1. Gén. Terre cultivée ou action de cultiver la terre pour produire des végétaux. Ex. : culture des pommes de terre.
2. Spéc. Ensemble des connaissances acquises par une personne, soit de manière générale (ex. : culture des qualités intellectuelles et morales, culture de base, culture générale), soit de manière particulière, dans un domaine précis (ex. : culture scientifique, culture artistique, culture philosophique).Ant. inculture.
3. Com./Gest. Ensemble sélectif des rapports symboliques expliquant les relations qui existent entre les êtres humains et leurs environnements; guide de comportement avant tout fondé sur le symbolisme de la communication __ CARTIER, M. (1987). VA culture organisationnelle, A.
4. Diagn./Psych. Ensemble des traits distinctifs d’une personne au regard de tous les aspects de son développement intellectuel, cognitif, affectif, sensorimoteur, matériel, perceptuel, moral, spirituel, social, artistique, esthétique, etc. Dans ce sens, l’être cultivé est le contraire d’une personne inculte, ignare ou fruste. V être éduqué. VA F; compétence culturelle, A.
5. Did./Péd. VA constructivisme, K; discours pédagogique, 4; éducation nouvelle, F; éducation traditionnelle, C; enseignement de l’histoire et de la géographie; taxonomie de FRENCH, 1.2; 2.2/de HUNT, B.
6. Éduc. cult. Action de cultiver l’être humain, de développer certaines facultés du corps (culture physique), de l’esprit (culture intellectuelle) ou de l’âme (culture spirituelle), par des exercices et des cheminements appropriés. VA F; connaissance, H; égalisation des chances en éducation, G.
7. Éduc. cult. Vie de l’esprit, fruit des efforts individuels, [qui] finit par constituer l’ensemble des conquêtes intellectuelles et spirituelles qu’une communauté considère comme son patrimoine __ Gouvernement du Québec (1965). Accomplissement intellectuel et spirituel de la personne, son accès à la prise de conscience de soi et du monde, sa faculté créatrice __ MAC, QC (1978). Expression de la vie intellectuelle, et notamment scientifique et/ou artistique d’une communauté ou d’une société humaine. Ex. : la culture populaire du Québec, la culture de masse, le ministère de l’Éducation nationale et de la Culture. V valeur. VA autonomie, L, M et X.
8. Soc. (Gén.). Expression de la vie humaine; ensemble des éléments spirituels, intellectuels, institutionnels et matériels qui caractérise l’humain et les sociétés humaines par opposition à l’ensemble des éléments qui caractérise la nature, l’animal et les sociétés animales. Ant. nature.
9. Soc. (Spéc.). Expression de la vie sociale; ensemble des phénomènes sociaux (religieux, moraux, esthétiques, scientifiques, techniques, etc.) propres à une communauté, à une société humaine (ex. : la culture belge/française/québécoise/suisse) ou à une civilisation (ex. : la culture occidentale, la culture gréco-romaine). Ensemble des manières de voir, de sentir, de percevoir, de penser, de s’exprimer et de réagir; ensemble des modes de vie, des croyances, des connaissances, des réalisations, des us et coutumes, des traditions, des institutions, des normes, des valeurs, des mœurs, des loisirs et des aspirations qui distingue les membres d’une collectivité et qui cimente son unité à une époque. La culture est la masse des comportements que les êtres humains de toute société apprennent de leurs ancêtres et transmettent à la génération plus jeune __ LINTON, R. (1977). La culture, c’est d’abord l’ouverture à des valeurs universelles __ TENZER, N. (1989).Ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social __ DÉCLARATION UNIVERSELLE DE L’UNESCO (2002).VA autonomie, U; besoin, CC; empirisme, I; macrosystème, D; modèle éducationnel, D; pratique, D; système, D; théorie curriculaire, D. TA acculturation;société.
A. Étym. Du latin cultura, dérivé de colere, cultiver : culture au sens propre et au sens figuré. Philippe BENETON (1975) note que dans le latin classique, ce sens s’est étendu par métaphore, de la culture de la terre à la culture de l’esprit. Cicéron (106-43 av. J.-C.) écrivait d’ailleurs que l’esprit est comme un champ qui ne peut produire sans être convenablement cultivé. Le terme français a reproduit cette évolution, de sa naissance médiévale au sens propre, à la fin du XVIIIe s., à la reconnaissance intellectuelle de son sens figuré, au XVIIIe s. On est ainsi passé de la culture comme état (la terre cultivée), puis, par métonymie, à la culture comme action (le fait de cultiver la terre), et finalement, par métaphore, à la culture des lettres, des sciences, de l’esprit, de l’individu, etc. VA E.
