DICTIONNAIRE

1.  Biblio./Ling. Répertoire d’unités lexicales qui contient des informations de nature sémantique, notionnelle, référentielle, grammaticale ou phonétique __ BOUTIN-QUESNEL, R. et al., OLF (1985). Recueil des mots d’une langue, disposés selon un ordre alphabétique ou autre et suivis d’un certain nombre d’informations (définition, prononciation, étymologie, synonyme, exemples d’emplois, notes explicatives, etc.). Qsyn. terminologie; vocabulaire. TA lexique; thésaurus.

2.  Inf. Programme inclus dans certains logiciels de traitement de textes et qui permet de vérifier l’orthographe des mots.

A.  Spécialisations.

     a) Dictionnaires de langue. Syn. dictionnaires généraux/language dictionary; general dictionary. Ils abordent tous les mots du vocabulaire commun, leurs diverses significations et fournissent des exemples de leurs emplois. Ils excluent les noms propres et se limitent aux sens des mots retenus, à leur nature, à leur genre grammatical, à leurs formes graphiques, à leur prononciation. Le Petit Robert 1; Lexis; Hachette; Larousse; etc.

     b) Dictionnaires linguistiques. Ils donnent des informations sur tous les aspects des mots à l’exclusion de leurs définitions.

     c) Dictionnaires spécialisés/specialized dictionary. Leur objet d’études porte sur un champ limité du savoir humain, sur une technique, une science, un art, une discipline. Les termes sont définis dans une acception particulière n’appartenant pas au domaine de la langue commune. Dictionnaire de l’éducation; dictionnaire de la philosophie; dictionnaire de l’électricité. Les dictionnaires spécialisés doivent répondre aux questions qu’un lecteur se pose relativement à des termes qui ont des acceptions particulières ou qui ne font pas partie de la langue commune. Il existe des dictionnaires spécialisés centrés sur la langue commune : dictionnaire d’antonymes, de synonymes, d’homonymes, de rimes, d’analogies; dictionnaires d’étymologie, d’orthographe, de prononciation, des difficultés d’une langue, etc. V lexique; terminologie.

     d) Dictionnaires conceptuels. Ils abordent les termes sous l’angle des idées qu’ils traduisent.

     e) Dictionnaires thématiques visuels/illustrated thematic dictionary. Dictionnaires qui présentent la technologie d’abord en thèmes généraux, découpés en sous-thèmes, eux-mêmes répartis en éléments où sont représentées les notions. Ils se composent d’un ensemble d’illustrations détaillées qui permettent de reconnaître les parties essentielles d’un tout complexe. CORBEIL; DUDEN.

     f)  Dictionnaires encyclopédiques. Aux informations données sur les mots eux-mêmes, ils ajoutent de longs développements scientifiques, historiques, philosophiques, géographiques, etc. aussi bien sur les êtres humains que sur les choses. Encyclopedia of Educational Research; Encyclopédie 360; Le Petit Robert 2.

     g) Dictionnaires unilingues/monolingual dictionary; unilingual dictionary. Ils portent sur une seule langue et les mots sont désignés et décrits dans la langue à laquelle ils appartiennent.

     h) Dictionnaires multilingues/multilingual dictionary; interlingual dictionary. Ils portent sur plusieurs langues et les mots sont désignés et décrits dans deux ou plusieurs langues.

     i)  Trésors/scholarly dictionary. Ils décrivent la totalité des mots appartenant à une langue ou à un domaine important, fournissent de nombreuses informations à leur sujet, et les replacent dans leurs contextes-sources. On considère l’ensemble des mots, leur origine et leur évolution comme un bien précieux, d’où le nom associé à ce type de répertoires. Le Trésor de la langue française.

