1. Gén.Écart entre une réalité et une norme; exigence qui résulte d’une différence entre ce qui est et ce qui devrait être. VA S et W.
2. Spéc. Manifestation, intrinsèque ou extrinsèque, consciente ou inconsciente, d’une carence ou d’un impératif, naturel ou culturel, chez un sujet en particulier, relativement à un objet spécifique qui se caractérise par sa nécessité __ RODRIGUE, T. (1999).
3. Spéc. Sentiment de nécessité ou de désir qu’éprouve une personne dans une réalité présente particulière au regard d’une situation différente qu’elle juge davantage souhaitable ou indispensable.
4. Adm. éduc.État d’insatisfaction organisationnelle ou personnelle dû à un sentiment de manque ou à un écart perçu entre une situation actuelle et une situation souhaitée. V cycle (général) d’évolution.
5. Bio. État de tension du sujet créé par une rupture de l’équilibre homéostatique (manque ou déficit de l’organisme) engendrant une pulsion __ LAENG, M. (1974).
6. Did./Doc. Expression de manques ou d’exigences chez une population scolaire par rapport à un niveau de satisfaction de référence __ BIBEAU, J.-R. (06.87). EA évaluation de programme.
7. Éduc. Absence, carence, déficit, manque qu’un individu doit nécessairement combler chez lui pour assurer sa survie, son épanouissement ou son développement. Ex. : Pour un analphabète, apprendre à écrire et à lire est un besoin primaire dans une société lettrée où l’écriture est un fondement des communications __ BIBEAU, J.-R. (06.87). V curriculum humaniste.
8. Ing./Ing. éduc. L’exigence ou le désir fondamental qui nécessite (ou a nécessité) la création du produit __ PETITDEMANGE, C. (1985). VA analyse de la valeur, P; analyse de la valeur pédagogique, C; produit, C.
9. Psych. Force interne à la personne qui, partant de l’identification d’une carence, suscite la motivation et incite à l’atteinte d’objectifs ou à la modification, de contextes ou de conditions de vie.
A.Évolution de la notion. Dans la littérature, les écrits sur la notion de besoin reflètent l’importante évolution que ce concept a subie au cours du siècle dernier. Avant les années 1940, besoin ne faisait référence qu’au domaine « physique » : l’humain avait besoin de boire, de manger, de se reposer, etc.; ce qui correspond aujourd’hui à ce que Abraham H. MASLOW et Malcolm S. KNOWLES (1973) appellent des besoins physiologiques ou de survie. Ce n’est que vers le milieu du siècle qu’on découvrait que l’être humain pouvait avoir besoin d’attention, besoin de se surpasser, besoin d’être estimé, etc. Le domaine « psychique » venait de faire son entrée dans la conceptualisation de besoins. Depuis, de nombreux auteurs se sont penchés sur les significations [du terme]. En éducation, Marie Rolland-Barker (1981) les classifie en fonction des trois grands courants de pensée : dogmatiste, béhavioriste et humaniste __ TOUSIGNANT, R. et TREMBLAY, Y. (1992). VA C.
B. Caractéristiques essentielles. Liés à tout besoin, il existe un manque, un déséquilibre, une satisfaction éventuelle. (...) C’est en tant que membre de l’espèce humaine et non en tant que personne individuelle ayant des intentions que l’on est en droit de parler de besoins. En d’autres mots, il ne s’agit pas de « mes » besoins, mais de besoins me dominant. (...) Le besoin rejoint l’instinct __ BRIEF, J.-C. (1984). Un besoin est l’expression d’une fin et non du ou des moyens pour atteindre cette fin __ NADEAU, M.-A. (1981).
C. Classifications. En 1954, MASLOW regroupait les besoins individuels en cinq catégories hiérarchisées : l’individu cherche à satisfaire les besoins d’une catégorie supérieure lorsque les besoins de la catégorie précédente ont été comblés. Cette taxonomie de besoins est la suivante (VA taxonomie des besoins fondamentaux, A) :
1. besoins physiologiques; 4. besoins d’estime;
2. besoins de sécurité; 5. besoins d’actualisation de soi.
