Bio./Épist./Neurosc./Physio./Rech./Sc. Situé à l’intérieur de la boîte crânienne, réseau de 100 milliards de neurones reliés par des dizaines de milliers de milliards de synapses qui forment la masse la plus importante (chez le nouveau-né : 300 gr.; chez l’adulte : 1 400 gr.) du système nerveux central humain (≥ 95 %), et qui est le siège de la pensée volontaire, des émotions, des comportements, du contrôle musculaire volontaire ainsi que de la régulation des fonctions de base, notamment la respiration et la circulation sanguine.V cerveau; connexionnisme; éducation holistique. VA approche systémique, B; approche neurolinguistique, A1.1 à A1.4; B3, B4 et C1; réalisme scientifique, A; sociologisme, C; théorie neurolinguistique du bilinguisme, C.
A. Hémisphère/attributs/éducation. Les recherches sur le cerveau ont révélé que pour chaque hémisphère cérébral, il y a des fonctions spécialisées spécifiques, mais complémentaires. Tandis que le cerveau droit saisit des relations, appréhende des structures, sent, imagine et intuitionne, le cerveau gauche d’une façon tout à fait différente analyse, teste, vérifie, construit et rationalise. Ainsi, la nécessité de dire, de verbaliser ce qui s’est produit, d’exprimer des sentiments même diffus ou encore des impressions plus ou moins complexes est maintenant démontrée. En effet, si le savoir intuitif du cerveau droit n’est pas nommé, étiqueté ou encore explicité dans l’énoncé d’un concept, d’un principe ou d’une règle, il s’évanouit en fumée, n’est jamais matérialisé et retourne pour ainsi dire dans le domaine de l’inconscient. Sans cette capacité du cerveau gauche à reconnaître, nommer et intégrer, nous en serions encore aux premiers balbutiements de notre développement intellectuel __ NOISEUX, G. (1995). V anasynthèse.
B. Cerveau et pratique pédagogique. Si les enseignants ne développent pas une compréhension fonctionnelle du cerveau et de ses mécanismes, nous serons vulnérables aux modes pseudo-scientifiques, aux généralisations indues et aux programmes douteux. (...) Bien que la prudence soit de mise devant bon nombre de découvertes neuroscientifiques, quelques-unes d’entre elles sont bien établies. Certaines prouvent la justesse de ce qu’ont toujours fait les bons enseignants. D’autres nous amènent à examiner de plus près la pratique pédagogique. Première découverte : L’expérience modifie la physiologie du cerveau. L’environnement dans lequel évolue une personne détermine en grande partie les capacités fonctionnelles de son cerveau. (...) Cette recherche de Marian DIAMOND et J. HOPSON (1998) a établi le concept de plasticité neurale, c’est-à-dire « l’incroyable propriété du système nerveux d’être constamment modifié dans sa structure ou sa fonction à la suite de l’expérience. Une autre découverte qui ne manquera pas de nous plaire est que les dendrites, soit les connexions entre les cellules du cerveau, peuvent se développer à tout âge. C’est le cas aussi bien chez les êtres humains que chez les animaux. Contrairement à la croyance populaire, une personne âgée n’est donc pas nécessairement victime d’une perte progressive de cellules nerveuses et d’une diminution de ses capacités mémorielles et cognitives ». (...) Deuxième découverte : Le quotient intellectuel n’est pas fixé à la naissance. (...) Ses travaux impressionnants (RAMEY, C. T. et RAMEY, S. L., 1996) prouvent qu’un programme d’intervention destiné aux enfants de milieux défavorisés peut protéger ces jeunes contre un retard mental et un faible QI (...) Troisième découverte : Certaines capacités s’acquièrent plus facilement au cours d’une certaine période dite sensible. (...) Les années d’apprentissage les plus intenses chez l’enfant coïncident précisément avec celles où toutes les synapses se développent (1996). Selon H. T. CHUGANI (1996), non seulement le cerveau du jeune se surdéveloppe au cours des premières années, mais il a de plus une capacité remarquable à s’adapter et à se réorganiser. Il semble qu’il puisse acquérir différentes compétences plus facilement que dans les années qui suivent la puberté. Ces fenêtres d’apprentissage, longtemps dites périodes critiques, sont le plus souvent appelées périodes sensibles. (...) Quatrième découverte : Les émotions influent fortement sur l’apprentissage. (...) L’émotion joue un double rôle dans l’apprentissage chez l’être humain. Premièrement, elle est positive dans la mesure où plus elle est fortement liée à une expérience, plus le souvenir de cette expérience sera bien enraciné. En effet, les substances chimiques du cerveau lui envoient le message suivant : « Cette information est importante. » (...) Par contre, Joseph LeDOUX (1996) a mis en lumière le fait que, si une émotion est trop forte (par exemple, si l’élève perçoit la situation comme menaçante), l’apprentissage se fait moins bien __ WOLFE, P. et BRANDT, R. (1998) dans VIE PÉDAGOGIQUE (11.12.2000).