1. Gén. Attitude que quelqu’un manifeste lorsqu’il rompt avec la façon habituelle de penser __ LAMBERT, M. (1987).
2. Spéc. Capacité de l’individu à faire quelque chose, à créer, à produire des idées neuves et réalisables, à combiner et à réorganiser des éléments __ DEMORY, B. (1978). VA analyse de la valeur, A et I; recherche de solutions, C.
3. Créat. (Gén.). Processus de pensée dont le résultat est un produit créatif que l’on peut définir comme original __ PROVENCHER, S. (1987).
4. Créat./Ens. lang. (Spéc.). Combinaison intégrée de six facteurs primaires : une sensibilité générale aux problèmes, la fluidité de la pensée, la flexibilité ou la capacité à changer de point de vue, l’originalité ou la tendance à des réponses idiosyncrasiques, la capacité de redéfinition du matériel, l’élaboration sémantique __ GUILFORD, J. P. (1967). Base de la création; manifestation de l’imagination créative lors de situations conflictuelles et expression de l’imagination créatrice dans la résolution du problème-obstacle ou dans la ou les réponses face à une insatisfaction, et ce, à tous les niveaux de l’approche de la réalité extérieure __ LAMBERT, M. (1987). VA analogie, C, R et X; écologie éducationnelle, F; langue, I; motivation intrinsèque, B; paradigme existentiel, J; paradigme humaniste, C; paradigme inventif, F; paradigme sociointeractionnel, C; paradigme technologique, C; système auto-organisateur, B; typologie transdisciplinaire des démarches intellectuelles, 8.
5. Éduc. présc. V activité créatrice.
6. Psychophysio. Habileté à pouvoir former de nouvelles configurations neuronales __ BUNGE, M. (1983) : trad.
A. Créativité : processus rationnel. Pour la grande majorité des penseurs, il est maintenant certain que la créativité est d’abord un processus rationnel, c’est-à-dire un processus se déroulant dans le temps et correspondant à quatre phases bien distinctes : la préparation, l’incubation, l’illumination et l’élaboration.
B. Préparation. La préparation est la phase où le sujet prend contact avec la réalité pour y puiser des informations qui se présentent, la plupart du temps, sous la forme d’un fouillis indescriptible. Cette opération n’est pas simple, il va sans dire, puisque bon nombre de ces données en vrac sont confuses, vagues et imprécises — sans parler des multiples interrelations qui se dégagent, là encore, avec plus ou moins de clarté. Celles-ci sont alors traitées et manipulées selon leur nature et leur importance dans un tri qui est capital, vu qu’il permet, selon André PARÉ (1977), de percevoir les difficultés, de dégager une problématique et de formuler les problèmes de façon à pouvoir diriger l’esprit vers une solution éventuelle. C’est pourquoi, à ce stade, l’individu n’a d’autre choix que de faire appel à toutes les ressources possibles susceptibles de l’éclairer. Cela n’inclut rien de moins que tout le savoir accumulé au cours des siècles par l’espèce humaine, selon Graham WALLAS (1926), de même que ce qui se trouve dans la mémoire de la personne en cause (mots, faits, observations, associations, etc.). Ces ressources seront organisées pour être facilement utilisables, tout comme elles pourront être complétées ou explorées par l’entremise de démarches particulières. Bref, à partir du moment où l’on a le sentiment qu’une idée doit être mise en œuvre, qu’un problème doit être réglé ou simplement que quelque chose doit être fait, débute le travail relatif à l’investigation du projet qui a germé. L’individu lit, note, discute, questionne, explore, se documente. Il avance également un certain nombre de solutions qui se présentent à lui, en pesant aussi bien leurs points forts que leurs faiblesses. Celles-là seront cependant conformistes et traditionnelles, en général, tout comme la façon de poser les problèmes. Il n’est pas encore question d’incubation, en effet, et c’est dire que, pour la majorité des gens, le processus de résolution de problèmes se terminera ici.
