DÉFINITION

1. Gén. Détermination des limites de la signification d’un mot, d’une expression ou de tout autre symbole linguistique dans un ensemble de termes interreliés; énoncé affirmatif résultant d’une telle délimitation et précisant la signification exacte d’un objet de pensée à l’aide d’autres termes supposés connus du lecteur cible ou précisés à d’autres articles du dictionnaire. VA objectif opératoire, N; savoir, D.

2. Épist./Sc. Convention logique a priori, principe à la base de l’édification d’un domaine de savoir (ex. : les axiomes et postulats en mathématiques). VA pensée critique, B1.1(9), K et L. TA axiome; paradigme; postulat. EA unité de base.

3. Ing. Étape de l’analyse de la valeur qui permet de déterminer la conception par la fixation sur des plans (ou dessins), de toutes les qualités propres du produit __ PETITDEMANGE, C. (1985).

4. Ling. Formule explicative, présentée comme synonyme du terme à définir, en vue de suggérer le sens d’un mot ou d’une expression; partie d’article de dictionnaire énonçant l’acception d’un terme. VA essentialisme, A.

5. Phi. Opération consistant à préciser le sens d’un concept; proposition affirmative qui consiste à énoncer la nature et les caractères essentiels d’un concept de façon à en faire connaître exactement l’extension et la signification à l’exclusion de tout autre.

6. Techno. éduc. Nombre fixé de lignes, formées de pixels, qui constituent l’image sur un écran __ CMTE (Fr.) (1992). Produit du nombre de lignes et du nombre de colonnes dans l’image d’un écran.

A. Étym. Du latin definitio (XIIe s.), definitionem et definitivus, dér. de definire, marquer les limites (fines), délimiter, démarquer, déterminer, préciser, spécifier; VIIe s. définissement; XVIIe s. difinition.

B. Nature. Pour la logique ancienne, la définition : a) vise à faire connaître son objet; b) exprime un jugement; c) sert d’appui au raisonnement. L’étude de la définition permet donc d’éclairer la logique du concept, la logique du jugement, la logique du raisonnement. La question centrale est de déterminer en quoi la définition répond aux exigences des conditions formelles de la pensée valide. Les logiciens distinguent les sortes de définitions selon qu’elles expriment l’essence ou les accidents d’un être réel ou non puisque la connaissance et la vérité dépendent de l’adéquation à la réalité. Les logiciens tentent ensuite de circonscrire quel type de jugements est véhiculé par la définition et quelles définitions correspondent à des jugements valides. Les logiciens s’interrogent ensuite sur l’effet des définitions quant à l’élaboration d’un raisonnement.

C. Structure d’une définition classique. Dans une approche globale, un vocabulaire spécifique, comme celui de l’éducation, est la somme de mots et d’expressions réunis en des sous-ensembles intersectés. Chacun des sous-ensembles se compose à son tour d’un certain nombre de termes interreliés; un tel sous-ensemble s’appelle la classe d’un groupe de termes (animal : rongeurs, carnivores, insectivores ...; rongeur : rat, écureuil, lapin, castor, ...). On distingue les termes appartenant à un même sous-ensemble générique en spécifiant les caractères particuliers de chacun. Ainsi, la définition classique d’un terme indique-t-elle le sous-ensemble auquel le terme appartient __ la classe __ ainsi que les attributs propres qui le distinguent des autres termes de sa parenté linguistique __ les caractères particuliers. Définition de castor = rongeur (classe) + au corps massif + à tête large et museau court + à large queue plate + à pattes postérieures palmées (caractères particuliers). La définition classique doit donc se plier à trois règles : 1. elle doit exprimer l’essence de son objet (par l’analyse de la compréhension) c’est-à-dire exprimer __ seulement __ ce que la chose ne peut pas ne pas être; 2. elle doit être caractéristique c’est-à-dire convenir à tout le défini et au seul défini; 3. elle doit s’effectuer par l’indication du genre (prochain ou éloigné) et de la différence spécifique.