B. Conception traditionnelle. Longtemps le terme de culture n’a été employé que de manière exclusive pour désigner le développement intellectuel, la production artistique ou les bonnes manières d’un individu ou d’une certaine élite bourgeoise et urbaine d’une société. Il s’agit là d’un paralogisme, d’une vision étriquée et discriminatoire de la culture. Il est par exemple que ce qu’on appelle histoire de la littérature française soit en fait l’histoire de l’activité littéraire parisienne __ SAPIR, E. dans BERTHOLY, M. C. (1976). VA J.
C. Culture/Kultur/Bildung. En allemand, Kultur correspond au terme français civilisation, alors que Bildung (formation) correspond à culture. Un allemand cultivé dira qu’il est gebildet (formé).
D. Polysémie. Le terme culture est riche de sens en français comme dans beaucoup d’autres langues européennes. Sa polysémie traverse aussi bien le langage populaire que le vocabulaire savant et, après des siècles d’évolution, en plus de la culture inuit, scientifique, ou ouvrière, on entend maintenant parler de culture de bactéries, de culture de moules, de culture physique, de culture rock ou de culture permanente. Il est clair que dans une discipline, il faut s’efforcer de clarifier l’usage des termes. Cependant, dans ce cas précis, il est tout aussi évident que la diversité des significations est elle-même signifiante : l’étendue et la complexité des usages rappellent le cheminement millénaire du concept, sa popularité multidisciplinaire et sa faveur intellectuelle, la diversité des points de vue, des pratiques et des idéologies en jeu, tout en n’excluant pas un certain chevauchement et une confusion certaine des sens du terme. Bref, le terme est pris dans tant de sens divers qu’il importe toujours de bien préciser le sens qu’on accole à son usage.
E. Culture/société. Les éléments interreliés d’une culture façonnent une collectivité en une entité cohérente et distincte. On ne peut cependant utiliser indifféremment les termes société et culture : le premier fait référence à un groupe d’individus tandis que le second rassemble les traits communs à une collectivité. Pour Gregory BATESON (1977, 1980), les humains, comme les animaux, s’adaptent à leur environnement changeant : leur culture est cette faculté d’adaptation. Pour Erwin GOFFMAN (1973, 2000), la culture n’a pas de réalité matérielle ni permanente; elle est une mise en scène renouvelée dans l’interaction des personnes et des groupes selon leur milieu. VA L.
F. Critères culturels d’une société. Le véritable développement culturel d’une société se mesure donc à la qualité de ses rapports avec ses membres et des relations mutuelles entre ces derniers. Ses critères sont le degré d’autonomie de la personne, sa capacité de se situer dans le monde, de communiquer avec les autres, et de mieux participer à la société tout en pouvant s’en libérer __ EMMANUEL, P. dans DE LANDSHEERE, G. (1979). La culture toute entière est un milieu de vie. Elle ne se réduit pas à des objets de musées ou à des œuvres de création solitaire. Si le patrimoine rassemble des signes qui rappellent un héritage d’humanité, si les œuvres des artistes ou des intellectuels expriment la plus haute conscience de l’homme, l’ensemble de l’existence est produit de culture. Celle-ci appartient à tous les citoyens. Par leur vie, ils la renouvellent ou s’y enlisent. Au fil du quotidien, dans leur travail et leurs loisirs, dans les échanges qu’ils entretiennent entre eux, ils élaborent des façons de concevoir leur existence, de l’interpréter, de lui donner un avenir. La culture doit être une création commune. À quoi servirait-il de construire un magnifique musée au milieu des taudis? Quel sens aurait la poésie pour des hommes condamnés à un travail dégradant? __ MAC, QC (1978).