C. Incubation. Si la très grande majorité des chercheurs s’entendent pour reconnaître que la préparation s’effectue consciemment, l’unanimité est loin d’être faite sur la nature exacte de l’incubation. Fait-elle appel à l’inconscient, au préconscient, à la pensée latérale ou au cerveau droit, pour ne mentionner que les hypothèses le plus souvent envisagées? Nul ne peut le déterminer avec certitude. Tout ce qui est sûr, c’est que la période de préparation consciente doit faire place tôt ou tard à une période d’activité non consciente pendant laquelle fermentent les idées de la personne créatrice, et que la durée de l’incubation peut correspondre à quelques minutes comme à plusieurs années. À l’origine, l’incubation recoupe, pour Graham WALLAS (1926), deux phénomènes. Elle équivaut à une suspension de la réflexion volontaire ou consciente en rapport avec le problème à résoudre, et à une série d’opérations mentales involontaires ou inconscientes. Ce retrait momentané de la réflexion consciente peut prendre deux visages : dans le premier cas, on peut y arriver en reportant sa pensée sur d’autres problèmes, ou, encore, en essayant d’y parvenir au moyen d’une forme quelconque de relaxation mentale. Aujourd’hui, on parle encore de l’incubation de la même manière : c’est une sortie psychologique et une sorte de renoncement temporaire au problème, qui permet l’émergence de facteurs inconscients ou irrationnels. Dans les faits, l’individu se retrouve dans une situation qui le dépasse et où le problème a presque toujours un petit côté inextricable. Plusieurs croient qu’il y a réorganisation de la pensée en fonction de données nouvelles, mais en désordre. Bref, l’on ne saurait traverser l’incubation sans éprouver ce sentiment qu’il n’y a pas d’issue et que toute solution valable semble inaccessible. C’est à ce moment qu’il faut absolument compter avec le temps. Favoriser l’incubation, estime André PARÉ (1977), c’est en définitive permettre à des processus inconscients de se manifester et d’apporter du matériel nouveau à organiser, et il est certain que si tout est parfaitement organisé à l’avance, ces processus risquent de ne jamais voir le jour et de ne pas influencer la production d’un individu.
D. Illumination. Quand, au terme de l’incubation, survient cette période que l’on a baptisée l’illumination, il s’agit d’un événement aussi euphorisant que soudain. L’individu a le sentiment d’avoir brusquement découvert une solution lui procurant une joie indicible. D’un seul coup, on revit le légendaire eurêka d’ARCHIMÈDE. Aucun doute n’est possible. La réponse tant désirée s’impose avec une force brutale. Elle a émergé de tout ce qui flottait pêle-mêle, comme par miracle, portée par les remous inhérents à l’incubation. Tout se règle d’une manière inespérée et inattendue, d’autant plus que cette illumination prend toujours place dans les moments où l’on s’y attend le moins. En réalité, le phénomène auquel on assiste alors n’est que le couronnement de la maturation dont le problème a été l’objet, et le caractère inopiné de la réponse qui surgit est en bonne partie illusoire, car rien de tout ceci ne s’est fait du jour au lendemain. L’inconscient vient plutôt de livrer la marchandise réclamée, en quelque sorte, dont la confection a nécessité les délais plus ou moins longs que l’on sait. Le temps a fait son œuvre en permettant que s’accomplisse un cheminement qui pourrait à la rigueur passer inaperçu. Par ailleurs, si l’illumination ne se produit jamais sur commande, il reste que des conditions favorables peuvent être ménagées en vue de lui préparer le terrain. Concrètement, c’est ici qu’interviendront les manies, rites et cérémoniaux quelquefois étranges auxquels nous ont habitués les créateurs. Bien sûr, il va de soi qu’un environnement idéal ou qu’un verre d’absinthe n’ont aucun lien direct avec la créativité, mais ils peuvent constituer des ingrédients indispensables au bien-être de la personne engagée dans le processus. C’est pourquoi ce ne sont jamais des quantités négligeables, parce que si un individu se sent à l’aise, comme le souligne Serge PROVENCHER (1987), il entrebâille par le fait même une porte : celle que le vent de l’illumination se chargera éventuellement de faire tourner sur ses gonds.
