1. App. syst. Appréciation de l’aléatoire, du désordre, de la désorganisation, de l’imprévisibilité dans un système; cette incertitude et ce désordre eux-mêmes. Ant. néguentropie. VA système fermé, A; système ouvert, A et C.
2. Com. Mesure de l’incertitude dans la transmission d’un message, lequel degré d’indétermination est proportionnel à la quantité d’information; cette incertitude elle-même __ SHANNON, C. E. (1949).
3. Écon. Mesure des frictions sociales engendrées par les processus de production et de la dissipation d’énergie et des ressources économiques dans des activités improductives __ GEORGESCU-ROEGEN dans CAPRA, F. (1983); énergie utilisée à des fins non productives.
4. Éduc. Degré de désordre d’un système d’éducation. Mesure de la proportion des échecs scolaires, des troubles d’apprentissage, des décrocheurs. Appréciation des ressources et des énergies qui entravent la réussite des apprentissages ou qui n’y concourent pas dans un système d’éducation; ce désordre; ces échecs; ces ressources et énergies improductives. VA cycle de l’éducation, G.
5. Sc. Grandeur qui permet d’apprécier la dégradation d’énergie dans un système; cette dégradation elle-même. Partie d’une somme d’énergie qui ne peut être convertie en travail. VA écosystème, X; énergie; environnement, N.
6. Stat. Degré de dispersion des données relatives à une variable; cette dispersion elle-même.
A. Abrév. : H (en communication); S (en sciences).
B. Étym. Du grec entropê, action de se retourner, de se transformer; entropia, conversion, retour en arrière. Formulé par le physicien allemand R. E. CLAUSIUS (1865) qui établit que l’entropie d’un système isolé ne pouvait que croître.
C. État d’entropie : phase de développement économique dans laquelle les coûts de coordination bureaucratique et d’entretien excèdent les capacités de production de la société et où l’ensemble du système s’écroule sous son propre poids et sa propre complexité __ HENDERSON, H. dans CAPRA, R. (1983).
D. Entropie/désordre/chaos. L’entropieétant la mesure du désordre dans un système, l’entropie maximale correspond au désordre total, c’est-à-dire le chaos. Entropie est synonyme de dégradation, de désordre et de désorganisation.
E. Entropie/nature. Les processus naturels vont toujours vers une augmentation du désordre, et ce désordre est mesuré par l’entropie. C’est une quantité qui augmente toujours, inexorablement. (...) L’entropie est reliée quantitativement à la structure ordonnée des choses. Plus il y a d’ordre, moins il y a d’entropie. (...) Il me plaît d’envisager l’entropie comme la quantité qui exprime la propriété la plus certaine de notre univers actuel : sa tendance à se dégrader, à se consumer (...) il est donc tout à fait normal que toute tentative pour appréhender la vie ne puisse l’ignorer __ LOVELOCK, J. (1990).
F. Entropie et probabilité. On verra que les systèmes à haute information (faible entropie) sont des systèmes très « improbables ». À l’inverse, plus l’entropie est élevée, plus grande est la probabilité que le système soit engendré par des phénomènes non dirigés, c’est-à-dire laissés au hasard. On voit ainsi approcher la relation entre la probabilité et l’entropie. Plus l’entropie d’une configuration est élevée, plus grande est la probabilité de la voir apparaître (...) __ REEVES, H. (1986).
G. Entropie/travail. Plus l’énergie disponible pour effectuer un travail est faible, plus l’entropie d’un système est élevée. Pour diminuer l’entropie, une addition d’énergie est donc nécessaire, laquelle sera consacrée à effectuer un travail d’organisation.
H. Ordre et désordre. Pourquoi y a-t-il de l’ordre et de l’organisation dans l’univers? Comment expliquer l’évolution? Comment l’ordre peut-il naître dans le désordre? La réponse apportée par plusieurs « cybernéticiens » fut celle-ci : c’est dans le désordre que naît l’ordre. MORIN (1979, p. 54) soutiendra que « l’ordre et l’organisation, nés avec la coopération du désordre, sont capables de gagner du terrain sur le désordre ». Cependant ces trois notions sont inséparables. Selon MORIN, l’ordre ne s’épanouit que lorsque l’organisation crée son propre déterminisme et le fait régner dans son environnement. L’organisation a besoin de principes d’ordre intervenant à travers les interactions qui la constituent. Les interactions supposent du désordre (inégalités, agitations, catastrophes, turbulences, etc.). Plus l’ordre et l’organisation se développent, plus ils ont besoin du désordre. Ces notions sont donc complémentaires, concurrentes et antagonistes __ BERTRAND, Y. et GUILLEMET, P. (1989). VA système fermé, B.
I. Apprentissage. L’apprentissage étant un processus de structuration, l’éducation est donc un domaine de savoirs et d’activités qui va à l’encontre de l’entropie : l’éducation vise le développement d’êtres éduqués, l’organisation de structures personnelles, etc. L’éducation n’est pas un phénomène de la nature, cette dernière tendant à la fois vers l’ordre et le désordre. L’éducation ne peut s’effectuer que par apport d’énergie, de travail, d’effort.
J. Signification dans divers domaines __ LEROUX, R. (09.88).
Concepts qualitatifs plus généraux (systèmes plus complexes)
astrophysique,
paléontologie,
biologie,
écologie,
sciences économiques,
sciences sociales,
philosophie,
…
+ d’ordre
- d’ordre
+ structuré
- structuré
+ complexe
- complexe
+ organisé
- organisé
+ différencié
- différencié
…
…
K. Néguentropie : terme utilisé par Erwin SCHRÖDINGER (1955) pour désigner l’entropie négative, c’est-à-dire un état ou un processus d’ordre, d’organisation, de structuration.