ÉTUDE DE CAS

n.f.

1. Gén. Étude et discussion de situations particulières concernant une personne.

2. Adm. Analyse d’une situation virtuelle ou réelle.

3. Péd. Situation problématique présentée à un groupe qui doit en trouver la solution par la simulation (ex. : jeu de rôle ou discussion). VA modèle d’enseignement, E; stratégie pédagogique, F; style cognitif, I.

4. Rech. VA recherche survey, B.

A. Origines. La méthode des cas a été introduite aux États-Unis (Business School de Harvard) vers 1914, sous le nom de case system, dans les programmes de Droit et de Législation. Cette méthode fut ensuite perfectionnée, notamment par Kurt LEWIN et Jacob L. MORENO, à l’occasion de recherches relatives à la dynamique des groupes __ TOURNIER, M. (05.78), MEQ : DGEC.

B. Pertinence. Selon Roger MUCCHIELLI, l’étude de cas est spécialement indiquée pour la formation au diagnostic et à la décision dans le domaine des problèmes humains. En effet, les situations humaines sont avant tout complexes et une intervention judicieuse, en vue de résoudre un problème, suppose que l’on ait posé, au préalable, un diagnostic tenant compte de toutes les composantes de la situation. Pour cela, les solutions types ou les connaissances universitaires sont inutiles si elles ne sont pas opérationnalisées et ajustées en fonction de la situation concrète. L’enseignement par la méthode des cas vise précisément à permettre l’application de connaissances théoriques ou abstraites, acquises au préalable ou à l’occasion de l’étude de cas elle-même, à la résolution de problèmes concrets. De ce fait, cette méthode est censée procurer aux participants un certain équivalent d’expérience professionnelle __ id.

C. Déroulement. Les principales phases du déroulement de l’étude d’un cas sont habituellement les suivantes : • phase préliminaire : prise de connaissance du cas (lecture d’un texte, visionnement d’un film, etc.) qui peut s’effectuer avant la rencontre; • phase 1 : « explosion » des opinions de chacun des participants; cette phase devrait permettre de révéler à chacun sa subjectivité et l’existence d’opinions autres que la sienne; • phase 2 : retour aux faits et à l’information disponible pour sortir de « l’impasse » engendrée par la manifestation d’opinions divergentes; au cours de cette phase d’analyse du cas, il doit y avoir un effort d’objectivité du groupe et la preuve de sa réussite est l’accord du groupe sur les significations des faits, ce qui conduit à un diagnostic réellement élaboré en commun; • phase 3 : conceptualisation et recherche des constatations, issues de l’étude du cas, mais de portée suffisamment large pour mériter d’être considérées comme des « principes pratiques à retenir » utiles à la compréhension et à la résolution de situations du même genre. Là encore, l’accord du groupe est le seul garant de la validité des formules proposées; de plus, l’animateur peut expressément demander que soient formulés ces « principes », mais il ne doit en aucun cas les formuler à la place du groupe __ MUCCHIELLI, R. (1972) dans id.

D. Conditions d’efficacité : 1. les critères du « bon cas » : • situation concrète authentique puisée dans la réalité; • situation-problème appelant de façon urgente un diagnostic et/ou une décision; • situation exigeant pour être traitée une information et une formation dans le domaine des préoccupations professionnelles des participants; • situation « totale », c’est-à-dire accompagnée de toutes les données de fait disponibles et pertinentes; 2. le facteur temps : il faut 12 à 15 séances de 2 à 3 heures chacune, à un rythme hebdomadaire, pour que le bénéfice de la méthode des cas devienne apparent; il faut compter environ le double de temps et de séances pour que la méthode ait une valeur effective de formation expérientielle. En fin de programme les débats peuvent exiger des périodes de temps de l’ordre de 4 à 5 heures consécutives; 3. le groupe : selon Mucchielli, l’analyse solitaire d’un cas est parfaitement inutile et inefficace, car l’effort de compréhension et de diagnostic d’une situation humaine est toujours bloqué par les préjugés de celui qui y réfléchit; ce dernier est incapable de penser de manière objective et ajustée à un problème humain, à moins qu’il ait appris quelles sont ses propres attitudes et qu’il parvienne à les dépasser. Or, c’est précisément le groupe qui intervient comme agent révélateur de la subjectivité et comme agent de pression au changement. En outre, l’expérience prouve que l’hétérogénéité du groupe est à souhaiter; un groupe homogène serait, de manière un peu semblable à un seul individu, prisonnier de stéréotypes nuisant à son objectivité; 4. la technique d’animation de la discussion : l’animateur doit se montrer d’une neutralité intégrale quant au fond des discussions (non-directivité sur le fond) : il ne doit émettre ni suggestion, ni évaluation, ni avis personnel quant au contenu des échanges; il doit accueillir intégralement toutes les opinions et reformuler systématiquement toutes les opinions émises par les participants. Par contre, il doit diriger la discussion (directivité sur la forme) : distribuer la parole, s’assurer de l’égalité de la participation des membres, élucider les réactions collectives, faire des synthèses partielles et une synthèse finale, etc. __ MUCCHIELLI, R. (1972) dans id.

E. Simulation et jeu de rôles. Notons enfin que l’on a quelquefois recours à la simulation ou au jeu de rôles, avant ou après l’étude de cas proprement dite. Ainsi, on peut demander à l’ensemble des membres du groupe, ou à une partie d’entre eux, de participer à une simulation et de procéder ensuite à l’étude du cas que constituent les événements survenus au cours de la simulation. Quant au jeu de rôles, il peut être utilisé, soit de la même manière que la simulation pour créer le cas à analyser, soit après l’étude de cas pour passer de la décision parlée à la décision agie. Ce dernier mode d’utilisation permet de démontrer qu’il est souvent beaucoup plus facile de dire que l’on prendrait telle décision que de la prendre effectivement. À ce propos, MORENO estime que les vraies attitudes personnelles peuvent rester indiscernables lorsqu’on parle au cours de l’étude de cas; mais pendant le jeu de rôles, l’observation du comportement effectif ne trompe jamais. Ainsi, ce serait lorsqu’on parle que l’on peut jouer la comédie et lorsqu’on joue que l’on se révèle tel que l’on est __ MUCCHIELLI, R. (1972) dans id.

F. CN : méthode d’*.

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