MÉTACOGNITION

1. Ens. lang. VA compréhension en lecture, D; habiletés d’écriture, B.

2. Psych. cogn. (Gén.). Connaissance qu’on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l’apprentissage d’informations ou de données __ FLAVELL, J. H. (1976) dans NOËL, B. (1977). V cognition. VA anasynthèse, E; modèle pédagogique, J; rationalisme, G. TA didactique; régulation.

3. Psych. cogn. (Spéc.). Processus mental dont l’objet est soit une activité cognitive, soit un ensemble d’activités cognitives que le sujet vient d’effectuer ou est en train d’effectuer, soit un produit mental de ces activités cognitives __ NOËL, B. (1977). Champ de recherche en sciences cognitives et processus qui conduit à l’autogestion des activités de cognition __ CARON, J. et al. (1991).

A. Origine. Connaissance des connaissances et du processus qui y conduit, la métacognition est apparue au milieu de la décennie 1970 grâce aux travaux de John Hurley FLAVELL.

B. Objet. La métacognition se rapporte entre autres choses, à l’évaluation active, à la régulation et à l’organisation de ces processus en fonction des objets cognitifs ou des données sur lesquelles ils portent, habituellement pour servir un but ou un objectif concret __ FLAVELL, J. H. (1976) dans NOËL, B. (1977).

C. Types __ id. On arrive ainsi finalement à neuf objets d’études différents qui sont souvent confondus sous le terme unique de métacognition.

Objet➔

Modalité↓

1. Mémoire

2. Compréhension

3. Résolution de problèmes

  1. Activité cognitive sur son propre processus mental et sur les produits de son propre processus mental

1

2

3

  1. Activité cognitive sur les propriétés pertinentes de l’information ou des données de l’apprentissage

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  1. Régulation

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D. Processus __ NOËL, B. (1977).

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E. Étapes : 1. Le processus mental proprement dit qui comprend notamment la conscience qu’a le sujet des activités cognitives qu’il effectue ou de leur produit. Nous appellerons cette étape le processus métacognitif. 2. Le jugement exprimé ou non par le sujet sur son activité cognitive ou le produit mental de cette activité. Nous parlerons de jugement métacognitif ou, par abréviation, de métacognition (ou encore de produit de la métacognition). 3. La décision que peut prendre le sujet de modifier ou non ses activités cognitives ou leur produit ou tout autre aspect de la situation en fonction du résultat de son jugement métacognitif. On peut parler ici de décision métacognitive __ id.

F. Champ de recherche. Le champ de recherche propre à la métacognition consiste dans l’étude des fondements théoriques et empiriques de la thèse selon laquelle la compréhension et le contrôle des activités cognitives (la démarche métacognitive) concourent au développement des compétences intellectuelles ainsi qu’à l’optimisation des performances __ CARON, J. et al. (1991).

G. Processus métacognitif. Le processus métacognitif est une démarche d’introspection qui comporte deux dimensions essentielles : 1. ce qu’il faut savoir d’une tâche à exécuter, ce qu’il faut savoir des façons de procéder pour y arriver et ce qu’il faut connaître de soi, de ses compétences à réaliser la tâche. C’est le savoir métacognitif. 2. L’entreprise de contrôle de ses activités cognitives — sous l’effet des expériences métacognitives et de la rétroaction interne qu’elles fournissent __ id.

H. Composantes de la démarche. Pour qu’un individu puisse prendre en charge consciemment et délibérément son fonctionnement cognitif, il lui faut remplir trois conditions. Ce sont les trois composantes de la démarche métacognitive (voir, notamment, LEFEBVRE-PINARD et PINARD, 1985) : 1. Il doit connaître certaines choses : • de lui-même (notamment, les ressources dont il dispose); • de l’activité cognitive à accomplir (notamment, la nature et les objectifs de la tâche); • et des façons de procéder pour l’accomplir (au sujet des stratégies cognitives et des stratégies métacognitives). C’est le savoir métacognitif. 2. En cours de démarche intellectuelle, il gère ses activités cognitives selon un processus d’autorégulation, c’est-à-dire qu’il : • active son savoir métacognitif par un dialogue intérieur; • est conscient de ses expériences métacognitives, lesquelles lui servent de rétroaction (rétroaction endogène et interne); • oriente et ajuste sa démarche cognitive en fonction de cette autorétroaction. 3. Lors de l’issue finale (la réussite ou l’échec), il confronte la rétroaction externe qu’on lui renvoie à la rétroaction interne qu’il s’est donnée; il valide ainsi son propre jugement et enrichit son savoir métacognitif ainsi que ses mécanismes d’autorégulation __ id.