G. Ethnologie et sociologie. À la fin du XIXe s., les ethnologues et les sociologues tentent de circonscrire l’usage du terme culture. En 1871, Edward Burnett Tylor (1832-1917) propose une des premières définitions scientifiques, en la désignant comme ce tout complexe comprenant à la fois les sciences, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes et les autres facultés et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société. Il distingue en même temps trois degrés d’évolution sociale : l’état sauvage, l’état barbare et l’état de civilisation. Karl MARX (1818-1883) et les théoriciens marxistes proposent ensuite de relier ce tout complexeet ses transformations historiques successives à la mutation des infrastructures socio-économiques, jugées déterminantes. Depuis lors, dans les sciences sociales, le mot culture renvoie à cette question centrale de la relation dialectique et historique entre la réalité et la symbolisation qui l’accompagne, entre le monde de la pratique et celui de la théorie, entre la culture comme système de productions matérielles et techniques, et la culture comme système de valeurs, de croyances et de symboles __ WILLIAMS, R. (1981). Les variantes proposées sont innombrables et toujours fortement influencées par la volonté de comprendre la diversité des cultures, et notamment de situer les sociétés dites modernes par rapport aux sociétés dites traditionnelles, sauvages ou primitives. Certains, comme Franz BOAS (1858-1942), rejettent la primauté de l’infrastructure matérielle et se concentrent sur l’étude de la diversité des aires culturelles et sur l’originalité des différentes cultures. D’autres, comme Bronislaw Kaspar MALINOWSKI (1884-1942) ou Alfred Reginald RADCLIFFE-BROWN (1881‑1955), s’efforcent de décrire les structures sociales propres à chaque culture, afin d’en comprendre la logique. D’autres encore, comme Max WEBER (1864-1920), tentent de comprendre comment chaque culture façonne les individus qui la composent et la reproduisent. Au début des années 1950, deux anthropologues américains, Alfred Louis KROEBER (1876-1960) et Clyde KLUCKHOHN (1905-1960), répertorient pas moins de 160 définitions différentes du mot et les classent en sept catégories, les unes étant dites descriptives, les autres historiques, normatives, psychologiques, structurelles, génétiques ou tout simplement incomplètes. Depuis, la polysémie scientifique s’est encore enrichie, avec l’ajout de considérations sur les diverses formes de comportements et de pensées à l’intérieur même des sociétés, comme celles qui se rapportent à la culture de masse, à la culture populaire ou à la culture des jeunes.
H. Culture/civilisation/barbarie. PhilippeBENETON (1975) note que civilisation est nettement le cadet de culture. Le terme forgé par le marquis de MIRABEAU en 1757, évoque d’abord l’affinement des attitudes, de la politesse et des mœurs. Mais, rapidement, pour les philosophes des Lumières, civilisation en vient à désigner le mouvement collectif et individuel qui fait sortir l’humanité de la barbarie puis, de l’action au résultat, l’état de la société civilisée. Le terme témoigne donc d’une nouvelle vision optimiste de l’histoire qui s’enchante de l’idée de progrès. Il est aussi le pivot d’une idéologie impérialiste et ethnocentrique qui justifie la nécessaire civilisation des sauvages, pour les intégrer progressivement dans l’univers des peuples civilisés. Mais, dès le XVIIIe s., des voix discordantes se font déjà entendre, notamment celle de ROUSSEAU, favorable au « bon sauvage ». Au siècle suivant, et plus encore au XXe s., l’ethnologie et la sociologie questionnent cette discrimination entre la sauvagerie et la civilisation au nom du relativisme culturel : si toutes les sociétés ont une culture, pourquoi certaines seraient-elles plus civilisées que d’autres? De nos jours, le terme civilisation est employé pour désigner une culture à dimension supranationale, un mouvement culturel suivi par différentes sociétés, surtout lorsqu’il s’agit d’un mouvement du passé. Ainsi, on parle toujours de la civilisation Maya ou de la civilisation romaine et certains sociologues parlent même de la civilisation occidentale, industrielle, technique ou urbaine. Mais, si le vocable culture a eu une abondante postérité, surtout dans les sciences sociales, le procès de l’ethnocentrisme et de l’évolutionnisme, et la défaillance de l’idée de progrès ont passablement éclaboussé le terme civilisation, parfois jusqu’à l’entacher d’une connotation péjorative.
I. Culturalisme. Courant de l’anthropologie sociale développé en réaction au structuralisme et au fonctionnalisme, le culturalisme considère comme essentiels les phénomènes de contacts, d’échanges et d’interprétation des cultures dans la formation d’une société et des individus qui la composent. Le culturalisme cherche l’articulation du psychologique et du social. Le culturalisme a cependant tendance à « naturaliser » un groupe ou une société à partir d’un héritage culturel qui lui serait propre, ou génétique, soit à partir d’un fondement unique. À ce type d’interprétation dite idéaliste ou fondamentaliste, on oppose les faits culturels comme résultant d’échanges et de rencontres avec d’autres groupes sociaux, en changement et non pas permanents. Les processus d’acculturation et les innovations seraient les signes d’une culture vivante et dynamique.
