Com./Ens. lang. Ensemble des savoirs individuels (savoirs, savoir-faire, savoir-être) impliqués dans la communication verbale. VA approches didactiques en langues, C. EA compétence langagière.
A. Compétence linguistique/langagière. En didactique des langues, on oppose souvent compétence linguistique (sur le code ou la langue proprement dite) à compétence langagière (à la fois sur le code et les autres aspects de la communication). VA compétence discursive.
B. Compétences sous-jacentes. La compétence à communiquer est constituée d’une bonne dizaine de compétences sous-jacentes, distinctes les unes des autres, mais imbriquées à divers niveaux dans l’opération de communication. On peut les répartir en deux blocs : les compétences sous-jacentes immédiates les plus directement impliquées, et les compétences médiates susceptibles d’avoir des effets importants sur la communication __ BIBEAU, G. (notes de cours).
C. Compétences sous-jacentes immédiates : 1. La compétence cybernétique ou le savoir relatif aux lois de la communication et aux contraintes auxquelles elle est soumise. 2. La compétence linguistique ou le savoir relatif à la langue, comme code dans le sens strict du terme : structures phoniques, grammaticales, lexicales, sémantiques, stylistiques, y compris leurs variations sociolinguistiques. V grammaire; parole.À la compétence linguistique, on peut associer la compétence contextuelle, c’est-à-dire le savoir qui permet à un locuteur de reconnaître le sujet de conversation, son contenu, le registre utilisé, le style de l’interlocuteur, les phénomènes de redondance, l’intelligibilité, l’enchaînement des énoncés, etc. La notion de contexte se réfère ici à l’environnement proprement linguistique. 3. La compétence discursive ou le savoir relatif aux types de discours et à leurs fonctions, ainsi qu’aux règles d’utilisation des structures linguistiques dans la communication. 4. La compétence situationnelle ou le savoir relatif à l’interprétation de la situation dans laquelle les interlocuteurs se trouvent au moment où ils communiquent ou à laquelle leur discours fait référence, ainsi qu’à l’appréhension des rapports à faire entre la situation et le discours tenu durant la communication. La notion de situation se réfère ici à l’environnement physique et spatiotemporel, comprenant les interlocuteurs eux-mêmes comme êtres physiques. V pragmatique. 5. La compétence paraverbale (abusivement appelée non verbale) ou le savoir relatif à ce qui accompagne l’énonciation verbale et qui lui est associé, à l’oral (mimiques, gestes ou attitudes physiques) et à l’écrit (signes conventionnels qui entourent et accompagnent les textes).
D. Compétences sous-jacentes médiates : 1.La compétence psychologique et psycholinguistique ou le savoir relatif aux êtres humains en général et à leurs comportements langagiers, y compris ceux du locuteur. 2. La compétence intellectuelle : degré de maîtrise des opérations formelles de l’intelligence (au sens piagétien), telles que les habiletés dans la conception et la formulation des idées, la mémoire et le bagage de connaissances générales et spécifiques. 3. La compétence sociale ou le savoir relatif aux règles de comportement social dans la communauté linguistique. 4. La compétence culturelle ou socioculturelle ou le savoir relatif aux modes de vie, aux schèmes, aux valeurs et aux croyances diverses de la communauté linguistique. 5. La compétence informationnelle ou le savoir relatif à l’information et au traitement de l’information véhiculés dans la communication. V information.
E. Intégration des compétences. Le modèle de Catherine Kerbrat-Orecchioni (1980) distingue compétence linguistique, compétence paralinguistique et compétence idéologique et culturelle, tant en production qu’en interprétation de discours. Si la première est explicite, la dernière est largement implicite. Quant à Patrick CHARAUDEAU (1983), il se base sur la dichotomie sujet-communicant et sujet-interprétant. Le type de compétence langagière le plus vaste est pour lui la compétence situationnelle, qui ressemble à la compétence sociolinguistique de Dell Hymes. Celle-ci inclut la compétence discursive (ex. : les genres publicitaire, politique, scolaire, scientifique, etc.), qui elle-même inclut la compétence linguistique. Le modèle de Monique LEBRUN (1987) est un modèle aux compétences emboîtées qui reprend, en les situant, les diverses notions de compétences mentionnées plus haut. Dans ce dernier modèle, la compétence discursive devient le niveau le plus élevé de la compétence langagière, puisqu’il inclut la compétence textuelle, qui résulte elle-même d’une combinaison des compétences sémiotico-sémantique et linguistique, et la compétence pragmatique, qui tient compte à la fois de la situation et de l’idéologie.
Modèle de compétences emboîtées __ LEBRUN, M. (1987)