1. Diagn./Doc. Processus
d’évaluation continue ayant pour objet d’assurer la progression de chaque
individu dans une démarche d’apprentissage, avec l’intention de modifier la
situation d’apprentissage ou le rythme de cette progression, pour apporter
(s’il y a lieu) des améliorations ou des correctifs appropriés __ SCALLON, G.
(1999). VA égalisation des chances en éducation, H; évaluation, F, G et T; formation, G et N; objectif
intermédiaire, D. EA évaluation sommative.
2. Éduc.(Belg.). Évaluation
effectuée en cours d’activité et visant à apprécier le progrès accompli par
l’élève et à comprendre la nature des difficultés qu’il rencontre lors d’un
apprentissage; elle a pour but d’améliorer, de corriger ou de réajuster le
cheminement de l’élève; elle se fonde en partie sur l’autoévaluation __ MERF
(1997).
3. Édum. Évaluation
qui vise à fournir des éléments d’appréciation contribuant à former et à
réformer un projet de logiciel éducatif __ BIBEAU, R., MEQ : DRD (1992).
TA validation. EA évaluation
sommative.
A. APO Dans le cadre des applications
pédagogiques de l’ordinateur, des développements importants sont attendus si
l’on en juge par des logiciels déjà disponibles qui permettent à l’élève de
suivre sa progression dans un réseau d’objectifs pédagogiques. La terminologie
reste à faire en ce domaine et, en attendant, il faut se référer à l’évaluation
formative par ordinateur.
B. Origine. Dans les
années 1960, c’est Michael SCRIVEN (1967) qui a créé le terme « évaluation
formative » dans le cadre de l’évaluation des curriculums ou des moyens
d’enseignement. Dans ce contexte, l’évaluation formative peut porter, non
seulement sur les élèves ou les étudiants, mais sur toutes les composantes et
les relations qui les caractérisent dans une situation pédagogique (agent,
objet, infrastructure pédagogique, programme, méthode, matériel didactique,
relation élèves-maîtres, relation élèves-élèves). Le but visé est de connaître
la qualité de chacune de ces composantes et d’y apporter des correctifs ou des
améliorations s’il y a lieu. L’évaluation formative peut également s’appliquer
à la révision et à l’amélioration de tous les aspects d’un système éducatif
pour autant qu’elle puisse être située au cœur de la démarche ou du processus
pour en infléchir l’orientation à tout moment, et ce, bien avant que l’on ait
obtenu un produit fini. V évaluation formative de programmes. VA évaluation, F.
C. Évaluation
formative/sommative (approche mécaniste) __ LINCOLN, Y. S. et GUBA,
E. G. (1980) dans GINGRAS, J. R. et LOISELLE, J. (1992).
MÉRITE (évaluation développementale)
VALEUR (évaluation d’adaptation)
ÉVALUATION FORMATIVE
Intention : modifier et améliorer un
design
Intention : adapter l’objet à un contexte
local
Bénéficiaire : équipe responsable du développement
Bénéficiaire : équipe locale qui adaptera
l’objet évalué
Origine des critères : groupe d’experts
indépendants
Origine des critères : appréciation des
valeurs et du contexte local
ÉVALUATION SOMMATIVE
Intention : faire la critique et se porter
garant de l’objet évalué
Intention : faire la critique et se porter
garant de l’objet évalué en fonction d’un contexte local
Bénéficiaires : pairs au niveau
professionnel; personnes qui souhaitent faire l’essai de l’objet évalué
Bénéficiaires : décideurs locaux
Origine des critères : groupe d’experts
indépendants
Origine des critères : appréciation des
besoins locaux
D. Objectif. Au regard
des possibilités pédagogiques, l’objectif est de localiser le plus précisément
possible l’origine des difficultés de l’étudiant en vue d’y remédier. Elle mène
à déterminer la remédiation la plus appropriée aux difficultés de celui-ci en
vue de le faire progresser ou d’améliorer sa progression __ DE KETELE, J.-M. et
ROEGIERS, X. (1996). Elle sert aussi à confirmer l’apprentissage et à
l’enrichir s’il y a lieu.
E. Types d’information. Les
informations à recueillir sont de nature à réorienter les procédures mises en
œuvre : étapes de la démarche de l’étudiant, ses représentations, ses
points forts, son fonctionnement, etc. __ id. Il faut aussi tenir compte de la
motivation de l’étudiant, de ses attitudes et de ses intentions face à la tâche
spécifique.
F. Cadre de référence.
Historiquement, l’évaluation formative a d’abord été développée dans la
pédagogie de maîtrise où l’on vise à ce que tous réussissent. On utilise des
tests de maîtrise qui sont des procédures de quantification. D’autre part, dans
une pédagogie différenciée où chacun va à son rythme, selon son schéma à lui,
la méthodologie de l’évaluation formative est conçue différemment. (...)
