Microformations

Les principes de cocréation

Commencer

15 minutes

À la fin de cette microformation, vous serez en mesure de :

  • Distinguer les principes de cocréation;
  • Appliquer certains des principes dans un contexte professionnel.

Réalisation : Christiane Le Clech, Geneviève Demers, Martin Séguin, Julien Contamines, Esther Simard St-Pierre et Myriam Michaud

Dans le rôle de...

Zoom sur les bonnes pratiques

Divers approches, méthodes et principes de cocréation ont été développés pour encourager la collaboration, stimuler la créativité, trouver des solutions innovantes à des problèmes, améliorer des idées, et bien plus encore. 

Hakkarainen et Paavola (2009) ainsi que Paavola et Hakkarainen (2014) ont développé ce qu’ils nomment l’approche trialogique (Trialogical Approach), qui aide les gens à mieux collaborer, notamment en milieu éducatif. Cette approche

Elle est particulièrement utile quand on travaille en équipe avec des outils numériques (comme un tableau collaboratif ou un document en ligne). Ainsi, plutôt que de se contenter d’échanger des idées, les membres d’un groupe construisent ensemble quelque chose de concret, étape par étape. Par exemple, il peut s’agir d’un document collaboratif qui rassemble les points de vue de tous, comme un diaporama, un rapport ou un schéma, ce qui aide chacun à apprendre et à progresser.

En 2009, ces auteurs ont aussi défini six principes de conception (PC1 à PC6, voir Figure 1) de cocréation collaborative de savoirs qui permettent de structurer la collaboration. Ces principes agissent comme de véritables moteurs d’innovation pour soutenir le travail collectif autour d’objets partagés (Hakkarainen et Paavola, 2009; Paavola et Hakkarainen, 2014).

Figure 1 

Principes de conception pour la cocréation collaborative des savoirs (Hakkarainen et Paavola, 2009; Paavola et Hakkarainen, 2014)

PC1 : Organiser les activités autour d’objets partagés 

Le premier principe de conception met l’accent sur le développement collaboratif organisé autour d’objets partagés, tels que des documents, des modèles, des prototypes, ou même sur les processus collaboratifs eux-mêmes (des manières de travailler et de s’organiser). Ces objets structurent les interactions entre les personnes participantes en servant de but commun tout en encourageant la réflexion sur ces méthodes de collaboration

PC2 : Soutenir l’agentivité individuelle et collective

Cette dynamique repose sur la reconnaissance du pouvoir d’agir de chaque personne et sur l’autonomie nécessaire à une participation active et significative.

PC3 : Favoriser un développement durable des savoirs communs

Pour développer de nouvelles connaissances collaboratives et des pratiques durables, il faut des efforts prolongés et organisés, impliquant des personnes et des groupes sur le long terme. Ce développement repose sur la coélaboration d’objets de savoir communs – qu’il s’agisse d’idées, de documents ou d’artefacts – qui servent de points d’ancrage à l’apprentissage collectif.

PC4 : Encourager la créativité réflexive via des objets partagés 

L’interaction entre différents types de savoirs (idées, pratiques) externalisés et matérialisés à travers des traces matérielles, numériques ou concrètes permet de réfléchir, de collaborer et de progresser collectivement. Dans les environnements numériques d’apprentissage, ces traces aident à rendre les idées abstraites concrètes et utiles. Elles deviennent des supports dynamiques qui stimulent la pensée, suscitent la discussion et facilitent les reformulations collectives. Cependant, le défi reste de transformer les concepts théoriques, comme le travail d’équipe ou la communication, en actions concrètes dans la pratique quotidienne en favorisant une réflexivité ancrée dans l’usage de ces objets partagés.

PC5 : Connecter communautés et institutions pour enrichir l’apprentissage

La fertilisation croisée entre pratiques, savoirs et perspectives contribue à enrichir l’apprentissage. Traverser les frontières entre diverses communautés de savoir (organismes communautaires, ordres professionnels, universités, etc.) permet de révéler les dimensions implicites, souvent inconscientes, des connaissances et favorise leur développement. Ces interactions soutiennent la coconstruction de savoirs plus ancrés dans la réalité, en valorisant la diversité des expertises et en créant des ponts entre les contextes d’apprentissage.

