Cur. Curriculum occulte, dissimulé, informel, qui imprègne, colore et conditionne implicitement le curriculum officiel selon des valeurs et des normes, habituellement dominantes, sous-entendues, inconscientes ou implicites, habituellement relatives à un groupe particulier de personnes, auxquelles l’école adhère et qu’elle reflète dans son fonctionnement et ses activités. Ex. : La culture bourgeoise/capitaliste/démocratique/égalitariste/élitiste/humaniste/libérale/méritocratique/socialiste/technologique d’une école; les valeurs desautorités, des enseignants, des parents quant à la réussite personnelle, professionnelle et sociale. Qsyn. curriculum implicite/latent.Ant. curriculum implanté/officiel/réalisé. VA curriculum, G et K; curriculum ignoré, C; curriculum réalisé.
A. Curriculum caché/officiel/implanté/réalisé. Contrairement au curriculum officiel, implanté ou réalisé, le curriculum caché inclut des objectifs et des façons de faire qui ne sont pas planifiés, enseignés ou évalués réellement, ni habituellement formulés explicitement. Le curriculum caché constitue la culture occulte et tacite d’un milieu scolaire. Alors qu’il est courant de faire une appréciation critique du curriculum officiel, implanté ou réalisé, rarement s’attarde-t-on et remet-on en cause les données du curriculum caché dont les valeurs sont dominantes et solidement ancrées dans un milieu. Ces dernières sont au nombre des fondements inexprimés, mais acceptés de l’institution scolaire. Selon Robin BARROW et Geoffrey MILBURN (1990), il est possible que le curriculum caché ait des effets nettement plus durables sur l’apprentissage et les attitudes de l’élève que le curriculum officiel. V assises.
B. Curriculum caché/inexistant. Le curriculum caché inclut les valeurs dominantes implicites qui influent grandement et quotidiennement sur tous les aspects de la vie scolaire. Les données du curriculum caché peuvent donc déterminer implicitement les objets du curriculum inexistant, c’est-à-dire ceux qui ne feront pas partie du cursus scolaire pour des raisons davantage idéologiques que logistiques ou pédagogiques.
C. Importance, influence et contenu. Bien que le curriculum caché ne soit habituellement pas reconnu comme tel par les autorités scolaires, son influence est parfois plus grande et plus durable sur l’élève que le curriculum officiel ou réalisé. Les établissements scolaires véhiculent un ensemble de normes et de valeurs. Les messages que livre le curriculum caché se rapportent aux notions de genre, de classes sociales et raciales, d’autorité, et de connaissances dispensées par l’école, parmi tant d’autres. Les leçons qu’enseigne le curriculum caché en sous-tendent d’autres quant au rôle sexuel, au comportement approprié des jeunes, à la distinction à faire entre le travail et le plaisir, aux types de jeunes susceptibles de réussir dans telles professions, aux personnes qui sont autorisées à prendre des décisions au nom de telle ou telle personne en telles circonstances et aux genres de connaissances jugées admissibles __ GIROUX, H. et PURPEL, D. (1983) dans POSNER, G. J. (1992) : trad.
D. Apprentissages secondaires. Ces apprentissages relèvent du curriculum caché et non du curriculum officiel ou du curriculum réalisé. Par analogie aux effets secondaires d’un traitement ou d’une médication, ils consistent en des résultats non prévus ni planifiés de la situation scolaire. Ces apprentissages peuvent revêtir une connotation négative (ex. : détester l’école, une matière scolaire, les enseignants, etc.; apprendre à manipuler les gens, à tricher, à faire bonne impression, etc.) ou être associés à des valeurs jugées habituellement positives (ex. : apprendre à collaborer, à réaliser un travail bien fait, à respecter les autres, à accepter une autre autorité que celle de ses parents, à planifier ses travaux, etc.). George J. POSNER (1992) se souvient des enseignements implicites que les écoles qu’il a fréquentées lui ont appris : que promouvoir la compétition individuelle est la façon la plus juste et efficace de gérer un établissement tel une école; que l’on réussisse ou échoue à l’école, on obtient ce qui nous revient — c’est-à-dire que l’école est foncièrement méritocratique; que les garçons sont par nature meilleurs en sciences et en mathématiques que les filles; que la ponctualité, la propreté et l’effort sont souvent plus importants que les réalisations scolaires; que le fait de suivre les consignes et directives à la lettre est souvent plus important que l’apprentissage; et que les habiletés intellectuelles, telle l’habileté de manipuler des symboles, importent davantage que d’autres dispositions telles le sens des affaires, le leadership et la créativité.