I. Appropriation de soi. ANGERS et BOUCHARD proposent le concept d’appropriation de soi pour désigner une démarche de nature métacognitive : « Nous désignons par l’expression appropriation de soi l’effort d’objectivation qui consiste à prendre une conscience plus vive de ce qui se passe en soi et à parvenir à une connaissance claire, cohérente et valide. (...) » L’appropriation de soi proposée par ANGERS et BOUCHARD repose sur les études du pédagogue canadien Bernard LONERGAN, dont l’ouvrage majeur, Insight - A Study of Human Understanding (1957), adopte, sans la nommer, une perspective métacognitive __ id.

J. Activité métacognitive __ LAFORTUNE, L. et SAINT-PIERRE, L. (1992). Les deux composantes de la métacognition se nourrissent l’une de l’autre. On peut voir l’activité métacognitive comme un cycle :

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K. Habiletés métacognitives. L’autogestion cognitive se développe par la pratique de la métacognition. (...) la démarche métacognitive consiste en la connaissance et le contrôle de ses processus cognitifs. Pour devenir un apprenant métacognitif, il faut développer des habiletés d’introspection et des habiletés d’autorégulation. 1. Les habiletés d’introspection. L’introspection consiste en un dialogue avec soi-même (se questionner et répondre) visant à objectiver ses expériences métacognitives. C’est-à-dire comprendre ses états (émotions, sentiments) ainsi que les façons de procéder qu’on adopte spontanément, de façon habituellement inconsciente et automatique. 2. Les habiletés d’autorégulation. L’autorégulation consiste à intervenir consciemment et délibérément dans sa démarche cognitive, pour désautomatiser les conduites défavorables et renforcer les stratégies de réussite. (...) Lorsque les mécanismes d’autorégulation portent sur un objet d’apprentissage large (par exemple : organiser son travail, réussir un cours, étudier efficacement), nous leur attribuons une deuxième étiquette : résoudre des difficultés, pour mieux faire comprendre aux étudiants l’extension qu’on accorde au processus métacognitif. Pour résoudre une difficulté, il importe de bien comprendre ce qui fait problème et il faut agir pour solutionner le problème. Cette démarche de résolutions de problèmes est bel et bien une démarche d’autorégulation __ CARON, J. et al. (1991). V enseignement interactif.

L. Péd. La recherche fondamentale y contribue, entre autres, par l’étude des facteurs métacognitifs de compétence, c’est-à-dire les facteurs de compétence relevant de la bonne gestion des ressources intellectuelles. (...) La recherche fondamentale ouvre la voie à un nouveau type d’interventions pédagogiques axées sur l’enseignement de la métacognition. (...) Les recherches sont aussi précieuses pour les enseignants soucieux d’éviter des pratiques pédagogiques inadéquates (à titre d’exemple, voir CULLEN, 1985) et désireux de voir leurs étudiants effectuer les apprentissages attendus. (...) La recherche appliquée, quoique jeune, est néanmoins vigoureuse. Plusieurs programmes ont été mis sur pied un peu partout aux États-Unis et au Canada pour développer, notamment, des techniques de raisonnement, ou « techniques cognitives d’ordre supérieur » (teaching thinking) dans plusieurs domaines de connaissance : la lecture, l’expression écrite, l’arithmétique, les mathématiques et les sciences (pour une recension des travaux, voir GLASER, 1988) __ CARON, J. et al. (1991).

M. CN __ métacognitif,ive : activité *; décision *; démarche *; facteur * de compétence; habiletés *; jugement *; processus *; savoir *.

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