D. Critique de la définition classique. Pour la logique classique, seule la définition de choses, essentialiste, remplit pleinement le programme de la définition. La logique moderne a voulu plutôt élaborer une logique du raisonnement qui évite le problème de la réalité. La logique classique néglige l’ensemble des énoncés de type générique qui constituent souvent des définitions complètes ou partielles. Enfin, la logique classique a peu poursuivi les efforts de situation de la définition dans l’élaboration du raisonnement et n’a pas perçu que des épistémologies particulières étaient possibles à partir de conceptions différentes de la définition.

E. Qualités d’une bonne définition. En regard du lecteur, une bonne définition doit être explicite, éclairante, évocatrice et compréhensible. En ce qui a trait au terme défini, la définition doit être précise, rigoureuse, exhaustive et spécifique; elle doit comprendre les caractères essentiels et non accidentels du terme; elle doit éviter la circularité et la tautologie. V définition tautologique.

F. Synthèse et critique. Résultante d’observations de la réalité, de réflexions portant sur des perceptions parfois divergentes d’un même terme, situé ou non à l’intérieur d’un sous-domaine terminologique, et fruit de l’analyse de rédacteurs, d’experts et d’utilisateurs, une définition doit forcément être issue de l’évaluation d’une variété de renseignements terminologiques qu’on a, par la suite, intégrés en un tout distinctif. La définition d’un terme dépend nécessairement du cadre particulier dans lequel elle se situe. À ce double titre, une définition, loin d’être un agrégat, doit être une synthèse dont la cohérence est à la fois interne et externe, et dont la formulation est issue d’une appréciation critique de diverses perceptions.

G. Types de définition. Un même mot ou une même expression peut être défini selon des modes différents. Les divers types de définitions sont autant d’éclairages complémentaires pouvant s’appliquer à un même terme. On compte deux types principaux de définitions : 1. la définition analytique qui caractérise la définition classique ou formelle, et 2. la définition tautologique ou nominale.

image2.png

H. Définition et linguistique. La philosophie du langage aborde le problème de la définition à la lueur de l’ensemble des approches possibles pour tenter une synthèse. La théorie et la méthodologie de la définition occupent une place centrale tant en lexicographie qu’en terminologie. Essentiellement, on tend à démontrer que la définition lexicographique s’apparente à l’analyse sémantique, à l’analyse sémiologique et à l’analyse scientifique, tout en puisant ses modèles principaux dans la logique, sans s’identifier ni à une partie, ni à l’ensemble de ces techniques. La définition terminologique se distinguerait nettement de la définition lexicographique dans la mesure où un vocabulaire de spécialité se distingue du vocabulaire d’une langue naturelle et où les définis sont des notions relevant de systèmes notionnels clos, la référence étant univoque.