J. Culture et éducation. L’éducation est le moyen privilégié de transmission et d’épanouissement de la culture d’une personne, d’une communauté ou d’une société. Plusieurs auteurs se sont intéressés aux relations entre la culture et l’éducation. Hannah ARENDT (1906-1975) a, par exemple, développé une théorie qui assigne à l’éducation la tâche de conserver et de transmettre l’héritage de savoir et d’expérience reçu du passé aux nouvelles générations, afin que sur cet héritage culturel, elles commencent à leur tour quelque chose de neuf. Pour ARENDT, l’éducation est donc par essence conservatrice, non pas au sens sociopolitique, en ce sens que l’éducation doit enseigner aux enfants ce qu’est le monde, faire le bilan de la culture, afin qu’ils la transforment à leur tour : « Toute éducation qui n’est pas conservatrice est réactionnaire ». L’éducation est l’agent privilégié de transmission et d’épanouissement de la culture d’un peuple comme d’un individu. Une culture privilégie souvent, dans certains de ses aspects, des modes de pensée et cette question, liée à celle de la conception de la connaissance, est fondamentale du point de vue de l’éducation, car elle détermine de manière immédiate une conception du curriculum __ D’HAINAULT, L. (1980).VA B et P; éducation, M. K. Culture et formation des éducateurs. Suite à des documents ministériels, le Conseil supérieur de l’éducation du Québec (08.84) prône un haut niveau de culture dans le cadre de la formation professionnelle d’un éducateur. Il tient à préciser que ce haut niveau de culture doit reposer d’abord sur un savoir suffisamment riche. Mais cette culture doit s’accompagner d’une capacité de réflexion personnelle articulée sur l’habileté à établir des rapports entre les réalités, à analyser ces réalités, à affiner ses perceptions, à pouvoir accéder à des principes et à les utiliser concrètement. (...) Appliquée à l’éducation, cette culture professionnelle suppose l’habitude de l’analyse des phénomènes culturels, socio-économiques, affectifs et pédagogiques reliés à l’acte professionnel, par exemple, tout ce qui constitue les nouveaux développements en éducation : culture technologique, interdisciplinarité, adaptation scolaire, etc. VA profession, B.
L. Cultures. On parle des « cultures » pour désigner des ensembles plus ou moins vastes de façons de parler, de penser, de vivre, et, en corollaire, des langages, des croyances, des institutions. Culture française, culture anglaise, culture américaine, culture québécoise : ce sont là des expressions habituelles. Ces ensembles particuliers ont leurs traits spécifiques sans que pourtant ils soient clos sur eux-mêmes __ MAC, QC (1978).
M. Diversité et pluralisme culturels. Toute culture est marquée par la diversité : diversité des classes, des générations, des minorités, des régions. Toute culture comporte aussi des contradictions : conflits des traditions et des utopies, tensions des croyances et des techniques, oppositions des idéologies, ... Une culture est une réalité mouvante, historique, parfois déchirée, à l’image de l’homme qui l’habite __ id. Article 1 : la diversité culturelle, patrimoine commun de l’humanité. La culture prend des formes diverses à travers le temps et l’espace. Cette diversité s’incarne dans l’originalité et la pluralité des identités qui caractérisent les groupes et les sociétés composant l’humanité. Source d’échanges, d’innovation et de créativité, la diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. En ce sens, elle constitue le patrimoine commun de l’humanité et elle doit être reconnue et affirmée au bénéfice des générations présentes et des générations futures. Article 2 : de la diversité culturelle au pluralisme culturel. Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. Des politiques favorisant l’inclusion et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. Ainsi défini, le pluralisme culturel constitue la réponse politique au fait de la diversité culturelle. Indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique. (...) Article 6 : vers une diversité culturelle accessible à tous. Tout en assurant la libre circulation des idées par le mot et l’image, il faut veiller à ce que toutes les cultures puissent s’exprimer et se faire connaître. La liberté d’expression, le pluralisme des médias, le multilinguisme, l’égalité d’accès aux expressions artistiques, au savoir scientifique et technologique — y compris sous la forme numérique — et la possibilité, pour toutes les cultures, d’être présentes dans les moyens d’expression et de diffusion, sont les garants de la diversité culturelle __ UNESCO (2002).
