CONNAISSANCE DÉCLARATIVE

1. Did./Péd./Physio./Psych. cogn./Psycholing. (Gén.). Connaissance d’une personne qui, associée à d’autres connaissances du même type, forme un schéma cognitif. VA taxonomie du domaine cognitif, B : 1.10 et C : 1.10. EA connaissance conditionnelle/procédurale.

2. Did./Péd./Psych. cogn. (Spéc.). Connaissance relative à l’existence, au caractère ou à la nature des termes, de définitions, de faits, d’informations factuelles, de propriétés, de phénomènes, de données particulières, de règles, de conventions, de symboles, de représentations, de principes, de lois, de théories, de structures. VA connaissance, L.

3. Ens. lang./Ens. L2. Connaissance acquise sur de nombreuses années de fréquentation scolaire, colligée par le cerveau sous la forme d’un langage interne, grand nombre de savoirs, de principes, de préceptes, de règles dites de grammaire et de syntaxe __ PARADIS, P. (2006). Cela représente une grande quantité d’information et, en fonction de notre activité d’écriture, nous devons sélectivement activer les connaissances qui lui sont pertinentes __ id.VA langue, N.

A. Origine. La distinction entre les connaissances déclaratives et procédurales tire son origine du domaine de l’intelligence artificielle (WINOGRAD, T. W., 1975), inspiré lui-même de la philosophie avec l’anglais G. RYLE (1949). Inspirée aussi par le développement de la représentation des connaissances en intelligence articificielle, la psychologie cognitive, plus précisément John Robert ANDERSON (1980, 1983, 1993) propose une structure du système cognitif, appelé aussi système ACT (...). « Depuis le milieu des années quatre-vingt, le discours pédagogique a enrichi son répertoire de concepts, ou du moins sa terminologie, en faisant quelques emprunts aux sciences cognitives, [dont les concepts de connaissances déclaratives et procédurales] __ DÉSILETS, M. (1997). Ce sont MARZANO, R. J. et al. (1988) qui amènent le concept de connaissances conditionnelles au côté des deux autres.

B. Caractéristique. Il est à noter dès maintenant que les connaissances déclaratives sont fondamentalement des connaissances plutôt statiques que dynamiques et qu’elles doivent, pour permettre l’action, être traduites en procédures ou en conditions, en connaissances procédurales ou conditionnelles. Ce n’est pas parce qu’un élève connaît de manière déclarative les étapes pour lire un texte informatif qu’il peut effectivement extraire les informations de textes de ce genre; le même phénomène se produit quand l’élève ne connaît que de façon déclarative comment résoudre un problème écrit en mathématique. Cette connaissance statique lui permettrait de répondre à un questionnaire qui demanderait d’énoncer, théoriquement, les étapes pour apporter une solution à un tel problème, mais il est loin d’être garanti qu’il puisse appliquer avec justesse et assurance ces étapes. Dans le même sens, ce n’est pas parce qu’un enseignant connaît de manière déclarative les principes et les conceptions de la psychologie cognitive au regard de l’enseignement et de l’apprentissage qu’il peut en faire une application judicieuse et rigoureuse en classe. Ses connaissances déclaratives doivent être traduites en connaissances procédurales et conditionnelles pour permettre les actions pédagogiques __ TARDIF, J. (1992).

C. Cognitivisme. Les catégories de connaissances (déclaratives, procédurales, conditionnelles) sont extrêmement importantes dans la conception cognitive de l’enseignement et de l’apprentissage puisqu’elles commandent des stratégies d’enseignement fort différentes et qu’elles sont (...) représentées différemment dans la mémoire à long terme. (...) Dans la mémoire, elles sont interreliées et, dans la vie de l’enseignement et de l’apprentissage, elles devraient être étroitement reliées entre elles __ id.

D. Confusion. Le passage de la psychologie cognitive à l’éducation des types de connaissances a pu créer certaines confusions à propos de ces concepts. En effet, il arrive que les connaissances déclaratives soient décrites comme des faits (ex. : la langue officielle du Québec est le français) et que les connaissances procédurales telle une description de procédures (ex. : pour accorder le groupe du verbe, il faut d’abord identifier le groupe du nom sujet qui donne sa personne et son nombre au verbe avec lequel il est lié). Cependant, le fait de connaître la description de la procédure, comme dans l’exemple précédent, n’implique pas la connaissance de comment l’exécuter.

D1. Apprentissage de règles/apprentissage de procédure. Comme enseignant, il est important de comprendre que l’apprentissage de règles de façon déclarative n’entraîne pas automatiquement l’apprentissage de procédures et inversement, que l’apprentissage de procédures n’entraîne pas l’acquisition des connaissances déclaratives sous-jacentes (DÉSILETS, M., 1997). Comme l’indique Robert BRIEN (1994), « ce ne sont pas toujours toutes les connaissances déclaratives de l’individu qui seront transformées en connaissances procédurales. Les définitions, les lois, les principes de la discipline demeureront sous forme déclarative, même s’ils sont à l’origine de l’élaboration de procédures. On a trop souvent tendance, lorsqu’on conçoit des activités de formation, à ne privilégier que l’apprentissage de procédures en laissant pour compte les connaissances sur lesquelles se fondent ces procédures. Malheureusement, tôt ou tard, l’étudiant se retrouve devant une situation nouvelle dont la solution ne pourra être trouvée que par un retour aux concepts de base de la discipline (HOC, J.-M., 1987) ».

E. Connaissances déclaratives/procédurales. Selon certains cognitivistes (ANDERSON, J. R., 1983, par exemple), la connaissance d’une procédure s’acquiert d’abord sous forme déclarative et se transforme ensuite en une connaissance procédurale exécutable. Ainsi, les connaissances requises pour la conduite d’une automobile à embrayage manuel seraient d’abord encodées sous forme déclarative. Avec la pratique, il y aurait « procéduralisation » des connaissances déclaratives.

E1. Théorie/pratique. Ce phénomène se rencontre régulièrement dans l’enseignement de certaines matières comme la physique, la chimie, la biologie ou la grammaire d’une langue étrangère, par exemple, où l’on propose d’abord à l’étudiant la théorie pour l’amener peu à peu à la pratique __ BRIEN, R. (1994). C’est souvent le cas également en éducation physique.

F. Mémoire. Selon J. R. ANDERSON (1983, 1993), pour qu’il y ait action ou production d’un comportement, il faut que des connaissances se trouvent en mémoire de travail. La capacité de la mémoire de travail étant limitée, les connaissances qui s’y trouvent sont celles qui activent le traitement de l’information. C’est à ce moment qu’interviendrait la mémoire déclarative, mémoire contenant toutes les connaissances d’une personne organisées en schéma cognitif. La mémoire de travail a accès à cette mémoire déclarative pour compléter le traitement de l’information.

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