3. besoins sociaux;
En 1957, Leon FESTINGER ajoute la cohérence cognitive à la liste des besoins humains. Élève de Kurt LEWIN, FESTINGER affirme que l’être humain tente de conserver une harmonie, un équilibre, une consistance interne entre ses opinions, ses connaissances, ses valeurs et ses actions __ ROBIDAS, G. (1989). En 1966, W. C. SCHUTZ identifie trois besoins fondamentaux chez l’être humain, outre la nourriture et l’abri :
1. besoin d’identification personnelle et d’appartenance à un sous-groupe social;
2. besoin de contrôler son environnement immédiat;
3. besoin d’épanouissement de la vie affective.
En 1961, David C. McCLELLAND perçoit trois besoins fondamentaux à la base de toute personnalité :
1. besoin d’accomplissement (need for achievement);
2. besoin d’affiliation (need for affiliation);
3. besoin de pouvoir (need for power).
En 1973, Laurence J. PETER perçoit la classification des besoins de la façon suivante :
1. besoins essentiels de survie : bien-être physique et sécurité;
PETER (1973) ajoute : « Il est essentiel de comprendre cette hiérarchie, car lorsque les besoins de base sont satisfaits, ils perdent de leur importance et les autres en prennent davantage ».
D. Catégories (étudiant-animateur) : I. Les besoins qui sont conscients pour l’étudiant et qui sont conscients pour l’animateur. II. Les besoins qui sont inconscients pour l’étudiant et qui sont conscients pour l’animateur. III. Les besoins que l’étudiant a identifiés, mais que l’animateur n’a pas perçus, c’est-à-dire : conscients-inconscients. IV. Les besoins inconscients pour les deux et qu’un état de crise ou une situation critique pourrait faire ressortir, c’est-à-dire inconscients-inconscients __ LAUZON, P. et LEGAULT, J. (12.77). Par contre, il est important de souligner que le besoin ne se détermine pas sur la base de la conscience ou de l’inconscience, mais plutôt sur la présence objective d’un manque ou d’une exigence dans la relation du sujet à son environnement __ ARCHAMBAULT, R. D. (1957). VA U.
E. Dogmatisme ou besoin-devoir. Les partisans du dogmatisme associent le besoin à une notion de devoir, à une obligation, à un état final en soi : « [le courant dogmatiste]... définit le besoin en fonction d’une finalité posée en termes absolus et jugés désirables, et déterminés par une autorité quelconque » __ ROLLAND-BARKER, M. (1981) dans TOUSIGNANT, R. et TREMBLAY, Y. (1992).
F. Béhaviorisme ou besoin-carence. Ralph W. TYLER (1950) et Roger A. KAUFMAN (1972) furent les premiers à définir besoin en fonction d’un écart, d’une carence mesurable entre une situation actuelle et une situation souhaitée : « An educational need is a measurable outcome discrepancy between what is and what should be » (KAUFMAN, R. A., 1972). Dans cette perspective, le niveau de carence est déterminé par la mesure objective de l’écart; ce qui facilite l’opérationnalisation du concept. KAUFMAN (1972) utilise donc ce qui est (what is) pour désigner la situation actuelle et ce qui devrait être (what should be) pour la situation souhaitée. D’autres auteurs utilisent une terminologie différente de la sienne, sans toutefois déroger au sens profond du concept : avec R. B. WITKIN et K. G. STEPHEN (1973), il est question de statut et de standard; BEATTY (1976) réfère à l’état présent et à l’état désiré; Egon G. GUBA et Yvonnia S. LINCOLN (1982) les désignent comme l’état actuel et l’état cible, et TYLER, les définit en termes de condition actuelle et de norme acceptable __ id. V cycle (général) d’évolution.
G. Humanisme ou besoin-intérêt. Alors que le besoin-carence prend forme dans la mesure objective d’un écart, le besoin-intérêt est déterminé subjectivement : les humanistes définissent le concept besoin en termes d’intérêts, de désirs ou de préférences tels que perçus, ressentis ou exprimés par l’individu (ROLLAND-BARKER, M., 1981). Parmi ses adeptes, on retrouve aussi H. M. Atwood et J. ELLIS (1971), E. H. SCISSION (1982) et Peter H. ROSSI et al. (1982) __ id. VA M.
H. Futur. Comme on a besoin pour, afin de, en vue de... il y a relation étroite, consciemment ou inconsciemment, entre besoin et futur. Ce peut être sous forme de pulsion (drive) qui émane du plus profond de soi et qui est élémentaire et fondamental. Ce peut être sous forme de souhait (wish ou need) pour conserver et protéger l’acquis; enfin sous forme de désir (want) pour accéder à la réalisation de soi __ ALLARD, Y. (1981).
