ÉVALUATION

n.f.

1.  Gén. Processus qui vise à déterminer le mérite ou la valeur-en-contexte d’un « objet » __ SCRIVEN, M. (1991) dans GINGRAS, J. R. et LOISELLE, J. (1992). Démarche plus ou moins systématique conduisant à établir un constat sur la valeur d’un « objet » dans un but déterminé. VA A. Jugement produit par ce processus sur la valeur d’un « objet » dans un but déterminé.

2.  Spéc. Démarche permettant de porter un jugement, à partir de normes ou de critères établis, sur la valeur d’une situation, d’un processus ou d’un élément donné, en vue de décisions pédagogiques ou administratives __ MEQ (2004). Opération de confrontation, de mise en rapport, entre des attentes et une réalité __ HADJI, C. (1997). Processus systématique de recherche d’information au sujet de l’apprentissage de l’élève et de formation de jugement sur les progrès effectués __ LINN, R. L. et GRÖNLUND, N. E. (1995). VA B.

3.  Adm./Cur./Gest. Ensemble d’activités d’appréciation et de mesure des résultats obtenus par la poursuite d’un objectif __ BIBEAU, J.-R. (06.87). Activité consistant à accorder une valeur aux résultats provenant d’une mesure en les situant par rapport à un critère ou à une norme __ CTEQ : norm. (04.88). Évaluation de cours/des apprentissages/des enseignants/des méthodes d’enseignement/des programmes/du matériel didactique. Dans une perspective d’évaluation de programme, chez D. L. STUFFLEBEAM et al. (1980), processus par lequel on délimite, obtient et fournit des informations utiles permettant de juger des décisions possibles. Appréciation de la valeur globale d’un système de formation, d’un cours ou d’un programme sous son aspect social et humain aussi bien que financier __ MUNGER, M. (1983). VA D et E; apprentissage, J; approche mécaniste, M; enseignement collégial, F; formation des enseignants, H; inférence, F. TA diagnostic; mesure. EA cycle de gestion.

4.  Diagn./Péd. Dans le sixième niveau de la taxonomie des objectifs d’apprentissage du domaine cognitif de Benjamin S. BLOOM et al. (1956) et telle que traduite par Marcel LAVALLÉE (1969), formulation, dans un but bien déterminé, de jugements sur la valeur de certaines idées, travaux, situations, méthodes, matériel, etc. Dans le modèle de la structure de l’intelligence de Joy Paul GUILFORD (1967), élaboré dans le contexte de tests psychométriques utilisant des critères logiques (identité, similitude, consistance), processus de comparaison d’un produit d’information avec une information connue selon un critère logique, et de prise de décision quant à la satisfaction du critère. Dans le cadre de la description du comportement d’évaluation de productions scolaires, activité de comparaison où la « production » est comparée à un modèle de référence inscrit dans les structures cognitives de l’évaluateur __ NOIZET, G. et CAVERNI, J.-P. (1978). VA C et D; compétence, O; curriculum cognitiviste, B; objectif opératoire, N; projet scolaire, A; taxonomie de GUILFORD, A/du domaine cognitif, B : 6.00 et C : 6.00; D : 1.5; typologie transdisciplinaire des démarches intellectuelles, 9.

5.  Doc. Cueillette et traitement d’informations qualitatives et/ou quantitatives ayant pour but d’apprécier le niveau d’apprentissage atteint par le sujet par rapport à des objectifs en vue de juger d’un cheminement antérieur et de prendre les meilleures décisions quant à un cheminement ultérieur. V système de notation. VA apprentissage, J; pensée critique, L.

6.  Édum./Techno. éduc. Processus de collecte et d’analyse systématiques de l’information en vue de prendre une décision __ SHAPIRO, P. (1986). Action qui consiste à vérifier à l’aide de critères précis et connus à l’avance si un logiciel éducatif atteint ses objectifs.

7.  Ens. sup./Rech. Action de mesurer à l’aide de critères objectifs la valeur d’un enseignement, d’un programme, d’un apprentissage, la qualité d’une recherche __ CMTE (Fr.) (1992). Appréciation du niveau d’apprentissage atteint par une étudiante ou un étudiant par rapport aux objectifs des cours, des autres activités éducatives et des programmes __ UQ (1992).

