturelle de l’évaluateur. Ainsi, les éléments d’autonomie seront différents selon que l’on habite un contexte urbain ou rural, un pays hautement industrialisé et technologique ou un pays en voie de développement, etc. En l’absence d’un consensus clair au sein d’une socioculture particulière sur les éléments d’autonomie, l’évaluation sera donc tributaire de ce qui semble s’imposer, sans pour autant être représentatifs de l’ensemble des éléments possibles au sein de cette socioculture. De plus, le niveau d’autonomie implicitement admis comme seuil minimal est fonction de ce que chaque évaluateur considère comme étant souhaitable ou acceptable et varie selon les éléments d’autonomie qui sont considérés __ ROCQUE, S. et al., 1999). Selon K. I. ZOLA (1983) dans LUDLOW, B. L. et al. (1988), ce ne sont pas tant les tâches physiques qui doivent faire l’élément d’évaluation mais bien les décisions personnelles et économiques que l’on peut prendre. Ce n’est également pas la quantité de tâches que l’on peut réaliser sans assistance qui compte, mais bien la qualité de vie qui y est associée. VA X, Z et GG.
M. Processus d’évaluation. De façon générale, l’appréciation de l’autonomie d’une personne s’opère de façon arbitraire en cumulant un certain nombre de jugements ponctuels. De façon plus ou moins consciente, l’évaluation se réalise sur chacun des éléments jugés pertinents. Il en va de même pour juger du niveau d’autonomie, et ce pour chacun des éléments déterminés. Les étapes du processus global d’évaluation de l’autonomie peuvent s’illustrer de la façon suivante : 1. Détermination d’un ensemble fini d’éléments parmi l’ensemble des éléments possibles d’une socioculture particulière. Cet ensemble de référence est exceptionnellement explicité et peut varier considérablement d’une personne à l’autre au sein d’une même socioculture. 2. Détermination d’un seuil minimal de dépendance acceptable pour chacun des éléments. 3. Évaluation de la personne réalisée en jugeant plus ou moins consciemment de sa dépendance pour chacun des éléments considérés pertinents. Ce jugement peut tenir compte des sphères de décision et d’exécution, ce qui est loin d’être toujours le cas. 4. La somme de ces évaluations ponctuelles permet ensuite une évaluation générale de l’autonomie de la personne __ ROCQUE, S. et al. (1999). VA U, X, Z et GG.
N. Condition physique. L’acquisition de l’autonomie en matière de condition physique suppose avant tout que le participant soit capable : de choisir des activités physiques dont la pratique affecte significativement l’un ou l’autre des facteurs de la condition physique, de les pratiquer dans une forme convenable, de doser ses efforts en termes d’intensité, de durée et de fréquence, d’apprécier les effets aigus de l’exercice sur son organisme __ APAPQ (1976).
O. Autonomie/conscience de soi. L’autonomie suppose la conscience de soi. L’acte autonome est un acte réfléchi, décidé en toute connaissance de cause __ ADANT, G. (1994).
P. Régression. L’autonomie n’est pas un attribut qui se développe toujours nécessairement vers l’avant. Selon les circonstances de la vie, l’une ou l’autre ou certaines facettes de l’autonomie d’une personne peuvent régresser.
Q. Apprentissage graduel. On peut parler d’une acquisition graduelle d’autonomie aux différents niveaux du développement __ LAENG, M. (1974). L’autonomie, en éducation comme ailleurs, ne s’acquiert que progressivement __ LEGENDRE, R. (1979). Il existe des niveaux d’atteinte de l’autonomie __ FLYNN, J. D. (1980). L’apprentissage de l’autonomie est empreint de mouvement et de sens : ce n’est donc pas un état, c’est un processus __ PÔLET-MASSER, A. M. (1993). L’autonomie est constituée d’un ensemble hiérarchisé de degrés situés sur un continuum. VA G.
