RELATIVISME MORAL

Mor./Phi. Doctrine admettant la diversité des valeurs susceptibles de se retrouver au centre des règles morales. Syn. relativisme éthique. VA constructivisme, I.

A. Présupposés. Selon cette pensée, il n’existerait pas de morale absolument vraie, bonne ou plus justifiable qu’une autre. Ainsi, il devient impossible de juger du bien ou du mal des divers systèmes moraux. Les concepts de bien et de mal étant eux-mêmes considérés comme relatifs, toutes les morales sont équivalentes et légitimes. Elles se justifient en elles-mêmes.

B. Morale. Une morale renvoie à des valeurs, lesquelles à leur tour, renvoient à d’autres valeurs. La morale se trouve donc à l’état de justifié et de justifiant à l’égard des valeurs qui la sous-tendent. Ce cercle moral s’autosuffit et justifie par lui-même tous les éléments de son système (GOODMAN, N., 1965). Un système moral sera modifié par de délicats ajustements apportés progressivement à la règle morale et à ses valeurs fondatrices (reflective equilibrium) (RAWLS, J., 1971).

C. Critiques. On accuse le relativisme moral d’abandonner tout « courage moral » en ce sens qu’il risque de considérer toute pratique comme moralement valable du simple fait qu’elle appartient à une certaine conception du monde, ce qui la justifierait en elle-même. Mario ROY (dans La Presse), le relativisme moral, devenu le mantra de l’Occident soi-disant éclairé, apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : la mouture suprême du racisme, l’ultime indifférence à la misère humaine, la dernière excuse de la lâcheté.

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