DOCTORAT

Ens. sup./Gest. app./Rech. Grade le plus haut obtenu par une personne qui a complété avec succès des études de troisième cycle, la rédaction et la soutenance d’une thèse faisant état d’une recherche personnelle et innovatrice s’étendant généralement sur plusieurs années. V grade universitaire. VA cycle, D; encadrement des élèves, C à H.

A. Types. On distingue actuellement le doctorat avec thèse, faisant état d’une recherche personnelle et innovatrice, et le doctorat professionnel où la scolarité tend à prendre plus d’importance ou remplace, tout simplement, la recherche.

B.Étym. Le mot « docteur » est utilisé dans la Bible (les docteurs de la loi) et dans la tradition chrétienne (les docteurs de l’Église : ceux qui enseignent la doctrine). Du latin médiéval, doctoratus. Le grade de docteur (doctor) a été créé au XIIe siècle. Au moment de la création de la fédération (universitas) des corporations du studium generale, on a régularisé l’usage du mot doctor pour désigner ceux que la fédération reconnaissait comme capable de docere, corrélatif de discere, c’est-à-dire d’aider à apprendre à ceux qui apprennent; celui qui sait, qui enseigne ou qui, après examen, est apte à enseigner. Docteur était donc un grade universitaire qui remplaçait maître (magister) devenu trop commun (Thomas d’AQUIN, De Veritate, q. 11, art. 1 c. dans MARIETTI, Rome, 1949). Le terme docteur « est devenu particulièrement usuel au XIXe siècle au sens de médecin (mais déjà signalé au XVIIe siècle) parce que les médecins, pourvus du titre de docteur, mettaient leur titre en valeur, quand le grade d’officier de santé existait encore ». La corporation des médecins, à l’encontre des corporations d’artisans, a choisi de former ses membres dans le studium generale et seuls les médecins ayant atteint les capacités reconnues par la « fédération » (l’université), pouvaient exercer la médecine. Cette corporation a survécu à la tourmente anticorporatiste de 1789 __ BLOCH (1975). La corporation s’est divisée à l’époque contemporaine en chirurgie dentaire, optométrie, médecine vétérinaire, etc. prolongeant à l’occasion la tradition des grades et titres moyenâgeux.

C. F.f. La formation en art dentaire ou en médecine nécessite généralement des études du premier cycle (baccalauréat ou licence). À ce titre, il serait plus juste et plus exact de parler de dentiste, de médecin, de vétérinaire ou d’optométriste que de docteur; seuls ceux et celles qui ont complété des études du troisième cycle, que ce soit en médecine ou dans d’autres domaines, ont effectivement atteint le rang de docteur. Au cours de la réforme des titres et grades universitaires fait par le Conseil des universités et le MEQ à la fin des années 1960, les programmes, conduisant à une pratique professionnelle, ont tous été ramenés à un premier cycle, y compris les programmes de médecine, de chirurgie dentaire, de médecine vétérinaire. Mais le poids du conservatisme de ces corporations a été inébranlable; aussi voit-on dans la liste officielle des grades et diplômes du premier cycle des universités, à côté des baccalauréats usuels, les medicinae doctor datant du Moyen Âge, les doctorats en médecine vétérinaire, etc. L’attention que chacun porte à sa propre santé (voir PLATON, PROTAGORAS) facilite pour les médecins l’utilisation abusive, dans le contexte actuel, du titre de docteur, linguistiquement réservé pour désigner les personnes doctes, savantes et/ou qui ont réussi des études du troisième cycle universitaire.

D. CN : post*; pré*.

E. CN __ doctoral,es : post*; études pré*.

» Dictionnaire