R. Péd. La tâche d’apprentissage doit être un défi possible à relever pour le sujet dans le cadre d’une situation pédagogique; cette tâche ne doit pas être en deçà ni au-dessus des possibilités d’un sujet. (...) Si l’on considère l’atteinte de l’autonomie, dans l’apprentissage d’un secteur particulier de connaissances, comme étant un cheminement progressif, on doit donc concevoir les stratégies d’apprentissage dans une optique de dirigisme dégressif __ LEGENDRE, R. (1979). Pour certains, l’autonomie désigne simplement le droit de l’enfant à ce qu’on respecte les lois de son évolution, en ne brûlant pas les étapes marquées par la nature à son développement physique et psychologique; pour d’autres, elle signifie que l’enfant a sa personnalité morale, tout comme l’adulte, et qu’il n’est pas permis de le brimer ni de le contraindre arbitrairement; pour d’autres enfin, il semble que l’autonomie ne soit pas autre chose que la licence accordée à l’enfant de « suivre nature » sans qu’il soit besoin de distinguer entre les suggestions de la nature corrompue de celles de la nature demeurée saine ou réparée __ JAOUEN dans KESSLER, A. (1964). L’autonomie consiste pour l’élève à se donner ses propres fins, ses propres méthodes, sa propre évaluation. (...) là encore l’autonomie ne peut être que relative, susceptible de degrés et de progrès. (...) deux dangers : la supposer trop tôt, ce qui ne peut que décourager l’élève, et ne pas l’admettre là où elle est possible, ce qui revient à l’entraver __ REBOUL, O. (1984). La surcharge d’informations issue de l’emploi abusif d’exercices et de répétitions, autant que la carence d’informations issue d’une permissivité excessive, peuvent plonger l’élève dans un même abîme de paralysie et d’ignorance __ KUBIE, L. S. dans DUMAS, J. Les liens entre l’autonomie et la liberté sont complexes. Être autonome signifie se libérer sans toutefois se libérer totalement. Être autonome fait progresser vers une expérience plus grande d’être soi-même, mais en demeurant lucide et responsable __ HOFLAND, B. F. (1990). VA H.
S. Stratégies d’intervention. Selon McCLUSKY, trois stratégies d’intervention peuvent concourir à l’atteinte d’un degré cible d’autonomie : 1. en réduisant le degré visé; 2. en accroissant les ressources personnelles, et 3. en combinant les deux stratégies précédentes __ LOWY, L. (1989). Pour une personne, un degré cible d’autonomie s’établit en fixant les exigences (objectifs) légèrement au-dessus de ses capacités __ id.
T. Situation pédagogique. L’autonomie d’un sujet s’apprécie en fonction de l’ensemble des composantes et des relations au sein d’une situation pédagogique. Le degré d’autonomie d’une personne peut varier d’un secteur d’études ou d’activités à l’autre : une personne peut être très autonome en arts (objet) mais très peu en mathématiques, ou vice versa. Une méthode d’enseignement (agent) peut nécessiter ou permettre plus ou moins d’autonomie chez le sujet.
