Phi. Position de ceux qui, dans la querelle des Universaux au Moyen Âge, refusent d’accorder l’existence aux idées générales pour ne reconnaître que celles de noms ou de signes généraux. Ant.réalisme. VA idéalisme, B.
A. Historique. La position nominaliste a d’abord été défendue par ROSCELIN (XIe s.). On distingue parfois ce nominalisme extrême du conceptualisme de Pierre ABÉLARD (1079-1142) et du terminisme de Guillaume d’OCCAM (fin du XIIIe s.-1350) qui sont tenus pour des formes de nominalisme modéré en ce qu’ils reconnaissent l’existence des idées générales dans l’esprit humain __ KOTARBINSKI, T. (1964).
B. Nominalisme/réalisme. Le nominalisme s’oppose au réalisme qui admet l’existence d’idées générales en dehors de leur expression par des signes.
C. Rasoir d’Occam. La position épistémologique d’OCCAM (terminisme) le conduit à formuler un précepte méthodologique resté célèbre, le rasoir d’OCCAM : entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, c’est-à-dire « il ne convient pas de multiplier les êtres ou les entités sans nécessité », principe d’économie central dans toute l’épistémologie empiriste.
D. Nominalisme/nominalisme scientifique. Le nominalisme scientifique est la forme contemporaine du nominalisme. Il se présente dans diverses théories de la science interprétant les faits, les lois et les théories scientifiques comme des systèmes conventionnels et/ou commodes de règles ou de symboles et qui substituent ces idées à celles de vérité, de réalité et de connaissance objective. Cette option nominaliste est présente chez Edward LE ROY (1870-1954), chez les conventionalistes (POINCARÉ, La science et l’hypothèse, 1902) de même que chez les membres du Cercle de Vienne, dans la mesure où ils prônent l’étude du langage de la science, toute réserve faite sur l’empirisme de ces auteurs.