BÉHAVIORISME

1. Did./Ens. lang./Péd. VA approche neurolinguistique, B4; approches didactiques en langues, F; curriculum, J.

2. Psych. (Gén.). École de psychologie contemporaine qui conçoit cette discipline comme la science naturelle qui étudie le comportement à l’exclusion de tout autre objet et qui a recours à l’observation et à l’expérimentation à l’exclusion de toute autre méthode. V connexionnisme. VA curriculum, J; design pédagogique, C.4; psychologie, D; schéma curriculaire, D.2, D.4, D.7 et E. TA empirisme; positivisme.

3. Psych. (Spéc.). Position en psychologie qui, ou bien en niant l’existence du psychisme, ou bien en refusant que celui-ci soit un objet d’études possible et légitime, conçoit cette discipline comme l’étude des manifestations observables d’un organisme animal ou humain (ou comportements), envisagées comme le produit d’un apprentissage où le conditionnement joue un rôle clé. VA associationnisme, A; besoin, F; cartésianisme, B; cognitivisme, C; compétence, C; contrat de contingence; dépression, E; empirisme, I; mentalisme; motivation, B et D; phénoménologie, B; philosophie, D; positivisme, E et G; sensualisme, A; utilitarisme, B.

A. Historique. C’est par le manifeste de John B. WATSON (1878-1958), « La psychologie telle que le béhaviorisme la voit » (1913), que le béhaviorisme prend officiellement sa place parmi les théories psychologiques. WATSON y exclut tout appel aux processus mentaux et dénie leur accès par l’introspection pour n’admettre que les comportements observables, conditionnés, selon des principes scientifiques stricts, par des stimulations également observables. S’inspirant du positivisme, cette « science du comportement » remplace la « science de la conscience » des psychophysiciens (WUNDT, TITCHENER, FECHNER) et « la science de l’inconscient » des psychanalystes (FREUD). V positivisme. Initialement axé sur l’association entre les sensations du conditionnement classique (PAVLOV) et les connexions stimulus-réponse du conditionnement instrumental (THORNDIKE), l’apprentissage est défini par le béhaviorisme radical comme une modification des comportements grâce au conditionnement opérant (SKINNER). Le néobéhaviorisme contemporain réintroduit cependant des variables mentales sous la forme de conduites orientées vers des buts (TOLMAN), d’actions guidées par des hypothèses (HULL) ou de stratégies comportementales obéissant à des plans (MILLER, GALANTER et PRIBRAM). En insistant sur le comportement, le béhaviorisme s’avoue héritier du pragmatisme où l’action est primordiale; en prônant la dépendance active et adaptative envers le milieu, il s’inspire du darwinisme; en cherchant l’origine de tout comportement dans les conditions sensorielles stimulantes, il est phénoménaliste; mais, en encadrant les sensations dans des mesures spatiotemporelles qui les élèvent au rang de stimuli, il se fait physicaliste; enfin, en fondant tout lien entre les stimuli et les comportements sur des connexions neurophysiologiques, il s’affirme matérialiste et associationniste.

B. Psych. éduc. Le béhaviorisme réduit le développement à l’apprentissage en postulant l’acquisition associative de tout comportement. Il se distingue ainsi des autres écoles en psychologie (cognitivisme, humanisme). Insistant sur l’objectivité de ses recherches, le béhaviorisme réduit la science de l’homme à une observation de ses comportements qui, acquis par conditionnement, sont des attributs ontogéniques. D’ailleurs, pour SKINNER, seules les fluctuations de fréquence des types de comportements sont admissibles comme objets d’études sans qu’aucune explication ne soit introduite. Le béhaviorisme évacue ainsi toutes les entités inobservables telles que l’âme, l’esprit, la pensée, la conscience, les attitudes, etc. L’être humain et l’animal sont alors soumis aux mêmes investigations et obéissent aux mêmes lois gouvernant les apprentissages : lois de l’effet, de l’usage, de l’exercice (THORNDIKE). V cognitivisme; humanisme.

C. Éduc. Si à partir de WATSON, l’éducation est une préoccupation constante chez bon nombre de béhavioristes, ce n’est toutefois qu’avec les travaux de SKINNER que ce mouvement a un véritable impact sur ce secteur d’activités. SKINNER, comme ses prédécesseurs, promeut une thèse culturaliste selon laquelle la contribution de notre nature (innée) à notre être est minimale. Cela implique virtuellement, en droit, la totale éducabilité de l’être humain. Mais SKINNER propose en fait une conception de l’éducation calquée sur son modèle du conditionnement opérant. Tout apprentissage doit alors être défini en termes de comportements observables. Un comportement complexe est considéré comme la somme des comportements élémentaires qui le constituent. Chacune des étapes menant de comportement élémentaire en comportement élémentaire au comportement complexe doit faire l’objet d’un renforcement. L’organisation systématique d’un ensemble de contingences de renforcement permettant un apprentissage constitue un programme, et cette notion est à la base de l’enseignement programmé. De tels programmes pouvant être administrés par une machine, SKINNER propose l’introduction de machines à enseigner. L’influence de ces idées a été considérable et se fait encore sentir en particulier sur la question de la définition des objectifs en éducation et sur les apprentissages et l’enseignement assistés par ordinateur.

D. Critiques. De nombreuses critiques ont été adressées au béhaviorisme. En ce qui concerne sa conception de l’éducation, on lui a notamment reproché son empirisme strict et ses positions idéologiques. En n’accordant de réalité qu’aux faits observables, SKINNER est conduit à définir tout apprentissage en terme de comportements : certains y voient la négation de tout apprentissage intellectuel et donc de la dimension intellectuelle de l’éducation __ BARTHOLY, M. C. et DESPIN, J.-P. (1984). Les humanistes (MASLOW, A., 1908-1970; ROGERS, C., 1902-1987) et les rationalistes (CHOMSKY, N., 1928-) ont aussi dénoncé le scientisme, la dimension technocratique de contrôle et de domination et l’utilitarisme de l’idéologie béhavioriste.

E. CN __ béhavioral,e : approche *; approche cognitivo-*; approche structuro-*; écologie *; objectif *.

F. CN __ béhavioriste : approche *; approche néo*; curriculum *; paradigme *; psychologie *; tendance *.

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