Gén. Autonomie relative à la satisfaction personnelle de besoins particuliers qui se met en œuvre par la réalisation d’actions, d’activités ou de tâches __ ROCQUE, S. et al. (1999). VA autonomie, KK; autonomie déléguée, B.
A. Autonomie de décision/d’exécution. Les liens établis entre l’autonomie d’exécution et l’autonomie de décision sont très étroits. La nature de ces liens peut se qualifier de synergique, en ce sens que l’autonomie d’exécution doit offrir des possibilités d’accroître le champ de réalisation de l’autonomie de décision, lequel en retour permet d’accroître le champ de réalisation de l’autonomie d’exécution. Sans définir ces concepts, B. J. COLLOPY (1990) suggère néanmoins que cette distinction faciliterait l’usage du concept d’autonomie, pour les personnes âgées, en distinguant ce qui relève des capacités intellectuelles et des capacités physiques. Selon cet auteur, les personnes en perte d’autonomie d’exécution doivent être aidées dans une optique qui prolonge leur autonomie de décision, ce qui implique le respect de leurs préférences, leurs buts, leurs valeurs et leurs styles de vie __ ROCQUE, S. et al. (1999).
B. Réadaptation. La distinction entre autonomie de décision et autonomie d’exécution semble pouvoir être reconduite dans le domaine de la réadaptation. G. ADANT (1994) donne l’exemple suivant : « un client tétraplégique ou un autre au stade terminal d’une longue maladie peuvent être pleinement autonomes dans le sens où, en pleine conscience, ils ont la possibilité de juger ce qui est bon pour eux allant même jusqu’à refuser d’exister ».
C. Ambiguïté. En l’absence d’une distinction entre l’autonomie de décision et l’autonomie d’exécution, certaines situations apparaissent ambiguës notamment celle de parler de la perte d’autonomie des personnes âgées, supposant dans ce cas, que la perte d’autonomie d’exécution témoigne de la perte d’autonomie de décision. Ce qui est loin d’être toujours le cas __ ROCQUE, S. et al. (1999).
D. Personnes présentant des incapacités intellectuelles. D. J. SANDS et M. L. WEHMEYER (1996); M. L. WEHMEYER (1992), B. L. LUDLOW et al. (1988) et A. P. TURNBULL et H. R. TURNBULL (1985) mettent en évidence le fait que l’autonomie des personnes présentant des incapacités intellectuelles soit trop souvent limitée à la seule sphère de l’exécution, tant pour le développement que pour l’évaluation de leur autonomie. Celle-ci n’est donc pas le simple fait de la réalisation de tâches et d’activités physiques quotidiennes. Elle concerne aussi les choix quant aux activités à réaliser. Se portant à la défense des droits des personnes présentant des incapacités intellectuelles, M. L. WEHMEYER et M. LAWRENCE (1995) déplorent que pendant de nombreuses années, ces personnes n’ont guère eu la chance de développer leur capacité à faire des choix. Malgré quelques initiatives favorisant la sphère des décisions, dont la participation de la personne présentant des incapacités intellectuelles à l’élaboration de son plan de services individualisés PSI ou de son plan d’intervention personnalisé PIP ainsi que la création du Mouvement Personne d’Abord, force est de constater encore actuellement, des situations où toute éducation dans ce sens est trop souvent absente. Dans certains cas, c’est l’expression même des goûts et des préférences de ces personnes qui est réprimée. Dans cette optique, poser l’autonomie comme capacité recouvrant ces deux grandes sphères peut s’avérer pertinent tant pour ces personnes que pour celles qui ont un mandat d’éducation ou de formation à leur endroit __ ROCQUE, S. et al. (1999).