Écon./Pol. Doctrine qui prône un retour aux principes du libéralisme économique par un rétablissement du libre jeu des différentes entités du marché et en faisant appel à l’État comme force régulatrice de ce libre jeu.
A. Libéralisme/néolibéralisme. Le néolibéralisme diffère de la pensée des économistes de l’École classique essentiellement au niveau du rôle qu’il confère à l’État. En effet, alors que le libéralisme refuse radicalement toute ingérence étatique, le néolibéralisme quant à lui tolère et encourage la participation de l’État dans certains secteurs de la production, les seules conditions posées à la participation de l’État étant que les entreprises restent privées et que soit maintenu le jeu de la libre concurrence.
B. Fondements. Le néolibéralisme se veut une réponse à l’interventionisme proposé par John Maynard KEYNES (1883-1946) qui visait à régler les difficultés rencontrées par le capitalisme américain au cours des années trente. En empruntant et en injectant massivement de l’argent dans le système économique, l’État jouait désormais un rôle actif dans le mécanisme de fixation des prix. Dans les années soixante-dix, un courant du libéralisme proposera d’alléger le fardeau de l’État en ne lui conférant plus qu’un rôle économique minimal. Bien que limitée, cette charge est par contre considérée comme essentielle par les néolibéraux puisque l’État est maintenant appelé à garantir la stabilité du cadre économique dans lequel pourra s’épanouir la libre concurrence. Dans l’optique néolibérale, l’intervention de l’État sera donc compatible avec le libre mécanisme des prix et visera principalement à assurer la stabilité monétaire. Dès lors, une des principales tâches de l’État est de veiller à contrer l’inflation ou la déflation rapide de la monnaie. Lors de pareils phénomènes, il ressort que le profit ne représente plus nécessairement les retombées de l’apport d’un producteur à la communauté ni que les pertes ne soient les conséquences d’erreurs commises par ce même producteur. Ainsi, un État obéissant aux principes du néolibéralisme adoptera des mesures telles une législation antitrust ou encore une réglementation syndicale qui permet d’éviter les « closed shop » et qui limite le droit de grève. Il sera aussi appelé à adopter une réglementation qui touche l’organisation bancaire et la politique du crédit. Finalement, un gouvernement agissant en accord avec la doctrine du néolibéralisme adoptera des lois visant à équilibrer le budget de l’État. Sur le plan de la redistribution des richesses, la pensée néolibérale accepte l’intervention de l’État à condition que celle-ci ne nuise pas à la dynamique de l’économie de marché et qu’elle soit en accord avec les principes de la libre concurrence et du mécanisme de fixation des prix.