U. Autonomie et socioculture. Dans une socioculture particulière, un ensemble fini d’éléments s’impose implicitement comme étant représentatif d’éléments incontournables pour juger de l’autonomie d’une personne. Sans pour autant faire consensus de façon explicite, il est généralement admis dans les sociétés industrialisées, que l’on soit d’une grande dépendance au regard des éléments suivants : réparation des produits électriques ou électroniques, réalisation du rapport d’impôt, confection des vêtements et des produits alimentaires fondamentaux tels le pain, la farine, etc. Le marché des biens et des services témoigne largement d’ailleurs de ces diverses dépendances. Par conséquent, le jugement porté sur l’autonomie d’une personne est toujours limité aux éléments d’un ensemble fini. Même si une personne manifeste de fortes dépendances pour des éléments qui ne sont pas inclus dans cet ensemble, elle conserve à ses yeux et à ceux d’autrui, son statut de personne autonome. Paradoxalement, lorsque l’on examine le sort des personnes vulnérables d’une socioculture particulière, l’évaluation devient impitoyable. D’une part, le statut de personne autonome semble soit inaccessible, étant donné le nombre important d’éléments à considérer (le cas des personnes présentant des incapacités intellectuelles en témoigne de façon éloquente) ou soit toujours menacé par un accroissement de dépendance au regard de quelques éléments, par exemple, pour les aînés. D’autre part, il semble bien que pour les personnes vulnérables, l’implicite qui prévaut pour juger de l’autonomie ait pour conséquence directe : 1. d’accroître indûment les attentes; 2. d’exiger le niveau « zéro dépendance » pour tous les éléments sur lesquels porte le jugement et 3. de masquer leurs capacités réelles en limitant le jugement à quelques éléments, qu’ils soient pertinents ou non. L’effet de halo semble jouer dans ces cas puisque ces éléments deviennent trop souvent ceux qui sont déterminants pour établir ou retirer le statut d’autonomie __ ROCQUE, S. et al., 1999).
V. Sphères impliquées. Le concept d’autonomie recouvre deux grandes sphères d’activités humaines : la sphère des décisions et la sphère de l’exécution __ id. VA BB.
W. Sujétion. Le concept de sujétion est fondamental pour saisir la nature de l’autonomie. Ce concept témoigne de la relation établie entre la personne et les éléments sur lesquels se porte sa capacité de décider ou d’agir. C’est le niveau de sujétion qui permettra de juger de l’autonomie d’une personne. Ce concept clé permet de dissiper l’une des confusions les plus fréquentes, soit celle de lier l’autonomie à la capacité d’agir seul, en l’absence de toute forme d’assistance de quelque nature que ce soit. L’autonomie n’exclut pas les relations à autrui, mais bien les relations empreintes de domination ou de subordination. Ce concept permet également de considérer simultanément l’autonomie et l’interdépendance __ id. V sujétion. VA DD; autonomie assistée, A.
X. Autonomie/nature écologique. L’autonomie est un concept de nature écologique. La liberté, le droit et la capacité de décider et d’agir de la personne sont tributaires, à maints égards, du milieu dans lequel vit la personne. Ces milieux sont d’envergure différente, allant de la socioculture aux contextes proximaux dans lesquels évolue la personne. Ces différents milieux ont des conséquences directes sur les paramètres impliqués dans l’autonomie. À l’échelle macrosystémique, c’est l’appartenance à une socioculture particulière qui détermine les éléments d’autonomie, c’est-à-dire ce sur quoi porte la liberté, le droit et la capacité de décider et d’agir de la personne. En effet, tant par les schèmes de valeurs que par le niveau de développement social, culturel, économique, technologique ou autre, la socioculture fournit l’ensemble des repères pour établir les éléments admissibles, acceptables et essentiels de l’autonomie. Cette socioculture représente donc la trame de fond qui détermine et limite à la fois l’univers de la liberté et du droit de la personne. Ce n’est donc pas la nature de l’autonomie qui peut varier d’une culture à l’autre, mais bien les éléments et les paramètres socioculturels sur la base desquels l’autonomie de la personne sera jugée. À l’échelle microsystémique, chacun des contextes proximaux de la personne est déterminant pour juger de l’autonomie de la personne. En fonction de l’existence ou de la disponibilité des ressources adaptées à ses caractéristiques, la personne est plus ou moins assujettie à un tiers dans sa capacité de décider et d’agir. Par exemple, une personne de petite taille se retrouve dans une situation de grande dépendance dans un milieu conçu par et pour des personnes de taille normale. Même si sa capacité de choisir n’est pas soumise à la sujétion à autrui, il n’en demeure pas moins que sa capacité d’agir en vue de la satisfaction de nombre de ses besoins est assujettie à toute personne de son entourage. Il en va de même pour les personnes mal voyantes. Si les habiletés de la personne n’ont pas été développées pour lire le braille, par exemple, elle est toujours en situation de dépendance pour toute activité portant sur du matériel écrit. Dans l’optique où cette personne maîtrise la lecture braille, elle se retrouve néanmoins dans une dépendance tout aussi grande en l’absence de tout matériel présenté sous cette forme. Ces deux exemples illustrent bien que l’autonomie s’évalue dans l’optique de la dynamique interactive Personne-Milieu. Par conséquent, juger de l’autonomie d’une personne sans égard au contexte n’a guère de sens __ id.