E. Élaboration. Après l’illumination se dresse le stade de l’élaboration (que plusieurs préfèrent appeler le stade de la vérification). C’est le passage à la réalisation. L’idée qui a germé doit maintenant être prise en charge afin qu’elle se retrouve inscrite dans le réel. Ce qui a été conçu doit se traduire par des résultats concrets, mais l’on n’ignore pas que la distance entre l’ébauche et l’accomplissement proprement dit représente souvent un énorme pas à franchir. Ce dernier peut parfois nécessiter plusieurs années de travail avec des exigences qui en rebuteront plus d’un. Entre concevoir et exécuter, il y a une marge qui tient quasiment du gouffre, et c’est ici que l’on différenciera le créateur authentique du simple rêveur. Toutefois, avant de se lancer à fond de train dans cette élaboration, le créateur doit procéder à un examen sérieux des idées qui ont jailli. Il lui faut faire intervenir son intelligence et son jugement pour parachever le travail que l’imagination a commencé. C’est le temps de prendre du recul et, dans la même veine, de solliciter des critiques permettant de passer au crible les objectifs éventuels. Discipline, persévérance, rigueur, telles seront donc les trois principales exigences auxquelles seront soumis les individus parvenus au stade de l’élaboration. Il faut travailler, réviser, corriger, élaguer, modifier, transformer, extrapoler, pour ensuite se retrousser les manches en vue d’aller jusqu’au bout de l’exécution. Le créateur est à ce moment dans une phase consciente, et il n’en tient qu’à lui pour que ses idées se matérialisent. Il sait aussi qu’il existe encore de nombreux écueils entre lesquels il devra louvoyer, à commencer par la routine, la fatigue, l’exaspération et les désappointements. Les sacrifices de toutes sortes seront d’ailleurs parfois très lourds à porter, on le sait, sauf que l’œuvre finie ne semble accessible qu’à ce prix.
F. Processus irrationnel. Autant ramène-t-on la créativité à un processus de durée indéterminée reposant sur les phases que l’on vient de voir, autant s’accorde-t-on pour dire que l’incubation et l’illumination relèvent de l’irrationnel, d’où la présence de quelques théories visant à jeter de la lumière sur cette zone grise de la créativité.
G. Gestalt. Pour les chercheurs de la gestalt, le processus créatif consiste essentiellement à reconstruire un certain nombre d’ensembles plus ou moins complexes, déficients quant à leur organisation ou leur structuration. Autrement dit, on ne cherche plus à traiter d’éléments séparés. L’esprit essaie plutôt de mettre en place des formes nouvelles qui lui conviendront mieux que les précédentes. Créer, en gestalt, c’est par conséquent se lancer à la recherche de relations inédites, ou, si l’on préfère, de réorganisations. D’ordinaire, le processus s’enclenche au contact d’une situation problématique nouvelle, à la fois ouverte et imprévue, en face de laquelle l’organisme réagit mal, à cause de structures rendues caduques et insatisfaisantes par l’apparition de cette réalité inconnue. Aussi, durant la résolution, va-t-il tenter de passer d’une structure ouverte et incomplète à une structure fermée et plus adéquate, par l’entremise d’un réarrangement des ensembles défini surtout par Max WERTHEIMER (1952).