PC6 : Offrir des outils souples et adaptables aux besoins 

Les outils numériques offrent des occasions pour encourager la collaboration et structurer des activités autour de projets créatifs partagés. Ils rendent possibles la cocréation et le développement collectif de traces de connaissances.

Exemple d’une expérience de cocréation à la TÉLUQ

Arrêt sur image

Est-ce que certains principes de cocréation font déjà partie de votre pratique professionnelle ou pédagogique?

  • Si oui, lesquels utilisez-vous et comment s’expriment-ils concrètement dans vos contextes?
  • Si non, lequel ou lesquels pourriez-vous intégrer à votre pratique? Dans quel contexte précis cela pourrait-il être pertinent?
  • Selon vous, quels bénéfices pourraient découler de cette intégration, tant pour vous que pour les personnes impliquées?
Image de profil de Myriam

Afin de créer un cours de repreneuriat collectif autour de la thématique du voyage, la professeure d’entrepreneuriat social, Myriam Michaud, de l’École des sciences de l’administration, en collaboration avec des spécialistes en sciences de l’éducation, a organisé le déroulement de trois ateliers de cocréation impliquant sept personnes étudiantes et six personnes expertes en repreneuriat.

Figure 2 

Les étapes de la démarche de cocréation pédagogique d’un cours de repreneuriat collectif de la professeure Myriam Michaud

Description des trois ateliers

Lors du premier atelier, les personnes expertes citoyennes (des personnes professionnelles œuvrant dans des organismes du repreneuriat collectif) se sont prononcées sur la couverture des thématiques essentielles du cours, telles que l’aspect humain du repreneuriat, et ont contribué à identifier les angles morts, c’est-à-dire les éléments importants qui auraient été oubliés, négligés ou sous-estimés.

Dans le deuxième atelier, les personnes étudiantes se sont concentrées sur ce qui pourrait rendre le cours plus motivant et engageant tout en explorant comment la thématique du voyage pourrait être exploitée.

Le troisième atelier a réuni des personnes expertes et étudiantes dans le but de valider un prototype de cours prenant en compte les idées formulées lors du premier atelier.

Les ateliers, réalisés entièrement à distance, ont utilisé des outils numériques de collaboration, tels que Teams pour les visioconférences synchrones et Miro comme base de connaissances pour structurer les idées et élaborer des modèles collaboratifs.

Pour encadrer cette expérimentation, des repères conceptuels issus de la littérature sur la cocréation ont été mobilisés. Plus précisément, les principes de conception de l’approche de cocréation collaborative des savoirs (Hakkarainen et Paavola, 2009; Paavola et Hakkarainen, 2014) ont constitué la pierre angulaire du design de la démarche de conception du cours de repreneuriat et ont été adaptés comme suit : 

Principes de conception

3, 2, 1, action!

Nous vous invitons maintenant à réaliser deux courtes activités pour vous mettre en action.

Activité 1

Activité 2

Finale

Les principes de cocréation proposés par Paavola et Hakkarainen offrent un cadre puissant pour penser et structurer la collaboration. En plaçant les objets partagés au cœur des interactions, ils permettent de générer des idées nouvelles, de favoriser l’engagement des personnes participantes et de construire collectivement des savoirs durables. En les intégrant à votre pratique, même progressivement, vous contribuez à transformer la collaboration en un processus vivant, réflexif et ancré dans la réalité des personnes participantes.

Générique

Brevik, L. M., Gudmundsdottir, G. B., Lund, A., et Strømme, T. A. (2019). Transformative agency in teacher education: Fostering professional digital competence. Teaching and Teacher Education, 86, 102875. 

Hakkarainen, K., et Paavola, S. (2009). Toward a trialogical approach to learning. Dans B. Schwarz, T. Dreyfus et R. Hershkowitz (sous la dir. de), Transformation of knowledge through classroom interaction (p. 65-80). Londres : Routledge. 

Paavola, S., et Hakkarainen, K. (2014). Trialogical approach for knowledge creation. Dans S.-C. Tan, H.-J. So et J. Yeo (sous la dir. de), Knowledge creation in education (p. 53-73). Springer. 

Si vous avez aimé cette microformation, nous vous conseillons celle-ci :

Modifié le: lundi, 24 août 2026, 14:35