Épist./Phi./Rech./Sc. Théorie biologique, d’origine philosophique, selon laquelle les fonctions vitales d’un organisme sont autonomes, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent s’expliquer uniquement par des réactions physico-chimiques, mais plutôt en fonction d’un principe supramatériel et immanent (élan vital ou entéléchie), de nature spirituelle et psychologique, qui assure à l’être le pouvoir d’énergie, de création, d’impulsion, d’évolution et de régulation vers l’atteinte de la maturité de son développement. Ant. mécanicisme. VA globalisme, B. TA naturalisme; organicisme.
A. Origines. Les origines du vitalisme remontent à l’Antiquité : hylozoïsme, finalisme, animisme d’ARISTOTE (~ 384 - ~ 322). On retrouve cette thèse très présente dans la médecine, l’astrologie et l’alchimie de la Renaissance (harmonie de la pensée et de la matière).
B. Figures dominantes.Allemagne : le poète Friedrich NOVALIS (1772-1801); le philosophe Friedrich SCHELLING (1775-1854); le philosophe Wilhem Goltfried LETBNIZ (1646-1716); le philosophe Arthur SCHOPENHAUER (1788-1860); le médecin et chimiste Georg Ernst STAHL (1660-1734); le biologiste et philosophe Hans DRIESCH (1867-1941). France : le philosophe Henri BERGSON (1859-1941); l’École de Montpellier : Paul-Joseph BARTHEZ (1734-1806), Théophile DE BORDEU (1722-1776), le médecin et physiologiste Marie François Xavier BICHAT (1771-1802). Angleterre : le psychologue William McDOUGALL (1871-1938). Belgique : le médecin et chimiste Jan Baptist Van HELMONT (1579-1644).
C. Autonomie des processus vitaux. L’élan vital, l’énergie vitale, la force vitale ou le principe vital, chacune de ces conceptions équivalentes serait distincte de l’organisme et de l’âme.
D. Élan vital. En 1907, dans L’Évolution créatrice, BERGSON propose « le concept d’« élan vital ». Pour lui, la matière, indépendamment des interactions auxquelles elle est soumise en fonction de ses caractéristiques physiques, est traversée par un courant qui la contraint à produire de l’ordre, de l’organisation. De façon semblable, Teillhard DE CHARDIN admettait que l’univers est mû, en plus des forces agissant sur la matière, par une énergie lui permettant d’évoluer vers toujours plus de conscience, de spiritualité, la forçant à converger vers le point Oméga » ___ JACQUARD, A. (1991).
E. Vivant/inanimé. Une telle vision aboutit soit à dissocier radicalement le vivant de l’inanimé en lui attribuant des pouvoirs non réductibles aux forces naturelles, soit à amener l’inanimé au vivant en imaginant un mouvement général de la matière vers l’esprit. Avec ce second point de vue, force est de constater que seule une faible part de l’univers en a jusqu’ici pleinement bénéficié, mais cette tendance s’exercerait sur toute chose __ id.
F. Déterminisme. Les processus de la vie sont irréductibles aux seules lois de la physique et de la chimie. La vie s’explique notamment par l’autodétermination de l’organisme (vitalisme; organicisme) et non uniquement en vertu d’un déterminisme mécanique (mécanicisme). L’univers et chacune des parties de la matière aurait une voie propre (hylozoïsme) ainsi qu’une direction ou un but ultime (finalisme). VA globalisme, B.
G. Au-delà du vitalisme et du mécanicisme. Entre les positions idéologiques extrêmes et opposées, il existe depuis le milieu du XXe siècle une perception intermédiaire qui fait la synthèse du vitalisme et du mécanicisme. Ainsi l’apparition de la théorie des systèmes et la cybernétique ont permis de découvrir des phénomènes biologiques tels que l’autodétermination, l’autorégulation, l’adaptation, les niveaux de complexité et d’organisation, l’interdépendance des éléments et des niveaux, la finalité inhérente et immanente à la dynamique de fonctionnement de tout organisme, etc. Dans cette perspective, les pôles opposés du vitalisme et du mécanicisme ont été supplantés par la théorie générale des systèmes. Ainsi le systémisme transcende les deux dogmatismes précédents et s’inscrit dans les données et le développement de la science actuelle.