Écol. Rôle fondamental d’une espèce ou d’un organisme dans une communauté spécifique, incluant son espace physique, ses activités ainsi que ses relations avec les autres composantes de l’écosystème __ ROCQUE, S. (1999). V écosystème.
A. Origine. Terme introduit par Charles ELTON en 1927. Niche : de l’italien nicchia, réduit du chien.
B. Niche/habitat. Pour Eugene P. ODUM (1971) dans VIEIRA DA SILVA, J. (1979), l’habitat identifie « l’adresse » de l’organisme alors que la niche en précise « la profession ».
C. Dimensions. Le concept de niche écologique a reçu un développement considérable avec l’introduction par Evelyn G. HUTCHINSON (1957) de la notion de dimensions dans la niche, qui correspondent à l’occupation par l’organisme d’un certain nombre de « positions » pour les différentes ressources et en relation à différentes variables écologiques. Dans ces conditions, la niche écologique est l’ensemble des conditions dans lesquelles la population vit et se renouvelle __ VIEIRA DA SILVA, J. (1979).
D. Confusion. Bien que séduisant, le concept de niche écologique demeure un concept flou et, actuellement, peu opérationnel comme en témoigne la citation suivante de Jean-Paul DELÉAGE (1991) : « Soixante ans de controverses pour ne pas arriver à le bien définir, tel est le bilan plus ou moins déroutant d’un concept tenace que les écologistes nomment de façon entendue et presque familière “la niche”, écrit Daniel LACHAISE, qui poursuit : “Si le concept de niche a la vie si dure, c’est qu’il doit traduire une profonde nécessité théorique”. Il est logique que les modèles théoriques récents cherchent à formaliser en langage mathématique la démarche plus intuitive de leurs prédécesseurs, mais cette abstraction a bien souvent été porteuse de confusion plutôt que de la clarté attendue. Cette forme trop abstraite a incité les écologistes à trouver des équivalents concrets au concept si difficile à saisir. Ainsi ODUM définit la niche comme la “profession” de l’organisme dans la communauté, tandis que l’habitat serait son “adresse”. J. BLONDEL et F. BOURLIÈRE comparent le diptyque habitat-niche à la combinaison d’une serrure et de sa clé. La serrure est l’habitat qui comprend des facteurs biotiques et abiotiques sur lesquels la population n’a pas de prise; la niche, c’est-à-dire les potentialités de la population, est la clé, plus ou moins bien adaptée à la serrure » __ DELÉAGE, J.-P. (1991) dans ROCQUE, S. (1999).
E. Niche/hypervolume. Considérant chaque condition comme une dimension, la niche représente un volume dans un espace à n dimensions qui comprend l’ensemble des conditions de l’écosystème : c’est ce que HUTCHINSON appelle l’hypervolume __ VIEIRA DA SILVA, J. (1979).
F. Principe de GAUSE. Deux espèces ne peuvent occuper simultanément la même niche écologique. L’une des deux espèces doit nécessairement disparaître ou restreindre son étendue et sa densité. C’est ce que l’on nomme le principe d’exclusion compétitive de GAUSE.
G. Niche écologique/espèce. Au sein de sa niche écologique, une espèce se trouve confrontée à : • un milieu ambiant dont les propriétés physico-chimiques sont plus ou moins stables ou fluctuantes, plus ou moins « prévisibles » selon que ces fluctuations sont régulières ou erratiques; • des ressources alimentaires limitées ou non, diversifiées ou non (la diversité de la ressource dépendant autant de la diversité propre à l’environnement que des exigences alimentaires plus ou moins strictes de l’espèce); • d’autres espèces avec lesquelles elle entre en compétition pour un ou plusieurs éléments de la ressource globale; • des causes de mortalité variées (prédateurs, parasites, intoxications microbiennes...) et d’inhibitions diverses en provenance d’espèces antagonistes, non forcément en compétition pour la ressource (espèces pouvant, par exemple, modifier les caractères du milieu, produire des toxines, etc.) __ FRONTIER, S. et PICHOD-VIALE, D. (1991).
H. Enjeu. Au sein d’une niche écologique, la survie constitue l’enjeu d’une espèce.