H. Psychanalyse. Jacob W. GETZELS et Philip W. JACKSON (1962) ont résumé l’approche freudienne de la créativité au moyen de cinq grandes lignes directrices. Premièrement, soulignent-ils, la créativité a son origine dans des conflits intérieurs de la personnalité, et les forces inconscientes suscitant la solution dite créatrice sont du même ordre que celles qui conduisent à une solution névrotique. Deuxièmement, la fonction psychique et l’effet du comportement créateur sont la décharge d’émotions résultant d’un conflit qui a contribué à en accumuler une quantité dépassant un niveau acceptable. Troisièmement, la pensée créatrice provient de l’élaboration gratuite de fantaisies et d’idées rattachées au rêve éveillé ou au jeu enfantin. De plus, la personne créatrice est de celles qui acceptent ces idées qui montent librement, tandis que la personne qui l’est moins est de celles qui les refoulent ou les suppriment. Enfin, c’est lorsque les processus inconscients deviennent en quelque sorte synchronisés avec le moi que nous avons l’occasion d’accéder à des résultats relativement parfaits, alors que le rôle de l’expérience enfantine en créativité est capital, étant donné que le comportement créateur est la continuation et le substitut du jeu d’enfant.
I. Préconscient. L’apport principal d’un néofreudien comme L. S. KUBIE (1961) réside surtout dans son hypothèse voulant que la créativité soit le produit du préconscient et non de l’inconscient, c’est-à-dire de cette zone regroupant tout ce qui est capable de devenir conscient facilement et selon des conditions qui se présentent souvent. La nuance est importante, car le préconscient renferme un matériel qui est aisément accessible, pour autant que l’individu y fasse appel dans un climat de détente. On parle alors de pensée créatrice quand le moi se retire volontairement et pour un temps de ce préconscient qu’il vient de parcourir, en attendant de le contrôler plus efficacement plus tard. Dès lors, la créativité constitue une régression du moi dans son propre intérêt, et la personne créative est celle qui peut accéder à ces fonctions préconscientes beaucoup plus souvent que les autres.
J. Allocentrisme.À l’inverse des tenants de la psychanalyse et de la néopsychanalyse, pour qui la créativité est l’aboutissement de cheminements intérieurs inhérents à la lutte opposant des processus primaires inconscients et des processus secondaires conscients, E. G. SCHACHTEL (1959) considère qu’elle relève d’une conception tenant davantage de la dimension sociale et du champ perceptuel. Le tout se résume à la question de l’ouverture au monde et à une plus grande disponibilité pour l’expérience, et la lutte n’est plus au centre de l’individu, mais entre l’univers intérieur et l’univers extérieur. Il distingue deux modes de perception principaux entre le sujet et l’objet. Le premier est autocentrique, c’est-à-dire centré sur le sujet, et le second allocentrique, ou axé sur l’objet. En temps normal, précise-t-il, il y a chez tout individu prédominance du mode autocentrique pendant l’enfance, suivie d’une augmentation graduelle du mode allocentrique au cours de l’adolescence et l’âge adulte.
K. Pensée latérale. Edward DE BONO (1971) distingue chez l’être humain deux types de raisonnement. Ils correspondraient respectivement aux hémisphères gauche et droit du cerveau : la pensée verticale et la pensée latérale. La première se nourrit de logique et de rationalisme, affirme-t-il, tandis que la seconde se colore d’irrationnel. La créativité émane de l’utilisation de la pensée latérale, mais à l’intérieur d’un processus d’ensemble synergique où il y a encore place pour la pensée verticale. Car c’est celle-ci qui fournira à l’autre le matériel, les données et les informations destinées à être manipulées, dont on ne peut évidemment pas se passer. Si l’on veut, la pensée verticale procède de la continuité. L’on passe d’une information à l’autre. La pensée latérale, elle, produit la discontinuité et des possibles qui sont loin d’être démontrés au départ. Elle cherche davantage des idées inconnues ou originales, tout en tentant d’échapper aux limitations propres au premier système de pensée.