I. Enfant. Si l’enfant demande surtout une sécurité bioaffective jusqu’au jour où il est devenu élève, à l’école il tient à être aimé, approuvé, félicité. (...) l’essentiel de la vie pour le petit écolier c’est indiscutablement les rapports qui le lient aux autres. Et ces rapports sont sans arrêt marqués par un besoin de valorisation. C’est en eux que l’enfant puise la confiance en lui-même, la force de prendre son élan __ MEDICI, A. (1955).
J. Économie. Pour plusieurs de ces domaines : le réseau de la santé et des services sociaux, celui du marketing, de l’économie, de l’ingénierie et de l’éducation, les conquêtes économiques sont [d’ailleurs] grandement facilitées par la valeur justificative du besoin (KOMISAR, 1961; GRIFFITH, 1978). La seule mention du terme « besoin » à des fins d’aide subventionnelle justifie l’importance, le sérieux des études projetées et ajoute d’emblée un caractère crédible à la demande qui porte généralement ses fruits __ RODRIGUE, T. (1999).
K. Notion de besoin dans une optique de communication. La notion de besoin joue un rôle dans la manière de voir le langage, la langue et la communication, dans le choix des notions à retenir et dans ses applications. Elle contribue largement à la définition des objectifs d’apprentissage, à l’établissement de la progression de ces objectifs et à la réalisation des programmes. Elle favorise de plus le choix des régimes pédagogiques, des cours et des méthodes. Enfin, elle exerce une influence certaine dans l’élaboration du matériel didactique, dans le choix des moyens pour atteindre les objectifs fixés dans les programmes et dans leur évaluation __ BILLY, L. (1986).
L. Personnes qui présentent des incapacités intellectuelles. Pour les actions pédagogiques posées auprès de personnes qui présentent des incapacités intellectuelles, le besoin s’avère l’élément clé permettant de faire le point entre la finalité de l’éducation pour ces personnes et les buts et objectifs visés dans l’intervention. Des besoins non définis ou encore identifiés à l’aveuglette, sans fondement véritable, risquent de compromettre l’apprentissage d’habiletés indispensables au développement de l’autonomie des personnes et conséquemment, leur intégration scolaire et sociale __ RODRIGUE, T. (1999).
M. Besoin/intérêt. Le simple fait que le sujet ressente un intérêt ne justifie pas la présence d’un besoin. Un besoin peut être ressenti par un sujet, ou tout simplement conscient, sans qu’il y ait présence d’un intérêt envers l’objet de besoin. Un besoin peut engendrer un intérêt, mais pas nécessairement. Enfin, un intérêt peut facilement être présent sans qu’il existe un besoin __ id. V intérêt. VA G.
N. Besoin/désir. Un besoin peut être accompagné d’un désir, mais pas nécessairement. Lorsque le besoin cesse, le désir peut demeurer. Enfin, un désir peut facilement être présent sans qu’il n’existe un besoin __ id. V désir.
O. Besoin/motivation. Le besoin est susceptible de créer une motivation qui pousse l’individu à mobiliser l’énergie et les moyens nécessaires pour le satisfaire. Cependant, le besoin existe souvent sans être accompagné de la motivation. De plus, le besoin ne représente pas l’unique source de motivation. À titre d’exemple, l’intérêt et le désir peuvent également pousser l’individu à viser l’atteinte d’un objet quelconque. Finalement, lorsque le besoin se voit satisfait, il n’est plus susceptible d’agir en tant que motivateur __ id. Lorsque les deux concepts sont pris indifféremment l’un pour l’autre, le besoin est alors considéré comme étant la forme de motivation la plus élémentaire __ LAENG, M. (1974); RICHTERICH, R. (1974) dans ROLLAND-BARKER, M. (1981).
P. Besoin/objectif. Selon Tanya RODRIGUE (1999), l’objectif prend naissance et se caractérise au regard du besoin préalablement identifié. Or, l’objectif est souvent utilisé à tort pour justifier le besoin. V objectif.
Q. Besoin/force (drive). Le besoin est susceptible de créer une force interne motivante chez l’individu. Cependant, il n’entraîne pas toujours cette force. Par définition, la force est un principe d’action. Puisque le besoin n’est que susceptible d’entraîner une force, puis une motivation, cette logique se reconduit directement à ce principe d’action. L’action représente en fait la résultante de ces deux éléments (force ⇒ motivation ⇒ action). Considérer le besoin en tant que force impliquerait absolument la notion d’action chez l’individu, ce qui ne correspond pas totalement à la réalité __ RODRIGUE, T. (1999).
