Ens. lang./Ling. Caractérisation des variétés de langues selon leurs usages __ PALMER, J. D. (1980). Qsyn. niveau de langue. V dialecte; langue standard; variation linguistique.
A. Aspects. Selon Joe Darwin PALMER (1980), trois aspects (dimensions) servent à définir le registre de langue : le domaine, le mode et la manière. 1. Le domaine fait référence à la fonction sociale ou au but rhétorique. 2. Le mode fait référence au médium (écrit ou oral, pour être lu silencieusement ou à voix haute...). 3. La manière fait référence au style qui reflète le rôle social et l’attitude comme, par exemple, le reportage scientifique qui est formel, impersonnel, objectif et technique.
B. Variables. Dans diverses situations de communication dont il n’est pas facile de faire la typologie complète, la plupart des usagers de la langue emploient différentes formes linguistiques. Ces formes sont choisies en fonction des interlocuteurs en présence (amis, collègues, étrangers, employé/employeur, etc.), en fonction du lieu (endroit public, famille, chambre des joueurs, etc.), en fonction des intentions de la communication (créer une émotion, faire une blague, décrire un phénomène avec précision, etc.) ou selon des contraintes linguistiques auxquelles les usagers sont soumis au moment de la communication. Les variantes linguistiques sont particulièrement nombreuses au plan lexical (encéphalie, mal de tête, mal de bloc, mal aux cheveux, etc.) et au plan phonétique (je suis, ch’suis, chu), mais elles existent aussi au plan morphologique et au plan syntaxique (j’ai tombé, ça marche pas, a parle pu, i pleut-tu?...). Le ministère de l’Éducation du Québec (1997) parle de « variétés » de langues.
C. Langue/niveau/registre/style. Langue,niveau, registre et style sont souvent synonymes, par exemple : langue familière, niveau familier, style familier et registre familier. Ils peuvent toutefois faire également référence à des concepts distincts. Par ailleurs, certains linguistes préfèrent utiliser registre plutôt que niveau afin d’éviter une connotation hiérarchique ou péjorative. V style.
D. Locuteurs. Pour Frank MARCHAND (1975), tous les locuteurs ont une connaissance intuitive de ces phénomènes. (...) Quel que soit leur niveau socioculturel, tous les locuteurs d’une communauté possèdent plusieurs variétés ou registres de langue. (...) Le choix d’un registre correspond aux droits et aux devoirs des interlocuteurs entre eux.
E. Variété de registres. Il existe une grande variété de registres selon les auteurs : vulgaire, argotique, relâché, populaire, courant, familier, soutenu, soigné, recherché, savant, spécialisé, etc. Sous l’inspiration de Maurice GREVISSE (1992), on peut parler de quatre registres principaux : Registre populaire :registre qu’on retrouve le plus souvent dans la rue ou dans des conditions de grande familiarité. Il coïncide souvent avec la communauté d’âge, la condition sociale, l’intérêt et le milieu (l’école, la cour de récréation, les vestiaires sportifs, les chantiers, etc.). Il inclut notamment un certain nombre de mots jugés vulgaires ou triviaux. Syn. registre vulgaire.Registre familier : registre de la vie courante, fréquent dans la langue parlée et la correspondance familiale ou amicale. Syn. langue familière. Qsyn. langue courante. Registre soutenu : registre correspondant à l’usage valorisé par les locuteurs dans des situations de communication formelle. Il se réalise surtout dans la langue écrite, mais il convient aussi à la langue orale formelle. Syn. langue correcte/relevée/soignée/soutenue. Registre spécialisé : registre très soutenu impliquant un souci de clarté, de précision, d’exhaustivité, d’explicitation, de créativité et de conceptualisation. Syn. langue recherchée/savante/technique.