A.  Objet d’évaluation. En éducation, l’« objet » d’évaluation peut être notamment l’atteinte des objectifs d’apprentissage (connaissance, habileté, attitude), un programme, une institution, un enseignement, un personnel, un système éducationnel.

B.  Évaluer. C’est se prononcer, c’est-à-dire prendre parti, sur la façon dont des attentes sont réalisées; autrement dit, sur la mesure dans laquelle une situation réelle correspond à une situation désirée. Cela implique qu’on sache ce qu’il y a lieu de désirer (pour prononcer un jugement portant sur la valeur, de ce point de vue, de ce qui existe); et qu’on observe le réel (il faudra cueillir des observables) dans l’axe du désiré __ HADJI, C. (1997).

C.  Niveau taxonomique. Ici, l’évaluation constitue le plus haut niveau (6e) de la taxonomie du domaine cognitif de BLOOM. Elle implique l’utilisation de critères aussi bien que de standards pour évaluer dans quelle mesure certaines données spécifiques sont exactes, efficaces, économiques ou satisfaisantes. Les jugements peuvent être soit quantitatifs soit qualitatifs, et les critères peuvent être soit ceux que l’étudiant détermine, soit ceux qui lui sont donnés __ BLOOM, B. S. et al. (1956) dans LAVALLÉE, M. (1969).

D.  Modèle de GUILFORD. J. P. GUILFORD considère l’évaluation comme une opération cognitive plus ou moins complexe qui peut être combinée à l’un des six types de produits (unités, classes, relations, systèmes, transformations et implications) et à l’une des quatre catégories de contenu (figuratif, symbolique, sémantique et « comportemental ») qu’il a identifiés __ SCALLON, G. (1988).

E.  Buts de l’évaluation. Toute action éducative nécessite un jugement permanent des fins, des moyens et des résultats __ COUDRAY, L. (1973). On oublie trop facilement qu’un examen bien construit et approprié est une source féconde de renseignements pour les étudiants eux-mêmes, et pour le professeur sur ses méthodes pédagogiques (...). L’évaluation a pour buts de : a) déterminer et apprécier le niveau atteint par un étudiant dans le processus d’apprentissage et de formation relativement aux objectifs d’un cours ou d’un programme; b) situer l’étudiant, selon son niveau atteint, par rapport à ses condisciples; c) permettre au professeur de juger de l’efficacité de son enseignement; d) permettre aux responsables des cours et des programmes de juger de l’opportunité et de la valeur de ces derniers __ SÉGUIN, S. P. (02.74). Le premier but de l’évaluation est d’améliorer la qualité des décisions relatives à l’apprentissage et au développement général de l’élève. Ainsi, elle se situe au début, en cours ou à la fin d’une ou de plusieurs activités d’apprentissage. (...) vérifier les acquis préalables, s’assurer de la pertinence de la planification, améliorer l’apprentissage et l’enseignement, s’assurer que les conditions environnantes favorisent l’apprentissage, favoriser l’interaction élève-enseignant, vérifier le degré d’atteinte d’un objectif ou d’un ensemble d’objectifs, etc. __ MEQ, DGDP : DFG (10.84). Cette mesure, faite à partir d’observations quantifiables et d’éléments pris en compte comparables, peut conduire à une appréciation objective de l’efficacité, à un rapport entre les ressources affectées et les résultats obtenus __ CMTE (Fr.) (1992). L’évaluation essaie d’établir le rapport coût/rendement global du cours ou du programme (efficience), et non seulement la réalisation des objectifs formulés (efficacité). On emploie aussi ce terme au sens de contrôle continu d’un programme ou de la fonction de la formation __ MUNGER, M. (1983).