L. Pensées convergente et divergente. La créativité implique une pensée divergente, mais elle ne s’y substitue pas si l’on admet que la créativité est un processus conduisant à la création ou à la découverte de solutions nouvelles répondant à des situations problématiques, processus comprenant des étapes successives décrites par OSBORN, WALLAS, KOESTLER, où alternent la pensée divergente (nécessaire à la production non sélective des idées) et la pensée convergente (sorte de resserrement du champ des possibilités ou de dépouillement pour aboutir à une cohérence quintessenciée).
M. Synectique. La synectique, créée par William J. J. GORDON (1947), consiste à rendre l’étrange familier et le familier étrange, en vue d’en arriver à une utilisation maximale du matériel préconscient présent dans chaque acte créateur. La synectique est fondée sur d’importants postulats de base : le processus créatif n’est pas mystérieux; la créativité dans les arts et dans les sciences est déterminée par les mêmes processus intellectuels; le processus par lequel un individu invente est analogue au processus sous-jacent à l’invention en groupe; un processus davantage conscient permet d’augmenter l’efficacité créatrice; la composante émotionnelle y est plus importante que l’intellectuelle, et l’irrationnelle, plus importante que la rationnelle; ce sont les éléments émotionnels et irrationnels qui doivent être compris de manière à accentuer les chances de succès dans une situation de résolution de problèmes. Cette approche prend quatre formes principales : l’analogie personnelle, l’analogie directe, l’analogie symbolique, l’analogie fantastique.
N. Bisociation. Dans l’esprit de Arthur KOESTLER (1965), chaque fois que la vie nous apporte un problème, nous l’abordons conformément à un ensemble de règles utilisées dans le passé pour des questions semblables, y compris lorsque des caractéristiques nouvelles interdisent de le résoudre au moyen de ces règles appliquées naguère. Dès lors, les réponses deviennent stéréotypées et les aptitudes individuelles dégénèrent en structures rigides. C’est l’heure de l’éparpillement, des essais à l’aveuglette, des crises de désespoir, alors qu’il faut recourir à la bisociation. Cette bisociation équivaut à penser à côté, c’est-à-dire à trouver une matrice (le terme désigne alors toute structure d’activité régie par un ensemble de règles) auxiliaire qui débloquera la situation en accomplissant une tâche qu’on ne lui avait jamais demandée auparavant. Un oiseau mâle nourrissant ses oisillons suite au décès de la femelle (même si c’est contraire à ses habitudes), des chimpanzés joignant deux morceaux de bois pour attirer une banane dans leur cage, un peintre peignant à l’aide de pinceaux attachés à son avant-bras à cause de son arthrite, l’aviateur utilisant pour la première fois un parachute pour faire atterrir son avion dont les freins refusent de coopérer, tous exécutent une bisociation à partir d’habiletés ou de plans jusque-là incompatibles.
O. Théories diverses. Du côté des autres théories, on retrouve celle de l’inspiration divine, mise de l’avant par PLATON, et celle du génie intuitif, la position de KANT. Il y a ensuite celle qui veut que la créativité humaine ne soit qu’une manifestation de la force créative inhérente à la vie, et celle qui prétend que cette créativité humaine est l’expression de celle que l’on retrouve dans tout ce qui existe. Quant à celle de Carl R. ROGERS (1972), disons qu’elle prête au terme « créativité » deux sens. Le premier renvoie à un certain type de comportement surtout caractérisé par l’intuition et la spontanéité, tandis que le second, beaucoup plus large, correspond à la réalisation de soi et à la possibilité de devenir ce qu’on est capable d’être. Néanmoins, le plus souvent, il définira le processus comme étant l’émergence dans l’action d’un produit relationnel nouveau se détachant de la nature de l’individu et des événements ou circonstances de sa vie, tout en reconnaissant qu’il est impossible de donner une définition précise de l’acte créateur, car il serait indescriptible par nature. Selon lui, il serait l’inconnu que nous devons accepter comme méconnaissable jusqu’à ce qu’il se présente. En fait, il serait l’improbable qui devient probable.