R. Besoin/état (state). Lorsque abordé en terme d’état, le besoin réfère généralement à l’organisme humain. Or, la signification de la notion de besoin dépasse aujourd’hui la simple référence à l’organisme. Le besoin pourrait correspondre à une manière d’être, mais il n’en est pas toujours ainsi. La manière d’être s’applique principalement à la personne. Le besoin, quant à lui, s’applique à plusieurs sujets; à l’individu, au groupe, à la population, à l’institution, à la communauté de même qu’à la société en général __ id.
S. Besoin/écart (discrepancy; gap). Le besoin est souvent posé comme étant l’écart, la différence, le résultat de la mesure de l’écart ou encore l’expression d’un écart mesurable, entre deux situations; une situation, un état ou un statut actuel(le) ou réel(le), qui correspond à la réalité, à ce qui existe, et une situation, condition, état ou statut idéal(e), recherché(e), désiré(e), désirable, souhaitable ou optimal(e), qui réfère à un objectif, à ce qui devrait être ou exister. Pourtant, l’acception objective et opérationnelle du besoin-écart ne représente qu’un aspect de l’évaluation de l’intensité du besoin __ id. VA W; cycle (général) d’évolution.
T. Besoin/manque/exigence. Lorsque le besoin se présente chez le sujet en tant que manifestation de manque, l’objet de besoin se caractérise par son absence ou son insuffisance, à un certain degré. Lorsqu’il se présente en tant que manifestation d’une exigence, l’objet de besoin se révèle requis, exigé, voire imposé. Le manque comme l’exigence sont susceptibles d’être créés soit par la nature ou la culture. Ex. : Dans le domaine de l’éducation, le manque est souvent désigné par la déficience, la carence et la lacune éducative, par rapport à un niveau de référence préalablement déterminé __ id.
U. Formes d’expression. Les différentes façons par lesquelles le besoin est susceptible de s’exprimer, indépendamment du fait qu’il puisse être ressenti ou déduit par le sujet, se résument en cinq principales formes d’expression : 1) interprété par le sujet et reconnu par l’extérieur; 2) interprété par le sujet, mais non reconnu de l’extérieur; 3) interprété par l’extérieur et reconnu par le sujet; 4) interprété par l’extérieur, mais non reconnu par le sujet, ou 5) non interprété de part et d’autres __ id. VA D.
V. Satisfaction éventuelle. La satisfaction dépend de l’application et du maintien de conditions spécifiques relatives à l’atteinte de l’objet qui détermine le besoin. La satisfaction qu’appelle le besoin peut alors se produire de façon immédiate, différée dans le temps, ou peut tout simplement ne jamais se produire __ id.
W. Intensité quantitative. La présence de l’objet nécessaire au sujet va de l’absence (0 %) à la quasi-satiété (99,9 %). Relativement à la notion d’écart, lorsque l’objet se caractérise par son absence, entre la situation actuelle et la situation optimale ou idéale existe un écart total. Allant jusqu’à la quasi-satiété, l’écart entre les deux situations diminue progressivement. L’ampleur de l’écart permet ainsi de déterminer le degré du besoin du sujet. Une fois l’écart comblé, le besoin n’existe plus __ id. VA S.
X. Intensité temporelle. Le besoin est dit immédiat lorsque l’objet est nécessaire maintenant. Le besoin est dit anticipé lorsque l’objet nécessaire est relativement urgent (bientôt), différé (plus tard) ou nécessaire dans un futur déterminé (dans 10 ans) __ id.
Y. Typologie du besoin en éducation. Selon Tanya RODRIGUE (1999), on peut identifier de manière hiérarchique les besoins éducationnels, éducatifs, pédagogiques, d’apprentissage, d’enseignement et didactiques.
Z. Nature. Un besoin peut être exprimé ou implicite, avoué ou inavoué, latent ou potentiel. Dans tous les cas, il constitue le besoin à satisfaire, et pour lequel un utilisateur est prêt à faire un effort __ AFNOR (1990). Le besoin concerne « la nature des attentes de l’utilisateur et non le volume du marché » __ id.