F.  Types. C’est Michael SCRIVEN (1967) qui a d’abord créé les termes « évaluation sommative » et « évaluation formative » pour désigner des méthodologies particulières d’évaluation des curriculums ou des moyens d’enseignement. Par la suite, ce sont B. S. BLOOM et al. (1971) qui ont transposé cette typologie à l’évaluation des individus en formation : évaluation sommative pour l’ensemble des opérations d’évaluation menées à des fins de sanction (reconnaissance sociale des acquis) et d’évaluation formative pour l’ensemble des opérations menées à des fins de régulation des apprentissages. Ils y ont ajouté l’évaluation diagnostique (SCALLON, G., 1988). Dans des écrits européens, on parle maintenant d’évaluation d’orientation qui précède l’action (commencer un nouvel apprentissage), d’évaluation de régulation qui porte sur le fonctionnement (faciliter l’apprentissage) et d’évaluation de certification qui, dans une perspective sociale, veut garantir un niveau minimal de compétence (certifier la réussite ou l’échec) (DE KETELE, J.-M. et ROEGIERS, X., 1996). C’est la nature de la décision à prendre qui permet de distinguer les types d’évaluation. VA Q. L’évaluation sert aussi à informer l’étudiant, ses parents, des responsables dans le système scolaire, par les bulletins par exemple.

G.  Types de tests et d’évaluation en classe __ LINN, R. L. et GRÖNLUND, N. E. (1995) : trad.

Types de tests et d’évaluation en classe __ LINN, R. L. et GRÖNLUND, N. E. (1995) : trad.

Moment

 

Fonction

Avant l’enseignement

Pendant l’enseignement

À la fin de l'enseignement

Disposition

Placement

Formative

Diagnostique

Sommative

Objet

Habiletés
préalables

Objectifs de séquence
ou de cours

Partie spécifique
de cours

Erreurs les plus
fréquentes

Objectifs du cours
ou de la séquence

Nature de
l’échantillon
(ou le contenu)

Échantillon
limité d’habiletés
sélectionnées

Grand échantillon
de tous les objectifs

Échantillon
limité de tâches
spécifiques

Échantillon
limité d’erreurs
spécifiques

Grand échantillon
de tous les objectifs

Niveau de
difficulté des items

Généralement
bas niveau de
difficulté

Généralement
grande étendue
de niveau de difficulté

Déterminé par les
apprentissages visés

Généralement
bas niveau de
difficulté

Généralement grande étendue de niveau de
difficulté

Moment

Début du cours
ou de la séquence

Début du cours ou
de la séquence

Périodiquement
au cours de
l’enseignement

Au besoin au cours
de l’enseignement

Fin des cours

Utilisation des résultats (décision)

Remédier aux lacunes à l’entrée ou assigner à un groupe d’apprentissage

Planifier l’enseignement et le placement des étudiants en rapport avec les objectifs du cours

Améliorer et diriger l’apprentissage par des rétroactions continuelles

Remédier aux erreurs reliées aux difficultés d’apprentissage persistantes

Accorder la promotion, certifier ou évaluer l’enseignement

H.  Quoi? L’évaluation des apprentissages doit porter sur les objectifs d’apprentissage en vue desquels l’élève est appelé à travailler quotidiennement __ MEQ (10.84). Les besoins d’information varient selon les responsables de décisions concernés : enseignants, parents, direction d’écoles, commission scolaire, régions (TYLER, R. W. dans KEEVES, J. P., 1997). Selon la décision à prendre, l’évaluation considère les éléments qui influencent l’objet à évaluer : les comportements pertinents des étudiants (connaissances, savoir-faire, savoir-être, démarche d’étude, procédure, processus d’apprentissage, etc.), les activités d’apprentissage à l’école, les sources extérieures à l’école qui peuvent influencer l’apprentissage (maison, groupe de pairs, associations et institutions de la communauté (TYLER, R. W., 1997). Le choix de l’« objet » d’évaluation doit être guidé par la décision à prendre. VA A, J et K.

I.   Pourquoi? Quelles que soient les raisons d’évaluer l’apprentissage de l’élève, l’enseignant doit toujours avoir conscience du motif qui sous-tend toute opération d’évaluation, à savoir : vérifier les acquis préalables, s’assurer de la pertinence de la planification, améliorer l’apprentissage et l’enseignement, s’assurer que les conditions environnantes favorisent l’apprentissage, favoriser l’interaction élève-enseignant, vérifier le degré d’atteinte d’un objectif ou d’un ensemble d’objectifs,... __ MEQ (10.84). Ce peut être aussi de donner à l’élève l’occasion de réfléchir sur ses processus, sur sa motivation, sa relation avec le projet d’apprentissage,... __ JORRO, A. (1996-1997).