P. Personne créatrice. Au fil des ans, les différentes études sur la personne créatrice ont démontré qu’elle était en santé, peu défensive, ouverte à l’expérience, dotée d’une image de soi positive, motivée, autonome, digne de confiance, honnête, équitable, amicale, civilisée et coopérative. D’un point de vue cognitif, elle est intelligente, ouverte, curieuse, flexible, imaginative et travailleuse __ PARÉ, A. (1977). La créativité est la manifestation de cette imagination créative dans une situation qui présente des insatisfactions ou pose problème aux yeux ou à l’esprit de l’individu « créatif » : on n’est dans un rapport créatif qu’à partir d’un problème symptôme, d’un problème obstacle, d’une interrogation.(...) Pour la plupart des auteurs, les définitions de la créativité sont inspirées des travaux américains et ont pour but de fournir un éclairage sur la nature de la créativité en vue d’un objectif pédagogique. Elles comprennent des notions qui constituent les postulats mêmes de toutes techniques et méthodes visant à développer la créativité : • tout individu créatif possède une aptitude ou une faculté à créer; • la créativité est le préalable à un processus appelé « création »; • la créativité implique la notion de combinaison et de réorganisation d’éléments existants; • la créativité suppose une idée de nouveauté et d’originalité __ LAMBERT, M. (1987).
Q. Déséquilibre. La créativité ne commence pas par des faits, mais par une appréhension de déséquilibre née d’une situation; elle s’exerce lorsqu’une situation présente des contraintes ou engendre des insatisfactions; elle naît de conflits entre le monde extérieur et l’individu placé en état de dissonance.
R. Condition. Si l’on admet que la créativité en tant que processus est motivée par la tendance que l’homme a « à s’actualiser et à devenir ce qui est potentiel à lui », la première condition de la créativité est que « la source ou le centre de jugement de valeur soit interne... Cela ne veut pas dire que le créateur oublie les jugements d’autrui ou refuse d’en prendre conscience, mais simplement que la base d’évaluation du produit créé se trouve en lui » __ ROGERS, C. R. (1979) dans LAMBERT, M. (1987).
S. Développement. Pour développer la créativité, écrivait A. F. OSBORN (1976), l’esprit n’a pas seulement besoin d’exercice, mais doit être pourvu de matériaux dont il peut le plus facilement tirer des idées __ id.
T. Anasynthèse. Si l’imagination créative et le rejet des routines semblent des conditions sine qua nonà toute manifestation de la créativité, ils ne sont pas suffisants pour qu’il y ait réponses créatives : la perception globale d’une situation doit être suivie d’un processus d’analyse, de comparaison des composants. (...) C’est dans l’aptitude à déterminer, analyser les composantes de la problématique ou de la situation conflictuelle, à sélectionner la ou les solutions possibles et nouvelles parmi la multitude des données ou des réponses, que réside la différence entre l’imagination et la créativité, cette dernière consistant à pénétrer l’essence du problème et non pas à exprimer uniquement une abondance d’idées __ LAMBERT, M. (1987).
U. Talent/potentialité. (...) non pas l’attribut de talents exceptionnels, mais plutôt un potentiel que chacun peut exploiter : la possibilité d’apprendre par soi-même, le désir d’ouverture à de nouvelles expériences, à de nouvelles réalités, l’expérimentation des différences, l’empathie aux autres, la curiosité pour les questions nouvelles, le goût d’explorer des idées divergentes, l’aptitude à formuler individuellement et en groupe les problèmes et à les résoudre, en bref la capacité de faire tout cela de façon réflexive et d’y trouver un plaisir __ BÉLANGER, P. dans DELORS, J. (1998).
V. CN : centre d’expression et de *; enseignement visant la *; objectif de *; pédagogie d’éveil-*; pédagogie de la *; test de *.
W. CN __ créatif,ive : émergence *; évaluation *; imagination *; lecture *; mouvement *; pédagogie *; processus *.