COUNSELING

Car./Orient. scol. prof. Ensemble des diverses pratiques qui s’inscrivent à l’intérieur d’une relation duelle où une personne tente d’en aider une autre, soit en l’orientant ou en l’informant, soit en la soutenant ou en la traitant __ TOURETTE-TURGIS, C. (1996). EA conseiller d’orientation.

A. Origines. Le counseling s’est développé aux États-Unis au début du XXe siècle, suite aux conditions difficiles créées par une industrialisation effrénée qui faisait fi des valeurs de dignité, de liberté et d’éthique énoncées dans la Constitution américaine en exploitant les travailleurs __ id. La pauvreté et la délinquance augmentant, au point de provoquer une véritable crise sociale, plusieurs réformes surgirent pour contrer, par exemple, l’exploitation des enfants au travail. C’est dans ce contexte qu’est né le counseling. Ont largement contribué à sa création : 1. Frank PARSONS qui ouvre le premier service d’orientation à Boston en 1908; l’innovation de PARSONS aura été de faire reposer le counseling en orientation sur un dispositif psychologique complexe requérant des aptitudes telles que l’écoute, la capacité de résoudre des problèmes, la créativité, une solide information sur les programmes, métiers et professions, l’aide au développement personnel et la recherche d’une congruence entre la personnalité et le choix d’un travail. 2. Stanley HALL, psychologue et chercheur, milita pour l’amélioration des conditions de vie des enfants et son respect des différences individuelles (différences dans les rythmes de développement ou d’apprentissage des enfants) servit de modèle dans l’enseignement de la psychologie. 3. La psychométrie eut un impact sur le développement du counseling en permettant d’évaluer intérêts, aptitudes et types de personnalité en vue d’orienter. Puis Carl ROGERS va permettre que s’opère le tournant conduisant de la psychométrie à la psychothérapie. En fait, ROGERS est le théoricien qui a le plus influencé le domaine du counseling. C’est lui qui a d’ailleurs créé le terme pour éviter que les psychiatres américains n’accusent les psychologues de malpractice dès que ceux-ci s’identifiaient comme psychothérapeutes ou posaient des diagnostics alors que le terme est dit « réservé » __ BRUNEL, M.-L. et MARTINY, C. (2004). Son approche existentielle, sa conception optimiste de la personne (PAGÈS, M., 1965) ont exercé une influence en profondeur sur les pratiques et les conceptualisations de la thérapie, de l’éducation et de l’apprentissage. Mais selon André DE PERETTI (2003) bien des concepts de ROGERS ont été absorbés par la psychologie courante sans qu’il ne soit fait mention de leur origine de sorte que son influence a été plus souvent indirecte.

B. Ce que n’est pas le counseling : a) cela ne consiste pas seulement à fournir de l’information, même si cette dernière est présente; b) il ne s’agit pas surtout d’offrir des conseils même si le caractère professionnel des activités le laisse croire; c) ce n’est ni endoctriner, ni décider à la place d’un autre; d) ce n’est pas la simple assignation des personnes aux différents métiers ou professions; e) ce n’est pas interviewer, bien que l’entrevue soit intégrée au processus; f) ce n’est pas limité au testing, bien que celui-ci fasse souvent partie de la démarche en counseling de carrière; g) enfin, ce n’est pas de la psychothérapie, même brève.

C. Principes et valeurs.À titre de processus d’aide psychosociale individualisée dont les valeurs s’accordent avec les principes démocratiques (respect de l’individu, croyance en son potentiel d’autodétermination ainsi qu’en sa capacité de résoudre ses problèmes), le counseling mise sur l’écoute, le dialogue et la qualité de la relation comme instruments majeurs de l’aide __ TOURETTE-TURGIS, J. (1996).

D. Objectifs. Sous sa forme sociale et militante, le counseling a pour objectifs la fin des inégalités entre les groupes ainsi que la promotion des droits sociaux. Étant donné sa vocation communautaire, le counseling peut souscrire aux mouvements de dénonciation des souffrances de groupes de personnes racisées (gens de couleurs), ostracisées (personnes avec le VIH, toxicomanes), des malades mentaux désinstitutionnalisés et/ou des sans-abri __ TOURETTE-TURGIS, J. (1996). Ces deux spécificités du counseling (individuel et de groupe) permettent de distinguer ce champ de pratique de la psychothérapie, bien qu’ils soient parfois confondus abusivement, surtout aux États-Unis où les deux termes sont souvent perçus comme les deux polarités d’un même continuum.

E. Règles de base : a) le counseling suppose une participation volontaire; il ne peut donc pas être exigé, le conseiller ne devant utiliser aucune contrainte pour convaincre une client de participer; b) ses devoirs de réserve, de discrétion et de mesure interdisent au conseiller d’étaler ou d’invoquer sa vie privée; c) les informations recueillies doivent être gardées confidentielles et respecter le caractère intime de la relation, l’environnement physique devant être conçu à cet effet.

F. Caractéristiques des bons conseillers. Selon Gérard EGAN (1987) et J. V. PEDERSON et B. NISENHOLZ (1987) : a) les bons conseillers ont la volonté d’aider, la motivation et le sentiment d’être capables de le faire; b) ils jouissent d’un niveau intellectuel élevé et accordent de l’importance aux idées; c) ils respectent les théories et les recherches pertinentes dans leur domaine parce que celles-ci alimentent leur pratique; d) ils sont dotés d’un bon sens commun et d’une conscience sociale développée; e) ils sont attentifs, au-delà des variables intrapsychiques et contextuelles, car ils tiennent aussi compte des conditions socioéconomiques pour aider les personnes à s’insérer socialement; f) ils sont conscients de l’énormité de leur tâche et y consacrent l’énergie nécessaire; g) ils ne jugent pas, respectent leurs clients et sont spécifiques; h) ils ne sont pas centrés sur un modèle, mais sur les besoins de leurs clients; enfin, i) ils s’appliquent eux-mêmes à leur propre croissance physique, intellectuelle, psychique et morale.

G. CN : service de *.

» Dictionnaire