ÉDUCATION SPÉCIALE

1.  Adapt. scol. Éducation basée sur une adaptation du curriculum, de la pédagogie et des services aux besoins particuliers d’élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage. Syn. éducation spécialisée. Qsyn. adaptation scolaire. VA agressivité, D. TA rééducation.

2.  Adapt. scol. (Fr.). Enseignement adapté aux enfants souffrant d’un handicap qui leur interdit une scolarité ordinaire __ FELL, M. et al. (1991).

A.  Historique. Les premiers pas de l’éducation spéciale remontent au XVIe s. alors que le moine espagnol Ponce DeLÉON (1520-1584) enseigne la communication par signes à des enfants sourds. Au XVIIIe s., grâce à Jean-Marc Gaspard ITARD (1775-1838) et son travail avec VICTOR l’enfant sauvage, on établit les bases d’une éducation spéciale. C’est d’ailleurs la France qui fournit, à cette époque, le plus d’innovateurs dans le domaine : BRAILLE, DE L’ÉPÉE, PINEL, SÉGUIN, etc. En Amérique du Nord, c’est au XIXe s. que l’éducation spéciale prend de l’importance. Les premières classes et écoles spéciales s’adressent aux sourds, aux aveugles et aux retardés mentaux. Au cours des années 1940, Alfred STRAUSS et Heinz WERNER amorcent des recherches sur les troubles d’apprentissage. Dans les années 1950-1960, aux États-Unis, Samuel KIRK, Marianne FROSTIG, Newell KEPHART et William CRUICKSHANK poursuivent des recherches dans la même veine. Des programmes tels Head Start sont mis sur pied pour intervenir de façon précoce auprès de ces enfants. Au plan légal, ce n’est qu’au début du XXe s. qu’apparaissent les premières lois sanctionnant l’éducation spéciale. Enfin, en Scandinavie, vers la fin de 1950, des parents manifestent leur mécontentement envers les classes spéciales, et on assiste au début de l’intégration des enfants en difficulté dans les classes ordinaires et à la valorisation du concept de normalisation.

B.  Éducation spéciale/rééducation. Au Québec, le terme rééducation a un sens plus restreint qu’éducation spéciale. La rééducation a une connotation clinique qui se rapproche de la thérapie. Il y a au départ une relation thérapeutique avec l’enfant même si le médium est pédagogique. Dans les pays francophones d’Europe, ces deux termes sont considérés comme synonymes.

C.  Suisse. Les enfants qui suivent difficilement le programme scolaire régulier reçoivent un enseignement spécial ou fréquentent des classes spéciales; les enfants physiquement ou mentalement handicapés sont placés dans des classes ou des institutions spécialisées. Le placement se fait en général sur le conseil du psychologue ou du médecin de l’école, par les autorités locales (commission scolaire, inspecteur d’école) d’entente avec les parents. Les programmes et les méthodes des classes spéciales, qui en général font partie de l’école publique régulière, sont adaptés aux capacités intellectuelles et physiques des élèves. On étudie actuellement les possibilités et les limites de l’intégration dans l’école régulière des enfants souffrant de difficultés d’apprentissage. La tendance de ne pas isoler l’enfant handicapé de ses camarades du même âge provient de nouvelles connaissances pédagogiques; c’est aussi une conséquence de la forte diminution des effectifs des classes primaires. Les problèmes que rencontre l’adolescent handicapé lors de son entrée dans la vie pratique et dans le monde du travail ne sont que partiellement résolus. Toutefois l’école seule ne pourra en venir à bout. La participation de la société, en particulier de l’industrie, est absolument nécessaire. Les cantons obtiennent une aide de la Confédération dans le cadre de l’assurance invalidité pour soutenir les efforts qu’ils consentent en matière de scolarité spécialisée __ EGGER, E. (1984).

» Dictionnaire