ÉPISTÉMOLOGIE

n.f.

1. Phi. (Gén.). Étude philosophique critique de la connaissance, de ses fondements, de ses principes, de ses méthodes, de ses conclusions et des conditions d’admissibilité de ses propositions. VA théorie curriculaire, G et I. TA gnoséologie. EA fondements de l’éducation.

2. Phi. (Spéc.).Étude philosophique critique qui porte spécifiquement sur la connaissance scientifique. Au début du XXe siècle, l’objet de l’épistémologie se limitait à la nature et aux données de la science. VA approche, I; philosophie, B, C, G.2.

A. Tradition anglaise/française. Si la tradition française ne distingue guère, en pratique, le sens général (théorie de la connaissance comme entreprise philosophique, ou gnoséologie) et le sens spécifique actuel, cette dernière acception tend de plus en plus à s’imposer à l’exclusion de l’autre. La tradition anglosaxonne, pour sa part, emploie epistemology dans le premier cas et philosophy of science dans le second. Jean PIAGET identifie pour sa part les deux sens dans son projet de constitution d’une épistémologie génétique. Il s’agit d’une étude empirique et expérimentale de la naissance et de l’évolution des connaissances menée par le biais d’une psychologie génétique et d’une étude historicocritique des sciences. VA constructivisme, B. TA accommodation; assimilation; équilibration.

B. Historique. Bien que le terme soit de création récente (début du XXe s.), on trouve des préoccupations épistémologiques dès l’apparition de la philosophie en Grèce (VIe s. av. J.-C.). Ainsi, bon nombre de problèmes actuels de l’épistémologie ont été et demeurent formulés dans le vocabulaire de la philosophie (par ex.,le débat entre empiristes et rationalistes sur l’origine et la justification des connaissances; le débat entre idéalistes et matérialistes sur la nature de la réalité, etc.). Cependant, avec la naissance des sciences empiriques et expérimentales depuis le XVIIe s., certains de ces problèmes reçoivent de nouvelles formulations, tandis que d’autres apparaissent, contribuant à la constitution de l’épistémologie conçue comme étude critique de la science. En ce sens, l’épistémologie est conçue comme une réflexion critique portant sur les conditions d’admissibilité des principes, des fondements, des méthodes et des conclusions d’une ou des sciences qu’elle se donne pour objet. TA empirisme; idéalisme; matérialisme; opinion; rationalisme; savoir; vérité; validité.

C. Épistémologie analytique/sociocritique. En éducation, cette pluralité des tendances se traduit notamment par la présence de l’épistémologie analytique et de l’épistémologie sociocritique. La première se définit comme une analyse du langage de l’éducation visant à déceler et à éliminer les paradoxes ou les ambiguïtés résultant d’une représentation inadéquate de la réalité. La seconde se veut une analyse des discours et des pratiques éducatives dans le but de mettre à jour leurs fondements idéologiques, de les identifier comme masques et produits de déterminations socioéconomiques. TA fait; idéologie; interprétation; paradigme; phénomène;représentation.

D. Critères de pertinence. Une épistémologie est utile si elle satisfait les conditions suivantes : a) elle concerne la science proprement dite et non l’image puérile, et parfois même caricaturale, tirée de recueils de textes élémentaires; b) elle s’occupe de problèmes philosophiques qui se présentent effectivement au cours de la recherche scientifique, ou de la réflexion sur les problèmes, méthodes et théories de la science, au lieu de s’occuper de petits problèmes qui n’existent pas; c) elle propose des solutions claires à de tels problèmes, et notamment des solutions qui sont des théories rigoureuses et intelligibles, adaptées à la réalité de la recherche scientifique, et non des théories confuses et inadaptées à l’expérience scientifique; d) elle est capable de distinguer la science authentique de la pseudoscience, la recherche profonde de la recherche superficielle, la recherche de la vérité de la quête du pain quotidien; e) elle est capable de critiquer les programmes ou les résultats erronés, tout comme elle peut suggérer de nouvelles approches pleines de promesses __ BUNGE, M. (1983).

E. Branches de la nouvelle épistémologie __ id.

a) Logique de la science ou recherche des problèmes logiques et métalogiques concernant la logique requise par la science et la structure logique des théories scientifiques. b) Sémantique de la science ou recherche (analyse et systématisation) des concepts de référence, de représentation, de contenu (ou signification), d’interprétation, de vérité, etc. qui se présentent à la recherche scientifique et métascientifique. c) Théorie de la connaissance scientifique,à la différence d’autres types de connaissance (technique, technologique, artistique, morale, philosophique, etc.). d) Méthodologie de la science, ou étude de la méthode générale de la recherche scientifique, ainsi que des méthodes ou techniques spécifiques aux sciences particulières. e) Ontologie de la science, ou analyse et systématisation des hypothèses et résultats ontologiques (métaphysiques) de la recherche scientifique (le postulat de la légalité par exemple). f) Axiologie de la science, ou étude du système de valeurs de la communauté scientifique. g) Éthique de la science, ou recherche des normes morales que suivent ou ne suivent pas les chercheurs scientifiques. h) Esthétique de la science, ou étude des valeurs et canons esthétiques de la recherche scientifique.

