Créat./Péd. Méthode conçue et appliquée par Alexander Faickney OSBORN (1938) qui vise à développer les caractéristiques fondamentales de la création collective : ouverture à l’information, capacité de former des combinaisons à partir de schémas connus ou des combinaisons entièrement nouvelles, d’où l’importance du stockage et du choix des informations __ LAMBERT, M. (1987). Syn. remue-méninges. VA recherche de solutions, C.
A. Francisation. D’usage courant en français, le terme « brainstorming » se traduit parfois par « remue-méninges ».
B. Créat. La technique du brainstorming fut à l’origine des études contemporaines sur la créativité. Elle a pour but d’engendrer un grand nombre d’idées neuves en un temps restreint, et met l’accent sur l’aspect fondamental de la quantité et de l’originalité des solutions (caractéristiques qui imprègnent par la suite toutes les études expérimentales sur la créativité) __ LAMBERT, M. (1987).
C. Objets. Le brainstorming est une méthode qui a pour but de faciliter l’augmentation et l’accélération de la production d’idées sans garantir nécessairement leur qualité. Mais, ainsi que le rappelle OSBORN, cette méthode collective n’est pas un procédé complet pour résoudre les problèmes, elle ne constitue que l’une des nombreuses démarches vers la découverte des idées qui n’est, elle-même, qu’une étape dans la solution créative des problèmes __ id.
D. Processus. La séance se déroule suivant trois étapes : 1. La détermination du problème à résoudre qui, lorsqu’il est jugé complexe, est décomposé en une série de sous-problèmes qui sont soumis successivement au groupe; l’orientation précise vers l’objectif contribue au succès de la séance, d’où l’importance du rôle de meneur de jeu. 2. La découverte des idées qui sont inscrites et numérotées au fur et à mesure de leur apparition; les premières séances sont consacrées à la production intensive des idées (chaque séance dure environ quarante-cinq minutes), les suivantes, au perfectionnement des idées estimées les plus performantes (rappelons qu’aucune idée ne peut être « baptisée du nom de son auteur »). 3. La découverte des solutions ou la vérification de la valeur des suggestions s’effectue à partir d’une liste dont les idées sont passées au crible, par un groupe restreint de participants ou par une autre équipe de recherche qui entreprend l’évaluation et la remise en chantier des suggestions __ id.
E. Règles. Celles-ci se résument en quatre points : 1. Le jugement différé; il s’agit de séparer la production de l’évaluation; toute attitude critique, même non verbale, est proscrite ainsi que l’est l’autocritique. 2. L’imagination libre encouragée (ou imagination en « roue libre »); il est nécessaire d’exprimer toutes les idées qui viennent spontanément à l’esprit. Pour aider la production des idées du groupe, la prise de notes individuelle et collective (à l’aide d’un,e secrétaire) est importante, car elle facilite la concentration sur le problème étudié et empêche de sanctionner ce qui peut paraître absurde à prime abord. 3. La quantité des idées fournit la qualité; parmi la multitude d’idées produites, les idées performantes émergent de l’ensemble; il s’agit donc d’enchaîner sur les idées des autres et sur ses propres idées (processus de réaction en chaîne), en faisant appel, pour relancer et stimuler la production du groupe, à des procédés tels que la recherche d’autres usages, le changement de point de vue, l’adaptation, la modification, la substitution, l’addition, la multiplication, la diminution, le réarrangement, le renversement, la combinaison, auxquels s’ajoute la technique de l’association forcée. 4. Le rejet de la notion de propriété; les idées personnelles doivent pouvoir être reprises, exploitées, transformées par les autres membres du groupe et permettre de multiples analogies; c’est ainsi que le groupe déclenche l’idéation; il s’agit de se mettre à l’écoute de ce qui est dit et de chercher systématiquement à interconnecter le cours de ses associations avec celui des autres __ id.
F. Participants. Le groupe est constitué d’individus en nombre limité (5 à 12) appartenant au même rang social (afin d’éviter les blocages dus au complexe d’infériorité), au même service, au même laboratoire ou à la même entreprise (la nature du problème à résoudre déterminant les types de participants); il est placé sous la direction d’un « meneur de jeu » chargé de présenter le problème, les règles de la technique, d’orienter la séance vers un rendement maximum, et qui devra « posséder une aptitude à produire des suggestions, largement supérieure à la moyenne » __ id.