Épist. Issue des travaux de Mario BUNGE, épistémologie selon laquelle la réalité peut être représentée et comprise sans nécessairement prétendre que l’on réussisse à l’appréhender exactement telle qu’elle est vraiment. V pensée critique; réalisme scientifique. VA constructivisme, G; relativisme cognitif, G. EA scepticisme méthodique.
A. Réalisme critique/empirisme; rationalisme. Le réalisme critique emprunte certains éléments à l’empirisme et d’autres au rationalisme, mais les dépasse tous les deux. L’empirisme a toujours louangé les vertus de la perception et rejeté tout concept qui n’en découlait pas. D’autre part, le rationalisme a toujours fait l’éloge de la conceptualisation au point de proclamer l’autosuffisance de la raison. Le réalisme critique est une sorte de synthèse de l’empirisme et du rationalisme, mais il n’est pas la seule synthèse possible. Nous nous rappelons que KANT a réussi à réunir les aspects négatifs de l’empirisme et du rationalisme, en soutenant qu’aucune expérience n’est possible sans quelques intuitions a priori, que les choses se conforment à la pensée humaine plutôt que l’inverse, et cependant nous ne pouvons connaître que les phénomènes, non les choses elles-mêmes — tout ceci n’est pas au diapason de l’épistémologie réaliste inhérente à la science et technologie modernes __ BUNGE, M. (1983) : trad.
B. Réalisme critique/scientifique. Il existe plusieurs « théories » (en réalité des perceptions ou des doctrines) de la connaissance, et presque chacune d’elles recèlent une part de vérité. Notamment, le rationalisme convient aux premières phases de la réflexion rationnelle aussi bien que pour la science formelle, alors que l’empirisme s’applique aux premières phases de la recherche factuelle. Il devrait par conséquent être nettoyé et rapproché aussi bien qu’être enrichi de principes suggérés par la pratique réelle de la recherche dans les champs épistémiques les plus avancés. Deux de ces principes sont ceux du réalisme critique (ou constructif) et le scientisme. La synthèse qui en résulte peut être désignée le réalisme scientifique. (...) Nous prétendons que le réalisme scientifique n’est pas un isme spéculatif ou dogmatique de plus; c’est plutôt l’épistémologie effectivement préconisée par tous les chercheurs scientifiques dans les sciences fondamentales et appliquées, peu importe la philosophie de la connaissance qu’ils peuvent professer. (...) Nous avons appuyé nos principes sur les façons de faire et les découvertes de la science; nous avons critiqué les points de vue philosophiques adverses à l’aune des mêmes critères. En d’autres mots, nous prétendons que notre épistémologie profite d’un fort appui inductif d’un genre très spécial : celui de la recherche scientifique contemporaine. Elle peut donc ne pas convenir à ce que la science fut dans les années 1600 ou ce qu’elle sera en 2200 __ id.