Y. Autonomie/personnes qui présentent des incapacités intellectuelles. Qu’elle concerne les personnes qui présentent des incapacités intellectuelles ou celles sans incapacités, l’autonomie demeure la même capacité. Cependant, les conduites autonomes peuvent varier dans leur forme d’expression. De plus, les éléments qui font l’objet de ces conduites sont à établir de façon explicite __ id.
Z. Autonomie/besoins des personnes présentant des incapacités intellectuelles. Le développement d’instruments d’évaluation de l’autonomie repose sur une définition claire et suppose l’identification des besoins des personnes présentant des incapacités intellectuelles __ id. VA K, L et M.
AA. Problématique. Bien que l’intention poursuivie dans l’éducation des personnes qui présentent des incapacités intellectuelles soit non équivoque et fasse l’objet d’un certain consensus social et éducationnel, il n’en demeure pas moins que l’autonomie demeure un concept évanescent depuis près d’un siècle. Par conséquent, les programmes et les interventions témoignent des conceptions personnelles de chacun des agents d’éducation, à titre de concepteurs de programmes ou d’intervenants directs. Selon M. FINE et A. ASCH (1988), l’autonomie des personnes qui présentent des incapacités intellectuelles se révèle un concept confus parce que les paramètres qui servent à circonscrire ce type d’incapacités sont nébuleux. Selon Sylvie ROCQUE et al. (1999), cette problématique serait davantage tributaire de la confusion qui prévaut quant au concept d’autonomie.
BB. Autonomie/« independence ». Dans le corpus analysé (domaine des déficiences et incapacités), le terme « independence » est utilisé comme synonyme de « autonomie ». Pour A. P. TURNBULL et H. R. TURNBULL (1985), entériné par M. L. WEHMEYER (1992) et R. LUKASSON (1988), le terme independence est défini de façon à inclure l’autonomie de décision et l’autonomie d’exécution. VA V et JJ.
CC. Autonomie/situations de handicap. Le développement ou le maintien de l’autonomie consiste à faciliter ou à permettre la réalisation d’actions dans un environnement spécifique en supprimant, réduisant ou contournant les obstacles impliqués dans le processus de production de situations de handicap __ ROCQUE, S. et al., 1999).
DD. Autonomie/aide. Selon HEUMAN dans L. FRIEDEN et J. A. COLE (1985), l’autonomie n’implique pas forcément une réalisation sans assistance. Comme le soulignent B. L. LUDLOW et al. (1988), l’autonomie est également la liberté de choisir les personnes susceptibles de nous aider. V autonomie déléguée. VA W.
EE. Autonomie tardive. Selon HÉMOND et TROTTIER (1985), dans le cas de la théorie du retard mental, pour les personnes qui présentent des incapacités intellectuelles, dont l’horloge personnelle et sociale tourne au ralenti ou selon un autre rythme, l’acquisition de l’autonomie s’effectue d’une façon plus tardive, mais la plupart des apprenants finissent quand même par y arriver.
FF. Nature propre. LELAND et al. (1968) dans B. L. LUDLOW et al. (1988), soulignent que le développement de l’autonomie des adolescents qui présentent des incapacités intellectuelles et celui des adolescents « normaux » sont semblables à plusieurs égards. C’est la nature de cette autonomie qui diverge. Pour les adolescents « normaux », le développement de l’autonomie de décision vise à accroître la distance avec la famille et les professionnels (éducateurs, etc.). Pour les adolescents qui présentent des incapacités intellectuelles, c’est plutôt l’exécution de tâches réalisées en conformité avec les attentes sociales et communautaires qui fait l’objet du développement de l’autonomie.
