Fond. éduc./Phi./Pol./Soc. Principe sociopolitique d’une égale possibilité d’accès à l’éducation pour tous et chacun. Principe éducationnel qui prône de mettre à la disposition de tous les êtres humains des ressources adéquates et suffisantes en vue de favoriser au mieux leur développement. Processus et activités de mise à la disposition de ressources éducatives adéquates en vue de favoriser au mieux le plein développement de tous les êtres humains. Situation éducationnelle globale qui en résulte. V démocratisation; droit à l’éducation; éducabilité; éducationnisme; égalité des chances.
A. Gén. Dans une acception étendue, l’égalisation des chances en éducation concerne à la fois les écoles formelles d’un système d’éducation ainsi que les autres ressources éducationnelles d’une société.
B. Spéc. Dans son acception spécifique, on fait particulièrement référence aux ressources du milieu scolaire et du système d’éducation.
C. Phases. (...) trois phases peuvent caractériser la poursuite de l’égalisation des chances éducatives, soit (1) en assurant d’abord une égalité d’accès, (2) en fournissant aux individus et aux groupes des services éducatifs qui leur permettent d’actualiser le plus possible leurs talents propres et leurs ressources individuelles et collectives, ce qui appelle la diversité de mesures éducatives ajustées aux aspirations et aux besoins eux-mêmes diversifiés, (3) en recourant à divers correctifs vis-à-vis des inégalités sociales de façon que l’appartenance à un groupe ne constitue pas en soi une source d’inégalités éducatives; on recherche ainsi l’égalité des résultats, en ce sens qu’on minimise autant qu’il se peut l’appartenance à un groupe social comme facteur d’insuccès __ CSE (1980). V A égalité, B et C; égalité de traitement, C.
D. Visées. L’égalisation des chances éducatives se situe dans la recherche d’une plus grande justice sociale et fait conséquemment appel à la fonction sociale et culturelle du système éducatif. L’éducation étant considérée comme un droit humain élémentaire, l’égalisation des chances éducatives devient une condition essentielle et indispensable à l’exercice de ce droit. Cependant, il ne suffit pas de reconnaître le droit à l’éducation, encore faut-il bien s’entendre sur sa définition et sur les moyens de l’exercer. Le droit à l’éducation ne se limite pas à la possibilité de fréquenter l’école; il se définit plutôt comme le droit de chaque individu à recevoir un minimum de formation de qualité pour assurer son épanouissement et sa participation à la société à laquelle il appartient __ id.
E. Promotion individuelle __ id. • Une libération de l’être; • la possibilité de développer au maximum toutes les aptitudes; • la reconnaissance et la valorisation d’habiletés différentes; • la réalisation des performances les meilleures par le plus grand nombre; • une interaction dynamique de la personne avec son environnement; • la nécessité de reconnaître des expériences diversifiées en regard de la complexité des fonctions sociales. V être éduqué; individualisation.
F. Promotion collective __ id. • L’enrichissement de la collectivité grâce aux différences qui peuvent s’exprimer; • l’appropriation par les divers groupes des outils nécessaires au développement collectif; • une réponse adéquate aux besoins sociaux les plus impérieux; • une promotion particulière des groupes socialement et économiquement défavorisés. V société éducative.
G. Promotion culturelle __ id. Tant pour les individus que pour les groupes, les exigences d’une promotion également culturelle appellent : • la diversification des services éducatifs selon les besoins des divers groupes; • l’accès à tous ces services; • l’existence de services supplémentaires pour les plus démunis.
H. Conditions et exigences __ id. (...) Une politique d’égalisation des chances implique : 1) qu’on favorise une organisation pédagogique centrée sur l’élève et sur ses apprentissages; 2) qu’on assure pour tous à l’école une formation commune de base qui permette à ceux qui le désirent de poursuivre leur formation dans l’avenir; 3) qu’on réconcilie dans la formation scolaire les divers types d’intelligence, particulièrement l’intelligence verbale et l’intelligence manuelle, et donc qu’on revalorise les fonctions techniques et manuelles; 4) que, sans négliger la fonction prédictive de l’évaluation à l’école, on mette l’accent sur les fonctions formative et sommative; 5) qu’on ne voie point dans l’école le seul remède aux inégalités éducatives et sociales qui exigent, en outre, pour être réduites, des politiques en matière de santé, de revenu, de fiscalité et de main-d’œuvre, entre autres choses; 6) qu’on favorise l’avènement d’une société éducative, où les ressources éducatives plus nombreuses et plus diversifiées soient aussi plus facilement accessibles; 7) qu’on assure la promotion culturelle des individus et des groupes défavorisés par des services diversifiés accessibles et plus nombreux; 8) qu’on affirme et qu’on mette en œuvre le principe de la discrimination positive à l’égard des groupes défavorisés; 9) qu’on décentralise des services éducatifs à la collectivité et qu’on favorise la participation des collectivités locales et régionales à l’orientation et à la gestion de ces services; 10) qu’on reconnaisse des apprentissages effectués en dehors des cadres scolaires. V société éducative.