L’évaluation formative est conçue de manière différente selon que l’on se situe
dans le cadre de référence de la pédagogie de la maîtrise ou dans celui de la
pédagogie différenciée — soit l’évaluation formative est envisagée à partir
d’un cadre de référence voisin de l’approche systémique, laquelle fait de
l’organisation et de la gestion du curriculum l’élément central de la formation
— on se situe alors dans le courant dit de la pédagogie de la maîtrise (où le
système est premier par rapport à l’individu); — soit l’évaluation formative
est envisagée à partir d’un cadre de référence qui, sans oublier l’organisation
générale du système, fait du repérage, de la mise à jour, de l’identification
et de l’analyse des difficultés cognitives de chaque apprenant, l’élément
central du système de formation — on se situe alors dans le courant dit de la
pédagogie différenciée (où l’individu est premier par rapport au système) __
RAYNAL, F. et RIEUNIER, A. (1997).
G. Effets. Une
évaluation formative bien conçue (par le professeur) permet à l’apprenant de
prendre conscience de ses difficultés, de ses erreurs, de ses hésitations, de
ses dépassements, de ses progrès, de ses réussites enfin __ id.
H. Rétroaction. La valeur
pédagogique spécifique de l’évaluation formative réside dans l’immédiateté du
retour d’information sur le processus d’apprentissage __ SALAMIN, J.-P. (1986).
Cela signifie qu’il ne doit pas s’écouler un trop grand intervalle de temps
entre le moment où l’individu accomplit la tâche et celui où il reçoit un
feedback correctif (FBC). Dans bien des cas toutefois, il semble qu’un certain
délai serait favorable à l’apprentissage (une journée par exemple) (PROVENCHER,
G., 1985). V I. Une autre source de rétroaction est l’observation de modèles de
performance (production écrite, rapport de recherche, objet construit, etc.)
auquel l’individu peut comparer sa propre performance. Selon Grant WIGGINS
(1998), le feedback doit être riche, utile aux étudiants et à leurs
enseignants, il doit aussi être structuré pour vérifier l’utilisation qu’ils en
font. Le feedback est une information à propos de ce qu’une personne a fait par
rapport à ce qu’elle avait l’intention de faire — intention versus effet, performance
actuelle versus performance idéale __ WIGGINS, G. (1998) : trad. Des faits
sont fournis à l’étudiant sans commentaires de l’enseignant sur la valeur de la
performance __ id. Le meilleur feedback est très spécifique, très révélateur et
descriptif des résultats actuels, clair pour l’étudiant, et présenté par
rapport à ce qui est attendu (...) Il est opportun, continuel et bienveillant
__ id. Selon R. M. GAGNÉ (1985), fournir un feedback en évaluant la
performance de l’élève constitue un des événements d’enseignement facilitant le
renforcement qui est un des événements d’apprentissage chez l’apprenant.
I. Remédiation.
L’évaluation formative, si elle est analytique, permet d’identifier où il y a
un besoin de changement. L’identification de la remédiation à apporter n’est
pas du ressort de l’évaluation __ HUSÉN et al. (1994) : trad.
Pour sa part, Gérard PROVENCHER (1985) utilise « le terme feedback correctif
(FBC) pour désigner le feedback qui indique à celui qui apprend non seulement
si sa réponse à une question est exacte ou non, mais aussi les erreurs qu’il a
commises et la façon de les corriger ». Ce feedback correctif peut être fourni
par les informations inhérentes à l’exécution normale de la tâche et l’étudiant
peut trouver lui-même les correctifs à apporter (FBC intrinsèque). Il peut
aussi provenir d’une source extérieure (enseignant, équipe, etc.) comme c’est
souvent nécessaire à l’apprentissage (FBC extrinsèque). Les FBC varient selon
leur forme et leur richesse en informations. La forme comprend la présentation
(couleurs, soulignés, objets, etc.) et l’agencement des informations (questions
et réponses, réponses seulement, etc.). La richesse réside dans la quantité et
la précision d’informations pertinentes (exactitude de la réponse, raison de
l’inexactitude, cause de l’erreur, etc.). Différentes recherches tendent à
prouver que : les FBC oraux permettent à l’élève d’acquérir une plus
grande quantité d’informations, les FBC qui encouragent la discussion de la
matière favorisent le rendement des élèves, plus l’auteur du feedback est
crédible pour le bénéficiaire, plus ce dernier l’accepte, « l’effet du FBC
demeure minimal si l’élève est incapable de comprendre le contenu de la leçon
ou encore de l’incorporer dans un certain cadre d’information préexistant » __
PROVENCHER, G. (1985).