AA. Besoin/objectivité/subjectivité. C’est, entre autres, à partir d’analyse de situations typiques de la vie que les besoins objectifs peuvent être analysés, définis et généralisés avec plus ou moins de précision. L’aspect objectif du besoin se doit cependant d’être complété subjectivement. La situation subjective ressentie par les individus doit effectivement être considérée. De fait, il semble que les valeurs et jugements des individus directement ou indirectement concernés permettent de faire un premier tri de façon à ce que les besoins objectivement identifiés correspondent bien à la réalité étudiée. En fait, la dimension subjective détient comme principale fonction de filtrer les besoins objectifs relativement aux valeurs et présupposés des gens directement concernés. Ils servent à attribuer une signification et une valeur sociale à ces besoins. Par exemple, les normes peuvent s’apparenter aux notions spécifiques qu’un individu doit acquérir, à un âge prédéterminé en fonction de comparaisons effectuées ou encore de finalités économiques ou socioculturelles poursuivies par une société spécifique __ RODRIGUE, T. (1999).
BB. Besoin/norme. Le besoin n’a pas de signification sans référence, plus ou moins directe, aux normes, naturelles ou culturelles, acceptées comme minimales par un système social particulier et au regard desquelles le besoin est évalué, mesuré. Les besoins ne sont pas des faits démontrables empiriquement. Sans références normatives, les besoins correspondent à une description personnelle des faits. Dans ce contexte, les normes font ainsi référence à des étalons de mesure, à des niveaux de satisfaction, des standards ou critères prédéterminés, teintés des valeurs véhiculées par une socioculture particulière et en fonction desquels, parmi un nombre important de besoins, de besoins conflictuels ou encore contradictoires, il devient possible d’effectuer des choix justifiés __ id.
CC. Besoin/socioculture. De façon générale, le manque et l’exigence naturels ou innés sont réservés aux besoins relatifs au physique, à la physiologie et à la psychologie. Dans cette situation, elle est intrinsèque au sujet. En théorie, les besoins dits naturels ne subissent pas, ou très peu, l’influence des valeurs d’une socioculture. Par exemple : les besoins fondamentaux d’ordre primaire tels que ceux de nourriture, de sommeil, de chaleur, etc. Le manque et l’exigence culturels ou acquis sont, quant à eux, reliés aux nombres et valeurs véhiculées par une socioculture; le besoin est alors extrinsèque au sujet. Dans cette perspective, les besoins peuvent même constituer des produits de l’environnement socioéconomique et culturel __ RODRIGUE, T. (1999). Le besoin d’origine culturel naît généralement d’obligation, de nécessité ou encore de forces extérieures __ LINDEMAN dans ROLLAND-BARKER, M. (1981).
DD. Déterministe. Le besoin est déterministe parce qu’il s’impose au sujet soit par l’entremise des nécessités naturelles ou des constructions complexes créées par une socioculture particulière. Les conditions de la présence du besoin échappent au contrôle du sujet qui n’a l’unique possibilité que de réagir à celui-ci __ RODRIGUE, T. (1999).
EE. Évolutif. Le besoin est évolutif, car il évolue et se modifie en fonction des contextes, des circonstances ou des conditions que ce soit sur les plans individuels ou socioculturels. Que ce soit dans une perspective psychologique ou proprement éducationnelle, les besoins se transforment à travers le temps et les événements __ id.
FF. Abstrait et hypothétique. Selon Tanya RODRIGUE (1999), la manifestation d’un manque ou d’une exigence représente le lien invisible, tissé de relations, entre le sujet et l’extérieur, et donc entre ce qui peut directement être observé ou non. Ceci explique que les diverses formes d’expression du besoin correspondent à l’interprétation, à la déduction de même qu’à la reconnaissance. Mais, le plus important, cette caractéristique oblige à appliquer des limitations de temps et d’espace au concept de besoin. Elle contraint également à considérer certains critères comme déterminants dans la validité du besoin. VA AA et BB.
GG. Objet. La nature de l’objet de besoin est fort variable. Elle dépend du sujet concerné, des dimensions du sujet étudié de même que du domaine abordé. L’objet peut tout aussi bien concerner une notion mathématique, un bien matériel qu’un aspect du développement affectif. Cependant, cet objet s’avère toujours nécessaire pour le sujet, soit au regard de sa survie, de son développement, de son actualisation ou de sa qualité de vie __ RODRIGUE, T. (1999). V objet.
HH. CN : analyse de * langagiers; analyse des * de formation; évaluation des *; gestion centrée sur les * humains; taxonomie des * fondamentaux.