J.   Comment? Les principales étapes du processus d’évaluation sont les suivantes : énoncer clairement les objectifs de l’évaluation et en vérifier la pertinence par rapport à la décision à prendre — rechercher et choisir des critères opérationnels valides, ainsi que des indicateurs pour ces critères — déterminer les informations pertinentes à recueillir en regard des critères opérationnels choisis — déterminer une stratégie du recueil de l’information — recueillir l’information de façon fiable (mesure, observations, entretiens...) — confronter l’information recueillie aux critères élaborés — formuler les conclusions de façon précise et claire pour l’auteur de la prise de décision __ DE KETELE, J.-M. et ROEGIERS, X. (1996).

K.  Rôle. Au niveau des institutions, le rôle de l’évaluation en éducation est d’aider à identifier les acquis des élèves sur lesquels des programmes éducatifs efficaces peuvent être construits de même que ce qui peut interférer avec les apprentissages des élèves de sorte que l’école puisse aider l’élève à surmonter ses difficultés et à devenir autonome dans la poursuite de son éducation tout au long de sa vie __ TYLER, R. W. dans KEEVES, J. P. (1997).

L.  Quand? Les moments où se dérouleront les étapes du processus d’évaluation sont choisis selon le but poursuivi par cette démarche et les décisions à prendre. Des moments privilégiés dans les séquences d’apprentissage (avant, pendant, après) amènent des évaluations spécifiques. VA Q.

M. Évaluation collective. L’évaluation collective peut porter sur les niveaux de compétence des élèves, sur les taux de réussite aux examens, sur les résultats d’une innovation pédagogique, etc. __ CMTE (Fr.) (1992).

N.  Types d’évaluation en regard d’un didacticiel. En ce qui concerne un logiciel d’aide à l’enseignement, on distinguera : • l’évaluation du travail de l’élève lors de l’utilisation du logiciel (qui peut être formative, sommative, diagnostique, etc.); • l’évaluation du logiciel lui-même en cours de réalisation aussi bien qu’à l’état de prototype informatique (évaluation formative), ou sous sa version commerciale (évaluation sommative). Un rapport critique résulte de l’évaluation sommative d’un didacticiel, dans lequel une cote peut synthétiser l’interprétation globale des résultats octroyés par un groupe d’analystes.

O.  Comité national (Fr.). Un comité national d’évaluation des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP) constitue une autorité administrative indépendante (art. 27 de la loi d’orientation sur l’éducation no 89-486 du 10 juillet 1989) __ CMTE (Fr.) (1992).

P.  Belg. L’évaluation fait partie des domaines où est garantie la liberté pédagogique de chaque réseau; dès lors, dans le respect des lois et arrêtés, chaque pouvoir organisateur peut définir le type d’évaluation qui va être le sien, les moyens d’évaluer et de communiquer les résultats de l’évaluation. Il n’existe pas en Belgique de processus d’évaluation externe aux établissements qui soit obligatoire. Dans l’enseignement maternel, l’évaluation qui se fonde principalement sur l’observation, joue trois rôles : un rôle pronostique, un rôle jaugeage, un rôle diagnostique. Dans l’enseignement primaire, la réussite d’une année scolaire est décidée par l’instituteur titulaire de la classe, souvent en concertation avec le directeur de l’école. Dans l’enseignement secondaire, l’organe essentiel intervenant dans l’évaluation est le conseil de classe, c’est-à-dire le collège des membres du personnel directeur et enseignant chargé de la formation d’un groupe d’élèves déterminé, de l’évaluation de ses progrès et de la décision concernant le passage de classe de chaque élève du groupe. Les décisions du conseil de classe sont sans appel. Le conseil de classe a pour souci de fournir aux élèves une guidance sérieuse et efficace. Dans l’enseignement supérieur, l’évaluation est sommative et certificative; elle se fonde sur les épreuves de fin d’année et le travail de fin d’études. Pour quelques sections, il est toutefois procédé à l’examen d’un dossier dans lequel sont consignées les diverses prestations des étudiants, en particulier leurs prestations en matière de formation pratique et de stages. Dans l’enseignement spécial, l’évaluation est du type formatif. Le Conseil de classe est assisté par l’organisme de guidance psycho-médico-sociale pour la constitution des classes, le maintien d’un groupe ou le passage d’une classe ou d’une forme d’enseignement à une autre. Dans l’enseignement de promotion sociale, l’évaluation a un caractère sommatif dans les formations longues. L’admission des étudiants dans les formations courtes est conditionnée par la réussite de tests portant sur les préalables de ces formations __ MERF (Belg.) (1990).