N. Indices du développement culturel. Depuis bien longtemps déjà, nos sociétés occidentales ont mis sur pied des systèmes d’éducation. Elles ont pensé que l’héritage de traditions, de savoir, d’art, de techniques accumulé par les générations devait être transmis un peu systématiquement aux générations plus jeunes. C’était déjà se soucier du « développement culturel » ... Plus tard sont venues les politiques du loisir, des « affaires » dites « culturelles ». Les moyens de communication (radio, cinéma, télévision, ...) ont accéléré la prise de conscience de ce que l’on appelle la « culture de masse ». Aussi voit-on un peu partout les États s’appliquer moins à dresser des barrages (les populations occidentales les toléreraient mal) qu’à disposer des filtres, souvent au moyen d’accords culturels, devant le flot international de la culture de masse, en même temps qu’ils se préoccupent de protéger les sources de fécondité et d’expression de leurs propres cultures __ id. Depuis, il y a la mondialisation, le risque de la marchandisation universelle des produits culturels, et les résistances diverses : au plan international, les négociations pour l’exception culturelle dans les règles internationales du commerce; au plan de la francophonie, l’affirmation de la langue française et des autres langues contre l’hégomonie de l’anglais; à l’UNESCO, l’institution du patrimoine commun de l’humanité pour protéger la diversité culturelle et les chefs-d’œuvre de l’humanité; au plan de la société civile mondiale, les résistances multiples contre la globalisation économique, la « brevetisation » des patrimoines culturels nationaux ou de groupes minoritaires, etc. Par ailleurs, la révolution informatique gagne la planète en accentuant les inégalités d’accès au mode de communication et d’information numérique.
O. Composantes. Comme toute culture, la culture moderne est un système complexe composé d’éléments en interaction, et qui est à son tour en interaction avec les deux autres sous-systèmes de la société : l’économie et la politique. Certains de ces éléments de la culture moderne ont déjà dépassé l’époque de création, et d’autres commencent à produire, mais ils sont tous là, certains déployant leur ombre, d’autres leur lumière.
Source : BUNGE, M. (1983)
Les principaux éléments qui composent la culture moderne sont représentés sous forme schématique. À la base de l’édifice figurent les composantes les plus « solides » (bien que ce ne soit pas celles qui changent le moins), à savoir la science et la mathématique. Au premier étage se trouvent la technologie et les humanités, qui sont légèrement plus « molles », mais pas autant que les secteurs du deuxième étage que sont l’art et l’idéologie. La philosophie est, selon nous, un secteur hybride qui vient en partie se superposer à la science, la mathématique, la technologie et les humanités __ BUNGE, M. (1983). La culture, outre les arts et les lettres, englobe les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances __ DÉCLARATION UNIVERSELLE DE L’UNESCO (2002).
P. Culture/éducation. La culture transmise par l’éducation est double : • La culture commune. Au sens large, il s’agit de l’ensemble des connaissances que les membres d’une communauté partagent avec les autres sociétés. Ainsi, à chaque époque de l’histoire, les sociétés élaborent diverses conceptions du monde, de l’être humain et d’elles-mêmes (mythes, religions, philosophies, sciences, idéologies), qu’elles s’efforcent de transmettre aux générations suivantes et de partager entre elles. Il en va de même, d’une part, pour certains cadres symboliques généraux (le langage, le système perceptif, etc.) à la base de la communication sociale et, d’autre part, pour les systèmes de normes et de règles régissant l’ordre social (éthique, droit, coutumes) qui sont aussi transmis par l’éducation. Cependant, la culture commune doit toujours composer, dans son processus de transmission, avec certaines différenciations sociales produisant, selon les époques et les sociétés, des sous-cultures. C’est ainsi que les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les nobles et les roturiers, les jeunes et les vieux, possèdent une culture à la fois commune et différenciée. • La culture technique. Il s’agit d’un ensemble de connaissances plus particulières qui est la propriété des groupes sociaux (artisans, techniciens, savants, sorciers, chamans, professionnels, ouvriers, etc.). Plus spécialisée, la culture technique est évidemment liée directement au système productif de la société, mais aussi à diverses autres fonctions (contrôle social, production symbolique particulière, etc.) variables selon les époques et les sociétés, fonctions qui exigent des savoirs particuliers __ TARDIF, M. dans GAUTHIER, C. et TARDIF, M. (1996).
Q. CN : curriculum de * générale; école de * générale; enseignement de * personnelle; sous-* organisationnelle; sub*.