Péd. Enseignement dont l’ensemble des objectifs s’articule au sein d’un cadre intégrateur, d’un objet global d’études, d’une idée générale, d’une interrogation d’ensemble. Un enfant ne s’intéresse pas à la géographie, aux sciences ou à la grammaire; un enfant s’intéresse aux grenouilles, aux fleurs, aux ponts, aux astres, aux nuages, aux animaux, ... __ BOUCHARD, C. (1982). Syn. enseignement thématique. EA intégration formelle.$$\epsilon$$intégration des matières.
A. Nature. Cette méthode d’enseignement se situe dans le prolongement des centres d’intérêt de DECROLY. Mais la fréquence et la variété des usages qu’on en fait a suscité des mises en garde. À partir du moment où elle s’éloigne de la conception decrolyenne, on lui reproche d’être artificielle et de disperser les efforts des maîtres et des élèves (MINDER, 1979). CIXOUS et al. (1979) distinguent expressément enseignement par thème/de l’interdisciplinarité, tandis que TORESSE (1979) s’en prend aux faux thèmes qui ne relient pas la classe à la vie, mais la ramènent sournoisement aux apprentissages livresques. TRONCHÈRE, qui désigne aussi le thème comme un malheureux avatar des centres d’intérêt, le définit comme suit : « Une question, parfois très vaste, choisie par la classe, et qui sera étudiée pendant une période de durée variable (...). Ce thème fournit la matière d’œuvre pour toutes sortes d’activités scolaires : français, calcul, biologie, géographie, etc. » __ BOYER, J.-Y. (1983).
B. Critique. J.-Y. BOYER (1983) fait ressortir la problématique de l’enseignement par thème : « Le problème peut se ramener aux constatations suivantes : ou l’enseignement par thème ne tient pas vraiment compte des programmes et alors il se crée son propre problème d’intégration à la réalité scolaire actuelle, ou il en tient compte superficiellement en récupérant des contenus et il aboutit alors au placage et à la motivation artificielle; ou encore, il tient compte de la réalité des programmes et implique un effort d’intégration qui ne peut être imposé à des enseignants dans la situation actuelle. Dans ce dernier cas, il faudrait que les auteurs des programmes aient déjà amorcé de façon plus substantielle le processus d’intégration ».