ÉDUCATION TRADITIONNELLE

Éduc. Éducation qui vise à transmettre, aux nouvelles générations, les idées, les connaissances et les valeurs communément admises dans une société. V paradigme rationnel. VA constructivisme, K; essentialisme, D; traditionalisme, C. EA approche mécaniste; éducation nouvelle; enseignement traditionnel.

A. Nature. Pour G. SNYDERS, l’ambition de l’éducation traditionnelle est de former l’esprit de l’enfant, puis de l’adolescent, en le mettant en contact avec la pensée des grands auteurs de notre civilisation. Il rappelle que, pour ALAIN et CHÂTEAU, « Éduquer, c’est proposer des modèles, choisir des modèles en leur conférant une netteté, une perfection, bref un style auquel la réalité actuelle ne peut atteindre ». Si le contact des modèles est pour ces auteurs fondamental, c’est qu’il constitue la condition première pour que l’originalité et l’individualité propres à chaque enfant s’épanouissent. En fait, l’éducation traditionnelle s’oblige à distinguer l’invention de la spontanéité facile. Elle postule que l’invention a besoin de s’appuyer sur des cadres et des méthodes éprouvées. (...) N’est-il pas vrai que c’est en s’efforçant d’imiter puis de dépasser HAYDN que BEETHOVEN a trouvé son originalité? Peut-on imaginer l’œuvre de KANT sans les théories antérieures de LEIBNIZ et HUME? __ CRAHAY, M. (1997). V paradigme inventif.

B. Rôle de l’éducateur. Dans l’éducation traditionnelle, le maître est un intermédiaire entre l’enfant et la culture, un médiateur entre l’élève qui découvre le monde et l’ensemble des connaissances qui ont été patiemment élaborées par l’humanité __ id.

C. Culture générale et individuelle. Si l’enseignement traditionnel se propose de présenter à tous les enfants ce qu’il y a de plus accompli dans la culture, ce n’est pas qu’il considère que les connaissances acquises valent par elle-mêmes, mais il les tient pour moyens de formation et d’émancipation de l’individu. C’est sans doute CHÂTEAU qui a été le plus clair à ce sujet. Dans un ouvrage intitulé La culture générale, il s’attache à montrer que la meilleure façon de préparer l’enfant à l’imprévisibilité du monde, c’est de former son intelligence, sa capacité de résoudre des problèmes. À cette fin, il faut le rendre capable de pénétrer la pensée d’autrui, en particulier celle d’auteurs difficiles. Il explique combien il peut être formatif de considérer une question sous plusieurs points de vue différents et, plus généralement, de concentrer ses forces sur une tâche. Bref, c’est en se frottant à la pensée des grands savants et des grands auteurs que l’élève peut le mieux construire sa propre pensée __ id. V compétence transversale.

D. Lacunes. On aura reconnu sous la description de l’éducation traditionnelle les idéaux de ce qu’on appelait anciennement les humanités. Les dérapages de ce type de formation sont bien connus : éducation purement livresque, enfermement de l’élève dans une réflexion coupée du monde actuel, formalisme des exercices et, en définitive, idolâtrie de la culture gratuite __ id.

E. Programme d’études. Cette transmission est favorisée par un découpage logique de la matière allant du simple au complexe, du passé au présent, de la maternelle à l’université __ BERTRAND, Y. et VALOIS, P. (02.82).

» Dictionnaire