Q.  Fonctions de l’évaluation __ DE KETELE, J.-M. et ROEGIERS, X. (1996).

Objet de

l’évaluation

Fonctions de

l’évaluation

Action

Performances des personnes
en formation

Démarches privilégiées

Évaluation
d’orientation

Décision générale :
passer à une nouvelle phase d’action

Décision générale :
démarrer dans un nouvel apprentissage

Analyse des besoins

 

Décisions spécifiques :

1. Déterminer les objectifs (évaluation de contexte)

2. Déterminer les chances de succès de l’action
(évaluation prédictive)

3. Fixer les stratégies, les moyens (évaluation des intrants)

4. Anticiper la réalité
(évaluation prévisionnelle)

     ...

Décisions spécifiques :

1. Déterminer l’orientation qui convient à la personne

2. Prédire sa réussite, évaluer ses chances de succès dans une filière déterminée
(évaluation prédictive)

3. Déterminer les caractéristiques et les besoins de la personne (évaluation des intrants)

4. Anticiper la réalité
(évaluation prévisionnelle)

    ...

Diagnostic des forces et des faiblesses du système ou de la personne
(audit d’un système ou évaluation

diagnostique)

Évaluation
de régulation

Décision générale :
prendre des mesures en cours de processus, en vue de rendre l’action plus performante

Décision générale :

prendre des mesures en vue de faciliter l’apprentissage en cours de processus

Diagnostic des forces et des faiblesses au niveau du produit provisoire, des procédures et du processus (audit d’un système, évaluation diagnostique d’un apprentissage)

 

Décisions spécifiques :

1. Modifier les stratégies

2. Modifier les ressources humaines

3. Modifier les ressources matérielles

Décisions spécifiques :

1. Prendre des mesures individuelles au niveau de l’apprenant (évaluation formative)

2. Modifier les stratégies d’apprentissage au niveau du groupe
(évaluation formatrice)

Évaluation
de certification

Décision générale :

certifier la réussite ou l’échec de l’action, en fonction de l’atteinte des objectifs fixés

Décision générale :

certifier la réussite ou l’échec de la personne, en fonction d’un niveau de performance demandé

Étude des effets à court, moyen et long terme

 

Décisions spécifiques :

1. Rétribuer l’action

2. Reconduire l’action

3. Agréer

Décisions spécifiques :

1. Sélectionner ou admettre (évaluation de sélection)

2. Décerner les certificats nécessaires à la vie en société

3. Classer les personnes
(évaluation de classement)

Bilan (évaluation du produit, évaluation descriptive critériée ou, au contraire, sommative)

Fonctions de l’évaluation __ DE KETELE, J.-M. et ROEGIERS, X. (1996)

R.  Processus d’évaluation. Le terme « évaluation » est polysémique et couvre des champs sémantiques différents selon l’emploi qu’on en fait. Il peut s’agir d’un processus cognitif comprenant la comparaison référent-référé et le jugement (G. NOIZET et J. P. CARVERNI, B. S. BLOOM, J. P. GUILFORD) ou d’un processus complexe incluant en plus la planification des étapes, la prise d’information (R. L. LINN et N. E. GRÖNLUND, M. VIAL) et la prise de décision (D. L. STUFFLEBEAM). Il peut s’agir du jugement formulé, c’est-à-dire du produit de ce processus.



S.  Éthique. Des principes éthiques ont été établis par plusieurs organismes dans le domaine de la mesure et de l’évaluation en vue de guider toutes les personnes qui jouent un rôle d’acteur dans n’importe quelle étape de ce processus (ROGERS, T., 1997). Il est en effet important d’essayer de neutraliser les biais qui nuiraient à la pertinence et à la justesse des évaluations de même qu’à la justice des décisions. Pour l’évalué, les conséquences sont importantes sur sa carrière scolaire et professionnelle, son image et son estime de soi, son attitude face au travail scolaire (BROOKHART, S. M., 1993, HADJI, C., 1997). Pour assurer l’éthique des conditions d’évaluation selon Guy BOURGEAULT et Helen M. KANDARAKIS (1997), l’apprentissage doit être considéré comme le but du processus d’évaluation, le bien de l’étudiant doit primer sur celui de l’enseignant et des administrateurs, les modèles et les standards doivent être considérés comme relatifs et non normatifs et les étudiants doivent être reconnus comme des partenaires. Il ne faut donc pas oublier de procéder à des métaévaluations.