F. Utilités de la nouvelle épistémologie __ id. L’épistémologie associée à la science et disposant des outils formels de la philosophie peut apporter les contributions suivantes : a) Dégager les hypothèses philosophiques (sémantiques, gnoséologiques et ontologiques, en particulier) des plans, méthodes ou résultats. b) Élucider et systématiser les concepts philosophiques utilisés dans de nombreuses sciences comme, par exemple, ceux de l’objet physique, du système chimique, du système social, du temps, de la causalité, du hasard, de la preuve, de la confirmation et de l’explication. c) Aider à résoudre des problèmes scientifico-philosophiques, comme celui qui consiste à savoir si la vie se distingue par la téléonomie et la psyché par la non-spatialité. d) Reconstruire des théories scientifiques de manière axiomatique en profitant de cette occasion pour mettre en évidence leurs fondements philosophiques. e) Participer aux discussions sur la nature et la valeur de la science pure et appliquée en aidant à éclaircir les idées à ce propos, et même en aidant à élaborer des politiques culturelles. f) Servir de modèle à d’autres branches de la philosophie, l’ontologie et l’éthique en particulier, lesquelles pourraient tirer profit d’un lien plus étroit avec les techniques formelles et avec les sciences.

G. Disciplines contributives. L’épistémologie n’est plus une discipline indépendante. Les problèmes épistémologiques peuvent être abordés grâce à la collaboration de disciplines alliées telles que la sémantique, la psychologie et les sciences humaines. (...) L’épistémologie n’est qu’une science cognitive au nombre de plusieurs autres. Elle accuse d’importants chevauchements, en particulier avec la psychologie (cognitive, du développement et évolutionniste) et avec la sociologie (en particulier la psychologie sociale et la sociologie du savoir) __ BUNGE, M. (1983) : trad.

H. Épistémologie/biologie. Si l’épistémologie doit devenir scientifique, elle doit apprendre non seulement de la neurophysiologie et de la psychologie physiologique, mais aussi de la psychologie du développement (génétique) et de tout ce que la biologie évolutionniste peut nous apprendre de la cognition __ BUNGE, M. (1983) : trad.

I. Épistémologie et sciences cognitives et philosophiques.

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Source : BUNGE, M. (1983)

L’épistémologie doit être reconstruite avec l’aide de la biologie, de la psychologie et des sciences humaines puisque le processus d’apprentissage survient chez et entre des êtres humains, lesquels possèdent la nature animale.

J. CN __ épistémologique : fonction *; théorie curriculaire *.

K. Nomenclature.

abstraction

a. empirique

a. réfléchissante

a. réflexive

a. simple

accommodation

activité cognitive

amitié

antiréalisme

antiréductionnisme

approche commune

a. des humanités

a. des sciences appliquées

a. doctrinaire

a. hypothético-déductive

a. mathématique

a. scientifique fondamentale

a. technologique

art

assimilation-accommodation

assise

assises

atomisme

axe de développement

axiologie

axiomatique

axiomatisation

axiomatiser

axiome

base

branche du savoir

cartésianisme

cerveau

champ

code

c. conceptuel

cognition

cognitivisme

connaissance

c. a priori

c. de surface

c. empirique

c. heuristique

c. logicomathématique

c. physique

c. profonde

connexionnisme

connexionniste

constitution

construction mentale

construit

définition

d. mathématique

déterminisme

développement

dialectique

discipline

d. appliquée

d. dérivée

d. fondamentale

discours

dogmatisme

domaine

donnée

doute méthodique

échafaudage général

émergentisme

empirisme

épistémè

épistémique

é. appliquée

épistémologie écologique

équifinalité

équilibration

esprit critique

explication

àfonction épistémologique

fondement

fondements

généralisation symbolique

générativité

génétisme sans structure

globalisme

historicisme

holisme

honnêteté intellectuelle

hypothèse

hypothético-déductif

idéalisme

immanence

immanentisme

individualisme

information immédiate

i. médiate

initiative

intégration

intellectique

interactionnisme symbolique

interdisciplinaire

interdisciplinarité

intimité

intradisciplinaire

irrationnalisme

isomorphisme

logicisme

logique formelle

l. symbolique

macrohypothèse

matrice disciplinaire

m. scientifique

mécanicisme

mécanisme

métamodèle

métaparadigme

méthode axiomatique

m. déductive

m. hypothético-déductive

méthodique

méthodologie

monodisciplinaire

mot clé

multidisciplinaire

naturalisme

novation

objectivation

objectivisme

obstacle pédagogique

ontologie

organicisme

paradigme

p. artificiel/instrumental

p. disciplinaire

p. métaphysique

p. sociologique

pensée critique

p. c. équitable

p.c. sophistique

p. disciplinée

p. orientée

p. raisonnable

p. réfléchie

p. réflexive

penseur critique

p. efficace

p. réfléchi

perception

période

persévérance intellectuelle

phase de développement

phénoménalisme

phénoménologie

positivisme

p. logique

postulat

pragmatisme

prémisse

présupposé

présupposition

principe

pseudoconnaissance

pseudopédagogie

pseudoscience

raisonnement

rationalisme

rationnel

réalisme

r. critique

r. naïf

r. scientifique

réductionnisme

relativisme

r. cognitif

rigueur intellectuelle

romantisme

savoir

s. absolu

s. méthodique

s. radical

s. systématique

scepticisme

s. absolu

s. méthodique

s. radical

s. systématique

schéma

science

sciences empiriques

s. factuelles

s. formelles

scientisme

sens critique

signe

socioconstructivisme

sociologisme

stade

stades du développement cognitif

structuralisme

s. génétique

s. sans genèse

structuration

structure cognitive

subjectivisme

sujet épistémique

système combinatoire

s. d’information

s. de signification

taxonomie de NIELSEN

t. de PIAGET

t. du développement scientifique

t. du domaine psychosocial

t. du d. scientifique

t. du d. social

théorème

théorie

t. cohérentiste de la vérité

t. correspondantiste de la v.

t. de la connaissance

t. déflationniste de la vérité

t. pragmatiste de la v.

unidisciplinaire

unidisciplinarité

unité de base

utilitarisme

vérité

vitalisme

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