GG. Évaluation. Selon LELAND (1973) dans B. L. LUDLOW et al. (1988), l’évaluation de l’autonomie des personnes qui présentent des incapacités intellectuelles se résumerait à la simple question de tâches à réaliser sans la supervision de figures d’autorité.
HH. Finalité de l’éducation. Richard B. DEVER (1989) souligne qu’une fois le diagnostic posé, la priorité doit être accordée à l’éducation de la personne qui présente des incapacités intellectuelles afin de l’aider à devenir autonome et à s’intégrer dans la communauté. Cette finalité fait consensus tant dans les milieux professionnels qu’auprès des chercheurs. VA II.
II. Domaines spécifiques. Selon Richard B. DEVER (1989), la finalité de l’éducation des personnes présentant des incapacités intellectuelles doit être traduite par un ensemble de buts et d’objectifs centrés sur l’autonomie dans cinq domaines spécifiques : 1. soins personnels et développement; 2. vie résidentielle et communautaire; 3. travail; 4. loisirs et 5. déplacements. Ces cinq domaines font d’ailleurs l’élément d’une taxonomie développée par cet auteur.
JJ. Autonomie/expression pour les personnes présentant des incapacités intellectuelles. Sur la base de l’essai de définition du concept « independence » proposé par Richard B. DEVER (1983, 1988, 1989, 1990), l’autonomie peut s’exprimer sous des formes diverses et variées selon : 1. les caractéristiques des personnes; 2. le contexte qui prévaut lors de l’exécution et 3. les finalités, les buts et objectifs poursuivis par la personne ou par ceux qui en ont la responsabilité. Ayant appliqué cette définition au cas particulier des personnes présentant des incapacités intellectuelles, DEVER souligne que les comportements doivent faciliter l’intégration sociale, permettre d’éviter ou d’amenuiser les risques de discrimination ou de ségrégation ou encore une limitation à la seule intégration physique. À cette fin, l’auteur propose que l’expression de ces comportements soit représentative des comportements normatifs (établis sur la base d’individus d’âge et de statut social semblables à ceux de la personne présentant des incapacités intellectuelles). Ces comportements doivent s’exprimer de façon telle que la personne qui présente des incapacités intellectuelles ne soit pas perçue comme requérant de l’aide pour l’expression de son autonomie (independence). VA autonomiefonctionnelle, D.
KK. Typologie __ ROCQUE, S. et al. (1999).
Source : ROCQUE, S. et al. (1999)
AUTONOMIE ADMINISTRATIVE ET FINANCIèRE ADMINISTRATIVE AND FINANCIAL AUTONOMY
Adm. éduc./Lég. éduc. Situation statutaire des établissements d’enseignement dotés de la personnalité juridique, qui disposent de pouvoirs propres en matière d’organisation interne et de gestion financière, dans le cadre général des lois et règlements __ CMTE (Fr.) (1992).
A. Écoles maternelles et élémentaires (Fr.). Les écoles maternelles et les écoles élémentaires ne bénéficient pas de l’autonomie administrative et financière __ id.
B. Gestion (Fr.). Dans les établissements scolaires possédant l’autonomie administrative et financière, le conseil d’administration vote le budget et le compte financier et se prononce sur les actes importants de gestion interne. Le chef d’établissement, qui est de droit président du conseil d’administration, est également le représentant de l’État au sein de l’établissement. Il est notamment responsable de l’exécution du budget. Le gestionnaire qui l’assiste peut exercer les fonctions d’agent comptable; toutefois cette responsabilité est assez souvent assurée, dans le cadre d’un groupement comptable, par un fonctionnaire en poste dans un autre établissement __ id.