T.  Tendances. Les tendances actuelles et émergentes demandent que les méthodes d’évaluation servent à améliorer le développement de l’étudiant. On cherche à développer les différentes stratégies d’apprentissage, le potentiel d’apprentissage, l’évaluation de portfolio et les autres formes d’évaluation authentique. On met l’accent sur la résolution de problèmes, les applications d’habiletés intellectuelles supérieures, l’autorégulation de l’apprentissage, le processus utilisé pour faire le produit. On veut apprécier la performance à des tâches authentiques, noter qualitativement, promouvoir des standards internes, juger en fonction du développement, se référer à des standards critériés et mettre l’emphase sur l’évaluation formative __ OAKLAND, T. dans OAKLAND, T. et HAMBLETON, R. K. (1995) : trad. Des tensions existent entre l’évaluation centrée sur l’instruction et l’évaluation centrée sur l’imputabilité externe. Pour les cognitivistes, l’évaluation doit être contextualisée, réflexive et sociale. On parle de validité écologique. L’enseignant peut utiliser un cahier d’observation, The teacher logbook, basé sur un curriculum développemental. C’est une source d’information pour la réflexion et l’évaluation. L’enseignant y inscrit son jugement sur la localisation de l’étudiant sur une échelle développementale ainsi que des informations pertinentes au sujet de la performance de l’étudiant __ CALFEE, R. dans OAKLAND, T. et HAMBLETON, R. K. (1995) : trad. On identifie un mouvement vers le choix de tâches requérant des réponses élaborées, l’utilisation de projets et l’évaluation de portfolios __ LINN, R. L. dans OAKLAND, T. et HAMBLETON, R. K. (1995) : trad., le recours à des situations de la vie réelle (authentiques). Toutefois, il existe plusieurs problèmes reliés à la validité et à la fidélité des instruments utilisés __ WEDMAN, I. dans OAKLAND, T. et HAMBLETON, R. K. (1995) : trad.

U.  Évaluation/mesure. Le terme mesure a une acception beaucoup plus restreinte que le mot évaluation. La mesure concerne des informations quantitatives tandis que l’évaluation englobe à la fois des données quantitatives et qualitatives. Ainsi, selon le MEQ (2004) : « Évaluation a une acception plus large que mesure. En effet, l’évaluation comprend une description à la fois qualitative et quantitative des comportements ainsi qu’un jugement de valeur concernant leur pertinence. L’évaluation peut porter, par exemple, sur le degré de développement de compétences ou d’acquisition de connaissances. » La mesure vise une précision élevée en déterminant une grandeur par son rapport avec une autre grandeur prise pour unité; en ce sens, la mesure tend à être objective. De son côté, l’évaluation prétend à une moins grande précision; elle vise une appréciation juste mais approximative. Sans être affectée d’autant de subjectivité que l’estimation, l’évaluation possède cependant un degré moins élevé d’objectivité que la mesure. Sur une échelle d’objectivité décroissante, on aurait en premier lieu la mesure, suivie de l’évaluation formelle et enfin, l’évaluation informelle. On peut également dire que la mesure concerne la cueillette et le traitement des informations, alors que l’évaluation concerne le jugement sur ces informations. La mesure constitue une étape dans l’évaluation considérée comme une démarche ou un processus. VA évaluation pédagogique, B; mesure, G.

V.  CN : auto*; auto* assistée; cadre d’*; co*; critère d’*; échelle d’*; groupe d’*; instrument d’*; mesure et * assistées par ordinateur; méta-*; méthodes d’*; modalités d’*; objectif d’*; objectif de situation d’*; système d’*.

W. CN __ évaluatif,ive : démarche *; jugement *; recherche *; tâche *.


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