I. Définition et épistémologie. Les aspects épistémologiques mis en jeu par une définition peuvent s’étendre sur trois réseaux de compréhension différents. Le premier touche à la théorie de la connaissance en cherchant à valider toute prétention à un savoir donné. Le second réseau recouvre les méthodes et notions cruciales articulant les sciences. Quant au troisième, il se bâtit à partir d’une analyse conceptuelle des termes essentiels constituant la connaissance. L’évolution historique de la notion de définition est passée par trois étapes. Dans un premier temps, les définitions étaient vues par PLATON et ARISTOTE, ainsi que par certains auteurs plus contemporains, comme des assertions. Celles-ci expriment des vérités ou des faussetés sur une réalité pour laquelle l’intuition est l’ultime critère. La deuxième position se retrouve chez PASCAL, RUSSELL et en général chez les logiciens modernes. On insiste sur le fait que par une définition, on légifère le nom à donner aux objets ou l’abréviation à utiliser pour les phrases complexes. Enfin, la troisième option voit la définition comme une expression des usages linguistiques où les règles fonctionnelles permettent de juger si elle est bonne ou mauvaise. Dans une optique plus moderne, la connaissance vue à travers une définition se révèle par des concepts dont les significations opèrent à trois niveaux juxtaposés. L’un est le mode logique où ces significations ne doivent pas entraîner de contradictions. Le second, ou mode physique, s’assure qu’aucune loi naturelle n’est enfreinte. Quant au troisième, baptisé mode technique, son rôle est de s’assurer qu’il y a possibilité de réalisations effectives. L’esprit fondamental est que si la définition introduit des concepts, ils se doivent, pour être signifiants, d’exprimer une quelconque réalité. Dans ce sens, la signification est sémantique lorsqu’elle répond à des questions telles que : comment le savez-vous?, que voulez-vous dire?; elle est pragmatique quand elle fait allusion à des actes délibérés ou à des domaines non cognitifs tels que celui des émotions; et finalement, elle est syntactique lorsque les constantes logiques sont mises en cause telles que : « et », « non », « équivalent », « parce que », etc. Une vue moderne plus étroite exige que tout terme significatif doive ultimement dépendre d’un test empirique. Ce test peut prendre la forme de phrases qui introduisent des observations, des sensations, des opérations ou des situations précises. La forme logique choisie peut être postulée, réductrice ou interprétative : a) le postulat légifère que X est Q lorsque X a la propriété A et B. Par exemple, un chien est un animal aboyant, ou (Qx = Ax + Bx); b) la réduction établit que sous les conditions P, l’objet X est Q si et seulement si X est R. Par exemple, si X est un homme, alors X est un père équivaut à X a des enfants, ou (Px ® (Qx = Rx)); c) une interprétation maintient que sous certaines conditions S, si X fait R alors X a la propriété C, et sous certaines conditions T, si X fait U, alors il n’a pas la propriété recherchée et définie. Cela impose les conditions empiriques que S, T, R et U ne peuvent coexister pour C. Par exemple, si X bouge, alors si X aboie, il est un chien; mais si X ne bouge pas, alors si X glapit, il n’est pas un chien, ou (Sx ® (Rx ® Cx)) et (Tx ® (Ux ® pas Cx)). Il est indéniable que cet appel constant à une théorie de la vérification soutient que la signification propre à une définition doit contenir des prédicats liés aux observations, des références à des objets singuliers et des constantes logiques. Le lien entre les diverses affirmations se fait par réduction ou déduction. Appliquée à l’éducation, cette position exige de la définition qu’elle contienne des éléments relatifs à l’usage, à la procédure, au contexte, à la théorie, aux qualités senties, aux observations réelles ou à celles rendues possibles par des opérations spécifiées. Par souci épistémologique, une définition peut s’inquiéter des conditions dans lesquelles on obtient et maintient une connaissance; ou on peut s’interroger sur les lois, hypothèses et principes d’inférence soutenant les savoirs; ou encore on peut examiner les liens unissant les diverses notions gouvernant un champ d’études particulier.

J. Définition et didactique. Une conception systémique de la didactique se prête à l’axiomatisation. La didactique, en tant que discours et en tant que pratique, repose alors sur un certain nombre de définitions. La validité des définitions engage alors la validité du discours et de la pratique didactique. L’activité de définition joue un rôle central dans l’élaboration des taxonomies d’objectifs. La définition, en tant que processus et en tant qu’opération mentale, infléchit et inspire l’élaboration des stratégies d’apprentissage. Enfin, une remarque banale s’impose : la définition est par nature un discours didactique.

K. Télévision. Les définitions normalisées sont de 625 lignes et de 819 lignes; la télévision haute définition (TVHD) commence à 1 125 lignes __ CMTE (Fr.) (1992).

L. Rôle (Ing.). La définition du produit permet de juger économiquement des décisions techniques retenues à la phase de conception.

M. CN __ définitoire : validité *.

» Dictionnaire