B.  Organisation. Le dictionnaire est formé d’entrées ou d’adresses, qui constituent les termes à définir ou à étudier.

C.  Entrée/article. L’ensemble des informations fournies sur une entrée constitue l’article.

D.  Entrée/nomenclature. L’ensemble des entrées ou des adresses constitue la nomenclature du dictionnaire.

E.  Ce qu’est le dictionnaire. On distingue généralement le dictionnaire de langue (Syn. dictionnaire général), donnant les mots de la langue commune et décrivant leur emploi, et le dictionnaire encyclopédique, donnant, en plus, les idées, les choses et les noms propres. Les dictionnaires sont monolingues ou plurilingues. La liste des mots figurant au dictionnaire en constitue la nomenclature. Les mots sont traités dans des articles, coiffés par l’entrée, présentés selon un classement alphabétique ou un classement conceptuel. L’article contient un certain nombre de renseignements usuels présentés selon un ordre prédéterminé. L’article du dictionnaire de langue comprendra souvent : l’entrée, les indications grammaticales (catégorie, genre, nombre), la prononciation, l’étymologie, la définition (s’il y en a plusieurs, chacune désigne une acception présentée selon un certain ordre), les exemples ou contextes, les renvois (indication de relations associatives entre les mots). Les dictionnaires contemporains tiennent souvent à la fois du dictionnaire de langue et du dictionnaire encyclopédique. Ces ouvrages font, par ailleurs, une part croissante aux vocabulaires de spécialité, voire aux terminologies. La rédaction d’un dictionnaire constitue tout autant une entreprise économique qu’une démarche scientifique. La rédaction des dictionnaires est soumise aux conclusions de la lexicographie. Elle n’en demeure pas moins la production d’un objet d’une très grande valeur sociale et économique, soumise à des règles et contraintes autres que scientifiques : le dictionnaire est conçu en fonction des destinataires-consommateurs pour servir dans le cadre d’activités socioéconomiques très précises.

F.  Ce que le dictionnaire n’est pas. Aucun dictionnaire n’est le dépôt de l’ensemble du lexique et des terminologies ou de l’ensemble des données du savoir. Les personnes qui consultent le dictionnaire oublient généralement ce fait. Le dictionnaire n’est pas la source d’une norme linguistique absolue. Nombre de dictionnaires ne se veulent que descriptifs d’un état de langue et comportent le moins possible d’indications normatives. Il est clair toutefois que le dictionnaire est centré sur la langue écrite, sur certains registres de langue, sur certaines utilisations de la langue. Le dictionnaire est une norme déjà à un niveau préconscient par le jeu de l’inclusion ou de l’omission dans la nomenclature, par les indications grammaticales et orthographiques, par le choix des exemples qui invitent essentiellement à l’imitation des bons auteurs. Le dictionnaire, description scientifique, est un produit de la généralisation, de l’abstraction, de la théorie. Le dictionnaire est soumis à une pragmatique particulière. Le dictionnaire n’est pas la somme transparente du lexique et du sens.

G.  Discours pédagogique. Le dictionnaire est un discours pédagogique en ce qu’il contient et constitue une doctrine de l’éducation. Le dictionnaire véhicule intentionnellement —assez souvent, aussi, inconsciemment — un ensemble de valeurs de connaissances et d’agir qui sont essentiellement celles des programmes d’études. Diverses analyses ont illustré ce fait. Par exemple, le Petit Robert (1976) contient une mention dont on sait qu’elle constitue une tradition pédagogique : « homme, être appartenant à l’espèce animale la plus évoluée de la terre... ». Par exemple, le Petit Robert (1976), dans le traitement des mots relatifs à la sexualité, prend quelquefois l’allure d’un discours destiné aux enfants : comparer « appendice : diverticule creux en doigt de gant attaché au cæcum » et « pénis : organe de la copulation chez l’homme » et « vagin : conduit qui s’étend de l’utérus à la vulve ».

H.  Discours didactique. Le dictionnaire est un discours didactique par le contenu, par la forme et par le ton. Il est un système d’instruction relatif à une somme de connaissances, codes et discours d’une discipline. Le dictionnaire est finalisé, organisé et planifié en fonction de la transmission et suppose des acquis préalables. Il n’est pas indifférent que le dictionnaire de langue ne soit pas le produit de la simple application de méthodes linguistiques pures, l’analyse sémique et l’analyse morphologique, par exemple.

I.   Acception particulière. Un programme peut référer à un dictionnaire interne sans pour autant servir à vérifier l’orthographe, par exemple le dictionnaire GOUGENHEIM dans la formule de lisibilité de Georges HENRY.

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