RÉALISME

1. Gén. Caractère de celui qui, dans la pensée comme dans l’action, prétend prendre en compte toutes les données objectives d’une situation et les apprécier avec justesse. Ant. idéalisme; irréalisme; utopisme. TA empirisme; pragmatisme.

2.Épist. Doctrine selon laquelle la connaissance scientifique porte sur une réalité objective qu’elle dévoile peu à peu et dont l’existence est indépendante de l’observateur. Syn. naturalisme. VA connaissance, Q; constructivisme, G et I; éducation nouvelle, B; idéalisme, D; pensée scientifique, D; philosophie, I; réalisme critique, D; théorie de la connaissance, D et F. TA constructivisme; naturalisme; objectivisme; positivisme; relativisme.

3.Épist. Doctrine selon laquelle 1) il existe une réalité externe au sujet connaissant; 2) cette réalité est en partie indépendante du sujet connaissant, en ce sens qu’elle a une structure qui lui est propre, que ses attributs sont indépendants de tout sujet connaissant; 3) que cette réalité peut être connue, c’est-à-dire qu’il est possible d’identifier certaines des catégories d’objets et les propriétés de cette réalité, bref de décrire, du moins en partie, le réel tel qu’il est en soi __ GUAY, M.-H. (2004). Ant. antiréalisme; idéalisme. VAéducation nouvelle, B; idéalisme, D.

4. Esth. Doctrine selon laquelle l’art a pour fonction de refléter ou de reproduire le plus exactement et le plus objectivement possible le réel sans l’idéaliser, l’interpréter ou le présenter subjectivement. Ex. : en littérature, le réalisme de FLAUBERT; en peinture, le réalisme de COURBET.Ant. abstractionnisme; surréalisme. TA classicisme; naturalisme (ZOLA).

5. Log. Théorie de la signification qui soutient qu’une proposition est vraie ou fausse indépendamment des moyens disponibles pour la vérifier.

6. Phi. (médiévale). Doctrine selon laquelle les Universaux (idées, concepts, catégories générales, objets mathématiques) ont une existence réelle et objective, c’est-à-dire qu’ils existent indépendamment de l’esprit. Le réalisme platonicien. Ant.idéalisme; idées; nominalisme. VA constructivisme, E.

A. Historique. Au Moyen Âge, le terme « réalisme » a été utilisé en opposition à celui de nominalisme, une doctrine niant que les Universaux ont une existence vraie et objective. Dans la philosophie moderne, il est utilisé pour exprimer l’idée que les objets matériels existent en dehors du sujet et indépendamment de l’expérience sensible. (...) Au début du XXe s., le réalisme a remplacé l’idéalisme comme philosophie dominante en Amérique du Nord et en Angleterre grâce, notamment, à l’influence de G. E. MOORE, B. RUSSELL, S. ALEXANDER et W. JAMES __ EDWARDS, P. (1967) : trad.

B. Réalisme naïf. L’attitude du sens commun qui identifie, avec plus ou moins de raffinement, la « réalité » à ce qui est perçu est souvent qualifiée de réalisme naïf. La très grande majorité des positions philosophiques, de même que la connaissance scientifique, se démarquent de cette croyance en la réfutant. Par exemple, Mario BUNGE (1983) critique le réalisme naïf parce qu’il est trop optimiste, qu’il ne fait aucune place aux concepts empiriques et aux théories mathématiques et qu’il est incapable d’expliquer la créativité aussi bien que l’erreur, et il ne suggère aucun mécanisme cognitif.

C. Éduc. Dans le contexte de l’épistémologie génétique de PIAGET, le réalisme est la première étape (suivie par l’animisme et l’artificialisme) dans la constitution de l’intelligence : tout objet perçu ou pensé est alors tenu pour réel.

D. Réalité. Le réalisme soutient qu’il existe une réalité ou un monde externe au sujet connaissant sans toutefois préciser la nature de cette réalité ou de ce monde externe. Une théorie de la connaissance comporte donc également, en général, une prise de position sur l’ontologie, c’est-à-dire sur ce qui est ou sur les différents types d’existence. Selon les cas, le monde extérieur est un monde matériel, de concepts, d’idées, de Dieu, etc. __ GUAY, M.-H. (2004).

E. Conception de la vérité. Les penseurs qui adoptent le réalisme soutiennent, en général, une théorie correspondantiste de la vérité. Pour eux, une proposition est vraie si ce qu’elle décrit correspond aux faits sur le monde. Une proposition ou une connaissance est dite vraie si elle concorde avec la réalité externe au sujet connaissant __ id.

F. Critique. L’argument positif le plus fort contre le réalisme est celui que l’on a coutume d’appeler, depuis QUINE (1960), l’argument de la « sous-détermination des théories par les données empiriques » : étant donné une théorie quelconque au sujet d’entités inobservables, qui rend compte des données empiriques, il y aura toujours d’autres théories incompatibles rendant compte des mêmes données. « ... » Un autre argument influent contre le réalisme (...) est que la plupart des théories scientifiques se sont révélées fausses au cours de l’histoire, en sorte que nos théories présentes pourraient subir le même sort __ LECOURT, D. (1999).

G. CN __ réaliste : pédagogie *.

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