Ens. lang./Ling. Phénomène qui exprime que les structures d’une langue changent. Résultat de ce phénomène. V dialecte; registre de langue; sociolinguistique. VA langue, A. TA idiolecte; sociolecte.
A. Types de variation. La variation, selon William BRIGHT (1976), est présente à tous les niveaux de la structure linguistique (niveaux phonologique (ex. : moi : moé, moa), lexical (ex. : bleuet et myrtille) et grammatical : c’est-à-dire l’aspect syntaxique (ex. : Est-ce qu’ils sont partis? Sont-(ils) partis?) et morphologique (ex. : Tout le monde est/sont venus.).
B. Sources. Les usages d’une langue varient (ou ont varié) pour des raisons multiples, souvent cumulatives : la distance et l’adaptation géographiques (régionalismes), les distinctions sociolinguistiques (registres), l’influence de langues étrangères plus ou moins voisines (emprunts), l’originalité de certains usagers (créations littéraires), etc. Pour Frank MARCHAND (1975), la variation linguistique correspond aux différentes variables sociales : l’âge, le sexe, l’origine géographique, la profession et le degré d’instruction. Wolfgang KLEIN (1989) inclut aussi les formes spécifiques selon les canaux de transmission (langue écrite versus langue orale). Enfin, la variation peut être libre, c’est-à-dire momentanée, ou systématique. V argot.
C. Domaine commun/spécialisé. L’évidence s’impose d’elle-même : plus un domaine ou un sous-domaine terminologique se rapproche de la vie quotidienne, donc de la langue commune, plus la variation se manifeste dans la terminologie. A contrario, plus un domaine est spécialisé, plus la terminologie est stable, moins elle présente des cas de variation, sauf lorsqu’elle découle des procédés industriels eux-mêmes, par exemple dans le domaine de l’énergie nucléaire __ CORBEIL, J.-C. et ARCHAMBAULT, A. (05.98).