1.Écol./ERE(Gén.). Ensemble de conceptions et de valeurs concernant les relations entre des êtres vivants entre eux et avec leur milieu, perçues en terme d’interdépendance, et qui mène à l’action ayant pour but de favoriser la recherche et l’équilibre des écosystèmes __ SAUVÉ, L. (1992). Système de valeurs orienté vers la protection et la défense de la nature et de l’environnement __ ROCQUE, S. (1999). VA approche écologique, A; écologie, D; écologie politique, B.
2.Écol./ERE (Spéc.). Mouvement social orienté vers le changement de croyances, d’opinions, d’attitudes, de valeurs et de comportements des personnes et des collectivités en faveur de la richesse et de l’équilibre des écosystèmes __ SAUVÉ, L. (1992). Courant de pensée qui prône la protection de la nature et de l’environnement en condamnant le saccage des ressources naturelles et la pollution de l’environnement ainsi que, en contrepartie, en optant pour des valeurs conséquentes reliées aux développements humain, économique, industriel et urbain.
A. F.f. Ne pas confondre les termes écologisme et écologie. VA E.
B. Phi. L’écologisme s’appuie sur une éthique de la relation de l’Homme avec les milieux de vie. Cette dernière correspond le plus souvent à la philosophie du deep ecology, ou écologie profonde. Cette philosophie remet en question les fondements de la relation Homme-environnement et s’oppose à la philosophie du shallow ecology, ou écologie superficielle, qui accepte les compromis des solutions partielles aux problèmes de la relation Homme-environnement __ id.
C. Valeurs. L’écologisme, pour sa part, est également partie prenante d’une profonde mutation des mentalités (...) qui reconnaît l’émergence de nouvelles valeurs comme l’ouverture, l’interdépendance, le renouveau spirituel — nouvelles valeurs qui, d’une manière ou d’une autre, sont en intersection évidente avec une idéologie accordant un rôle privilégié à la Nature __ TESSIER, R. (1989).
D. Fondements. Selon Anna BRAMWELL (dans DELÉAGE, J.-P., 1991), Ernst HAECKEL est « le premier scientifique à donner ses fondements théoriques à l’écologisme. HAECKEL croit à une réforme politique fondée sur la connaissance scientifique des rapports de l’homme au monde et sur le respect fondamental de la beauté et de l’ordre de la nature ».
E. Écologisme/écologie. Selon Jean-Marc DROUIN (1991), l’écologie est parfois perçue beaucoup plus comme étant une idéologie que comme une science véritable. Il souligne qu’au nombre des facteurs explicatifs de cet état de fait se trouve « sans doute la manière même dont certains tendent à présenter l’écologie comme une sagesse ou une science globale ». L’association implicite entre écologisme et écologie risque de desservir ce domaine scientifique. Il ne faut donc pas confondre ces deux termes. « Bien qu’esquissée timidement dès la constitution du domaine scientifique, il faut attendre près d’un siècle avant que soit popularisée la relation biunivoque écologie-écologisme. Ce n’est que dans les années 1960 — lorsque les effets souvent dévastateurs de l’hypertropie du développement technologique sont exposés sur la place publique — que s’est imposée l’urgente conscience du rapport de l’Homme à son univers. Les méfaits de la pollution, l’épuisement des ressources naturelles, l’explosion démographique, la désertification, les risques d’utilisation de l’énergie nucléaire ainsi que la médiatisation de ces fléaux appréhendés ont contribué à accroître le nombre des êtres humains conscients des menaces que laisse planer sur eux la dégradation de leurs milieux de vie. C’est également durant cette décennie qu’un vaste courant politique environnementaliste voit le jour et s’organise. Les idées, les discours, les partis politiques “s’environnementalisent”. En s’inspirant parfois superficiellement des savoirs de l’écologie, on cherche à obtenir la même crédibilité et la même respectabilité que le domaine de référence que l’on prétend bien connaître. » __ ROCQUE, S. (1999). VA écologie, D.
F. Glissement de sens. L’association science-politique a sans aucun doute contribué à conscientiser les terriens que nous sommes à la responsabilité que nous avons tous à l’égard de notre planète. Cependant, cette association n’entraîne pas que des conséquences positives. Elle a conduit à une perte de sens ainsi qu’à une perte de crédibilité de l’écologie. Comme le souligne Jean-Marc DROUIN (1991), l’écologie est actuellement associée beaucoup plus à une idéologie qu’à une science véritable. Le rapprochement ambigu écologie-écologisme a fait passer à l’arrière-scène la nature même du domaine de l’écologie, de son objet d’études, du langage et des méthodologies qui lui sont propres __ id.