J. Régulation. Un individu
apprendra d’autant mieux que son environnement lui propose des feedback, des
régulations sous diverses formes : identification des erreurs, suggestions
et contre-suggestions, explications complémentaires, reprise de notions de
base, travail sur le sens de la tâche ou la confiance en soi __ PERRENOUD, P.
(1993). L’évaluation formative se situe dans la phase feedback du mécanisme de
régulation du processus d’apprentissage qui comprend aussi une phase de
guidance. Linda ALLAL (1991) a identifié trois types de régulations :
interactive, rétroactive et proactive. Interactive : « La régulation est
intégrée à la situation d’apprentissage tout au long de son déroulement.
L’adaptation de l’activité d’apprentissage de l’élève est une conséquence
immédiate de ses interactions avec l’enseignant, avec ses pairs, avec le
matériel didactique. [Souvent il s’agit de démarches informelles qui font
partie de la situation d’apprentissage.] Régulation différée : rétroactive
et proactive : Ces deux formes d’évaluation interviennent à la suite d’un
procédé systématique d’évaluation inséré, à un moment donné, dans le
déroulement d’une séquence d’activités de formation. (...) Par régulation
rétroactive, nous entendons la mise en place d’activités de remédiation
permettant à l’élève de surmonter les difficultés ou de corriger les erreurs
relevées lors de l’évaluation. L’évaluation rétroactive implique donc toujours
un “retour” à des objectifs non maîtrisés ou à des tâches non réussies lors
d’une première étape d’apprentissage. (...) Nous utilisons l’expression
régulation proactive pour la prévision d’activités de formation futures,
orientées davantage vers la consolidation et l’approfondissement des
compétences des élèves que vers la remédiation aux difficultés spécifiques déjà
rencontrées ou aux erreurs déjà commises » __ id. Dans la foulée de l’article
de PROVENCHER (1985) sur le feedback correctif, Gérard SCALLON (1999) a exploré
plusieurs modèles d’instruments à fonction formative fondés sur le feedback
directement adressé à l’élève : le découpage d’une épreuve de maîtrise en
profil de performance, les questions ou problèmes à réponses justifiées, les
questions à choix multiple mettent en évidence des erreurs systématiques, les
tâches conceptuelles mettant à jour certaines représentations de concepts et
l’évaluation de productions complexes. L’auteur préconise des explorations en
autoévaluation dont l’autoquestionnement et le réseau de concepts.
K. Différenciation de l’enseignement. L’évaluation
formative n’est en fin de compte qu’une des composantes d’un dispositif
d’individualisation des apprentissages et de différenciation des interventions
et des encadrements pédagogiques (ALLAL, L. et al., 1979) dans
PERRENOUD, P. (1993-1994). Si la différenciation est impossible, l’évaluation
formative n’est plus qu’une régulation globale et somme toute classique de la
progression d’un enseignement frontal dans le « texte du savoir » (CHEVALLARD,
1985) __ PERRENOUD, P. (1993-1994).
L. Didactique. L’évaluateur
a besoin d’un cadre théorique auquel se référer lors des étapes de la démarche
d’évaluation (choix du moment et de l’information à recueillir, interprétations
possibles, etc.). Il doit alors s’inspirer des principes de la didactique de la
discipline d’enseignement. Pour Linda ALLAL (1993), l’évaluation formative est
« profondément ancrée dans la spécificité de la didactique de l’enseignement ».
Pour Philippe PERRENOUD (1993), l’identification des erreurs et des
fonctionnements de l’élève, et la nature des remédiations, dépendent de la
structure et du contenu des connaissances et des savoir-faire à acquérir.
M. Gestion des erreurs. Si
l’intention de l’évaluation formative est d’apporter un correctif, il est
important de structurer l’information (cueillette et interprétation) que l’on
recueille afin d’identifier et d’analyser les erreurs faites par l’apprenant.
Celles-ci peuvent être systématiques (représentations erronées, une mauvaise
utilisation d’algorithmes, une sous-généralisation ou un surgénéralisation de
concepts, etc.), dues à la négligence, etc. (SCALLON, G.).
N. Évaluation
formatrice. Forme particulière d’évaluation formative où l’apprenant est
placé, en tant qu’acteur, au centre de son apprentissage et des régulations
afférentes __ RAYNAL, F. et RIEUNIER, A. (1997). Ce concept a été développé par
Georgette NUNZIATI à l’Université d’Aix-Marseille. Les instruments privilégiés
de la construction des apprentissages sont : • l’appropriation par les
élèves des critères d’évaluation des enseignants, • l’autogestion des erreurs,
• la maîtrise des processus d’anticipation et de planification de l’action __ id.